‹ Un aide de camp de Napoléon; mémoiresChapitre 39 sur 56 · I -les solives à demi brûlées, précipitées la veille dans le · texte numérisé non relu

I -les solives à demi brûlées, précipitées la veille dans le

■^euve, a'entre-choqner contre les foniiationB avec un

l^&acaB qni menaçait de me broyer et de me noyer entre

■«Iles. Ne pouvant plus ni avancer ni reculer, suspendu

I «t déjà penché sar cet abîme, je me sentais perdu, quand

i de Napoléon : ■< Ah , mon Dieu, il va se tuer '. n

me soutint ; ce cri qui partait du cœur ranima le mien ;

é fis un effort de plus, et, me redressant, j'atteignis enfin

b rive droite.

Le lendemain, 8 octobre, un autre ordre que je reçus

I revient d'autant plus à mon souvenir, que, dis ans plus

\ tard, une hésitation semblable à celle dont je fus témoin

dit à Waterloo les restes de la Grande Armée, et Na^

[1 lui-même ! Ce jour-là l'Empereur, encore à Do-

■th, m'avait envoyé vers Augsbourg porter à la divi-

a Saint- Hilaire l'ordre de s'emparer promptement de

« ville. Je le rejoignis non loin du but, à hauteur de

[arkl, village qni bordait la route, Saint-Hilaîre venait

ire halte au bruit du canon grondant à sa droite, in-

in s'il ne devait pas tourner de ce côté; mais, sur

e que j'apportais, il reprenait sa marche, lorsqn'nn

officier de Murât, accourant de Vertingen, vint, au nom de ce prince, engagé dans le combat dont nous ent«udiooB les coupa, le sommer de venir k bod secours,

Saint-Hîlaire, homme de cœur et d'eaprît, prit son parti sur-Ie-charap : « Voua l'entendez, me dit ce général, « il faut aller au plus presse ; le canon commande ; et, « quel que soit l'ordre contraire, le cas étant imprévu, " il est de principe que je réponde h cet appel !. » En même temps il lit tète de colonne à droite, sur Vertingen,

Or, comme il arrive toujours en cas pareil, il n'avait pas fait cent pas dans cette direction, que, tourmenté de la responsabilité qu'il assnmait sur lui, il mu demanda ce que j'en pensais. Franchement je n'en savais rien; mais, à tout hasard, croyant devoir le ramener à l'objet de ma mission, j'insistai sur l'importance que l'Empereur y attachait. L'anxiété du général en redoubla, il s'arrêta, et s'écria que j'avais raison ; puis, retournant sa colonne, il reprit la route d'Augsbonrg. Ce fut alors le tour de l'envoyé de Mnrat : cet officier désespéré lui représenta si énergiquement le danger du prince, que Saint-Hilaire ému n'y put i-ésister, et reprit une seconde fois le cliemin de Vertingen,

Toutefois, en marchant ainsi, il m'interpellait : « Vous « êtes attaché à l'Emperenr, me disait-il, vous devez •f connaître ses motifs. — Il ne me les a pas confiés, lui « répondis-je, mais il est évident que nous tonnions l'ar- B mée antrichienne, et que, Angsboiirg étant sur la lia gne d'opérations on de retraite, il est de la plus prea- <t santé importance de s'en saisir. Pour le prince Morat,

L« il peut être également sonteau de Donawertli que j'ai m* kÎHsée pleine de troupes. »

Cette réflexion le frappant, dans sa perplexité il ût fjjalte encore ; et, changeant de décision, il remit sa colonne aur le chemin de k capitale de la Soiiabe. ■ Mais alors ce maudit veut d'ouest, qui nous amenait e déloge, apportant plus distinctement le bruit de la ca- |aonnade, lui rendit Bon premier sci'upnle. Il suspendit de Ruonveau sa raarcJie, « Mon Dieu, me dit-il, quelle situar € tion ! le canon se rapproche ; m'en éloigner ! L'Empe- I I reur n'ignorait pas ce combat quand voua êtes parti de I Donswerth !» Je fus obligé, d'en convenir. « C'est son wt beau-frère, reprit-il, et je l'abandonnerais quand il ■ » m'appelle, quand il est écrasé peut-être l Ah ! cela est ■« impossible, » Et, pour la troisième fois ce brave gé- ■IléL'al, se détournant avec sa. colonne, se lança à travers Driiamps, abandonnant Âugsbourg pour Yertingen.

