LA GKANDF. ARMÉE ENTRE EN ALLEMAGNE
le plus k craindre, notre nombre et le caractère de son adverBaire, il vient de laisser deux cent mille hommes passer incognito près de Ini; et qu'il ne s'en est aperçu qne lorsqu'il en eat environné, lorsqu'ils sont maîtres de sa retraite, lorsqu'ils se sont interposés entre lui et l'armée msse qu'il att-endait ; loraqu'enfin ils le séparent de l'Autriche qu'il devait défendre, et qu'ils l'ont acculé dans Ulm et contre ces Montagnes Noires et ce Bhin, où son fol orgueil avait bravé Napoléon et osé menacer la France !
On a supposé qu'alors ce général, prenant nn parti [ désespéré, fit face en aiTière contre noua, d'TJlm à Mé- 1 ningen ; mais les faits, qui seuls ont parlé de son côté, et I nos impressions du moment disent plutôt qu'il n'en prit ; qne, stupéfait, le raalhenreux fcld-maréchal de- I inenra, d'abord, du 6 an 11 octobre, cinq jours entiers, f iméanti sous le triple poids de sa conscience, du sort qui I f attendait, et de la réprobation universelle I En effet, •* jusqu'au 11 octobre, on le retrouve à Ulm dans la même I ib^natioD où notre passage du Danube l'a trouvé, le 6. 1 corps qu'il nous avait opposé à Donawerth sous L'Kienmayer, pîua heureux, fuit de lui-même vers l'Autri- 3lni qu'il avait appelé du Tyrol a été détruit à ET^ingen; celui qn'il a laissé à Meningen n'a point ■te;a l'ordi'e ou de le rejoindre, ou de fdr vers les mou- Btagnes; il se retranche isolé dans cette ville! D'autre r jnrt son avant-garde, qui tenait tête à Ney sur la rive ■ ganche du Danube, mutilée de quatre mille hommes k [■Quntzbourg, le 9 octobre, a été rejetée sur Ulm, où Mack
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se troore aocolé, mais aTec soixante rnOIe hommes. On se loimeiit que, oi 1800, Araj, ainsi tourné et coupé par Morean sur ks deox rires du Dannl», a contourné par NordHngen notre aile droite, et qne^ s'édia^^MUit sans coup férir, il s'est ie{Jacé entre notre armée et F Antriche ; aajoardlmi, poorqnoi ne pas Fimiter ? Mack a près de Inî le prince Ferdinand; il en est re^xmsable; lassera-t-il prendre dans Ulm, avec loi et son armée, on archiduc?
Mack, avec soixante mille hommes, traversant Ulm f laissant im poste, et se jetant snr la rive gauche où la ftCrrande Armée n'était plus, ponvait s'écouler par cette •iZÏve en rompant les ponts qu'il laissait snr la droite de liBon passage. Dans cette retraite il eût ramassé on dé- KiËTuit, nos traîneurs, nos grands parcs, nos bagages, et ■"■peut-être serait-il rentré glorieusement en Bohême, oii il Iràt rejoint tes Russes !
Maù nn parti aussi vif et aussi entier n'allaib point à l'I'esprit faible et trotiblé d'nn tel général ; et au lien de ■îirendre un parti il perd quatre jours entiers.
Dans la ncit du 14 an 15, les chefs autrichiens se
^KKit réunis dans un conseil, où, les avis s'entre-cho-
[nant, Mack n'a pu se faire écouter qu'à l'aide d'un pou-
r jusque-là tenu en réserve, et sigué de son Empe-
ir. Mais ce général, qni n'a an ni fuir ni se défendre,
Beontinne à vivTe au jour le jour, an gré de son ennemi
t des circonstances. Cependant Terneck et donze mille
hommes séparés de lui aetrouvaienbaur la route deNordlingen ; c'est alors Hcdement que rarchiduc, b' échappant d'Ulm nnitaniment avec quelques mille chevaux , conrt le rejoindre. Mack espère qu'ils pourront s'évader ainsi jusqu'en Bohême. Pour lui, avec le reste de ses soldats, dont il ne sait même pas le nombre, demeuré sans vivres et sans retraite, dans Ulm et sur les hauteurs retranchées qui la dominent, on l'entend s'écrier : qn'il va s'y défendre, y détourner l'attention de la fuite de l'archiduc; que les Russes avant huit jours seront accourus, et que, à son tour pris entre deux feux, Napoléon sera forcé de fuir ou de se rendre ! Tels sont les discours de Mack; car dans sa détresse, les paroles, à défaut d'actions, ne lui manquent pas encore.
