‹ Un aide de camp de Napoléon; mémoiresChapitre 43 sur 56 · SIEGE DE GAETE · texte numérisé non relu

SIEGE DE GAETE

à Cùntre-cœur. Je me sentais porteur d'une proposition absurde, ridicule pour nous, et offensante pour le gouverneur de l'une des plus fortes places de l'Europe,

^ soutenue, ravitaillée par une escadre maltrease de la mer, ■et dont le ferme counige était connu. C'était, s'il m'en eoQvient bien, nn petit homme trapu, au nez aquilin, et dont la figure bourgeonnée annonçait qn'îl était aasei intrépide à table que sur la brèche. Telle était son originalité que, se redoutant lui-mfime bien plus qu'il ne iH craignait, il avait imaginé de confier la clef de sa e à l'Évéque de cette ville, en exigeant de ce prélat le lent de ne lui délivrer par jour qa'tine bouteille. On JÏ'avait aussi entendu, .à plusiers reprises, s'essouffler à I .nous crier, du haut de ses remparts, dans un porte-voix : E Gaëte n'est point TJlm, ni lui Hesse, le maréchal ! Mackl » .l'en étais bien sûr; aussi n'échangeâmes- ■iQoua qae quelques paroles, de mon côté assez confu- HeB, et du sien assez raîUensea ; sur quoi, abrégeant le sot Barûle dont j'étais chargé, je rompis brusquement, et je me ■febirai, emportant une mince opinion, non du caractère fetésoln, mais des grâces de notre adversaire, et lui laist, très vraisemblablement, une aussi mince idée de mon ftitioquence.

Il avait eu deux torts ; premièrement, d'avoir laissé

ftrâebont un faubourg détaché de sa place à quelques cents

es, et dont les maisons, bien bâties, favorisèrent nos

■Approches; secondement, ses sorties furent trop rares :

T. il en Et peu ; celle du là mai, où nous perdîmes un ca-

pitainedu génie et cent soldats, ne l'eu

Ces engagements avaient été mêlés de pourparlers. Dans l'un d'eux, ce gouvemenr, d'une linmenr assez plaisante, dit à fiardanne, l'un des généraux du siège : I Qu'il crojait son hal)itation malsaine, et qu'il lui con- Œ seillaitd'en changer. — Malsaiue! répondit Gardanne, " mais sa situation est admirable ! — C'est précisément, H repartit le prince, da situation qui la rend malsaine ! » (rurdanne, dont l'intelligence n'était pas vive, et qui se trouvait en fort bon air. crnt devoir rassurer le prince. La nuit suivante il n'avait en garde de profiter de l'avertissement, lorsqu'un déluge de bombes lui en fit comprendre l'esprit et la portée, en le réveitlaat en sursaut dans son domicile, d'où il eut peine à échapper pour en aller choisir un autre plus aalubre.

Le mien était le quartier royal, situé entre Mola, l'aittique Formies, le pays des Leatrigous, et la forteresse. Cette maison se trouvait au bord du golfe, près du chemin où Cicéron, surpris dans sa litière par PopOius Lenas et Hereunins, périt soua leurs coups ! Une ruine, qu'on disait être sou tombeau, et dont uous avions &it un dépôt de poudre, était près de là. Ce quartier royal était tellement exposé au fea de la flottille anglo-aicilienne, qne, entre autres exemples, un de ses boulets, rasant le traversin sur lequel reposait ma tête, s'était logé à un pied au-dessus d'elle, dans le mur auquel irion lit était appuyé, La mer baignait le jardin de ce quartier que l'nne de nos batteries défendait. Je me souviens que, de cette redoute et pendant l'une de ces attaques, j'aperçus , sous tes flots, des débris de constructions antiques. Le combat

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