e marchais avec lui, incertain moi-même et renonçant &le persuader, lorsque son chef d'état-major me fît re- T que la nuit venait, qu'évidemment nous arrives après coup et lorsque le combat serait décidé dei longtemps. Là-dessus, reprenant mon avantage, me dernière fois; je représentai au général î, s'il persistait daas cette direction, après avoir mané àt l'appel du prince, puisqu'il ne lui restait plus le mpa d'y répondre, il manquerait à l'ordre de l'Empe- ', qu'il pouvait encore exécuter. Ce nouveau point de e parut si d^isif à Saint-Kilaire, que, changeant une atrième fois, après avoir ainsi erré deptus dens heures

ISfl MEMOIllES D'UN AIDE DE CAMP.

d'une direction à l'autre, il reprit celle d'Angsbonrg. Cette fois enfin, persuadé qu'il continuerait et croyant ina raiBsion remplie, je retoarnai en rendre compte.

J'eus tort k mon tour : porteur d'un ordre de cette importance, et l'exécEtiou en devant être immédiate, j'ensse dû y assister. Ma mission achevée ainsi plus complètement, mon retour eût été plus intéressant, plus utile, et Napoléon plus satisfait. Cependant, quand je le revis, il ne songea pas à m'en faire l'observation. Je le retrouvai à Donawerth deljout encore, et habillé comme je l'aval» laissé la veille. H était deux heures après minuit. Par égard pour Saint- Hilaire, j'abrégeai les détails de sa fondue incertitude. J'indiquai seulement l'heure et le lieu où j'étais parvenu à déterminer ce général. « C'est d'au- « tant mieuï, me dit l'Empereur, que l'ennemi a été bien « battu à Vertîngen : » Puis, me conduisant à une console, il ajouta : s Voyons, où avez-vous laissé Saint-Hi- « lairePMontrez-nioicelasarcette carte. » Cequejepus faire sans hésiter, ayant bien consulté la mienne, et quant aux distances m'en étant enquis sur place, d'où je conclus l'heure à laquelle Aogsboui^ avait dû être occupée. « Fort bien, reprit Napoléon, et maintenant allons nous « reposer, » Ce qu'il ne fit guère, comme l'attestent ses dépêches à ses maréchaux dalées de cette nuit, et mes souvenirs, car, trois heures après l'avoir quitté, et le jonr du 9 octobre commençant à peine, rappelé près de lui, je le retrouvai à cheval, passant sur la rive droite du Danube,

Pendant les premiers pas de cette marche, Duroc me

[ dit : « Racoutoz-moi donc ce qui est aiTÎyé hier avec

%■* Saint-Hil Etire, s Je le aatisfie. a. Aîusi, reprib-i!. vous

l< avez oru, et vona avez dit à l'Empereur, qu'Augsbourg

I K avait dû être occupée hier au soir par ce général? —

r« Oui, aana doute, loi riipondia-je. — Eh bieu I continua

[ Duroc, il est arrivé tout le contraire. Figurez-vous que,

c aussitôt après votre départ, une dernière hésitation l'a

I « fait retourner sur Tertingen, mais pour tout de bon.

[ ILétait pins de minuit lorsqu'il est anîvé sur ce champ

I « de bataille, où vous jugez bien qu'il n'a trouvé ni amis,

t c ni enBcmis ; d'où il résulte que, en voulant être partout,

; il n'a été nulle part, m ou il a cru devoir être, ni où

: l'on voulait qu'il fut &on indécision 1 a fait tomber

I « dans les deux inconvénients qu il •» efforçait d'éviter ;

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