Mais, dès le lendemain 15, attaqué sur les deux rives du fleuve, il est précipité, des hauteurs qui environnent Ulm, dans cette ville, où, menacé d'être brûlé le 16, ii reçoit dans la nuit nu parlementaire, et convient de se rendre le 2."), s'il n'a point été débloqué par l'armée russe. Vainement, et k trois reprises, ce parlementaire d'abord, puis Berthier, puis enfin l'Empereur lui-même, dans une entrevue avec Lichtenatein, n'accordent que six jours à Mack; ce général s'obstine, il en veut huit. A ces deux jours de plus, qui ne changent rien à sa position, son imagination fiévreuse attache le salut de sa responsabilité, de son honneur, déjà perdu, et le salut même de l'Autriche ! Enfiu, le 17 au soir, il obtient cette vaine concession. Sa capilnlatioQ est signée, elle doit Être consommée le 25, et, jusqu'au surlendemain 19, le fflalheu-.
reux, paniÎBHant consolé, triomphe de ce retard obtenu, , comme d'une victoire.
Mais le 19 octobre an matin, ttente-ais heures après, ' invité à se rendre au quartier impérial, il y apprend :
que, le 16, à nne journée d'IJlra, l'archiduc a déjà été
atteint par Murât, avec perte de trois mille hommes; . que, un peu plua loin, le 17, avant Neresheîm, entamé \ ane seconde fois, ce prince a abandonné son corps d'ar- B et qu'il fuit avec quelques escadrons ver la Bohême ;
■que, !CB 18 et 19 octobre, vers Nordlingen, à deux fortes I journées d'Ulm seulement, Vernecket le reste de ses vingt
mille hommes, sortis d'Ulm depuis huit jours, avec sis itB voitui-es et eanons dont ils ont été surchargés, ont s bas les armes ; que, d'autre part, Bernadotte, Davout [ et les Bavarois, soixante mille hommes enfin occupent
la Bavière , où les Eusses ne se montrent pas encore !
Alors, anéanti sous le poids de tant de malhenrs, l'infor-
tané perd, avec tout espoir, le peu do présence d'esprit qui I loi reste. Sa détresse est si grande qu'on le voit près de
s'évanouin. Eperdu, il abandonne tout, jusqu'au dernier
service qu'il peut rendre à son pays, en retenant notre [ armée devant Uim jusqu'au 25. Dominé par l'ascendant f.de Napoléon, non seulement il renonce à cette eon- I eession de deux jours tant disputée, mais il se soumet ù, LliTrer, dès le lendemain 30 octobre, Ulm, ses armes, ses I j^evaux, trente-trois mille hommes qui lui restent, et le r;tenpB, dont Bon ennemi sait ai bien profiter : hâtant I par là, de cinq journées, et sa perte et celle de l'Autri-
mal assurée, veaait d'être jetée d'nne pile à l'autre, (^e-
l^pendant, regardé par Bonaparte, je partis d'un élan si
[ prompt, que, en dépit de !a mobilité de cette poutre ijui
e dérobait sous mes pas, et du manteau qui gênait mes
I monvementa, et de la tempête, j'arrivai sans vaciller juB-
I -^u'an milieu de la seconde arche. Maie là les oscillations
I -de ce mince et tremblant appui m'arrêta nt, me firent chan-
ri«eleF. Je perdais l'équilibre ; je voyais au-dessous de moi