MES PREMIERES ARMES
I plus sage, nous liésitâmea ; mais l'amour-propre et le I goût des émotions fortes m'entraÎDèrent ii ne poiat réf trogmder.
Dés lors, marcher à tâtoi» la gnide au liras, une main [ Bur le rocher, et de l'autre main sondant à chaque pas le , devint notre seule ressource. Mais où l'anxiété, i devenait inexprimable, c'était quand, le sentier manquant devant nous, il fallait deviner ces ponts jetés d'un roc à l'antre, en éviter les crevasses, et passer ainsi au- I dessus du gouffre. Nous nous arrêtions, nous appelant à L chaque minute, croyant, à tous moments, au travers du fracas du torrent on delà tempête, avoir entendu l'un a nous rouler dans l'ablme ! Souvent nos mains et nos
pieds en rencontré
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n rejetant en
arrière contre le r
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faire un mouvenie
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tt corniche, et
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montrer l'issue d'
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raison, sans
utilité, et où not
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'blâme et de ridîcul
Bientôt pourtant
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çâmes. Enfin, âpre
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h s d'angoisses.
l'orbe calmé, le c
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plus libre et le
' bruissement des cataractes s'éloignant, nous nous sentî-
iSBUr un soi pins oBTert. La Via-Mala était dépassée;
I aoe chevaux nous avaient snivis; et bientôt une faible
et bienheureuse lumière nous fit apercevoir un pauvre chalet où nous nous réfugiâmes.
Le lendemain nous revîmes Coire, d'où bientôt, Moreau ayant avec Macdonald troqué notre régiment contre un bataillon plus utile dans ces montagnes, nous nous acheminâmes par Peldkirch en Souabe. Là, ayant rejoint Tannée du Rhin, nous fûmes passés en revue par notre célèbre et nouveau général en chef.
IIOHEHLIHDEN.
Cependant l'armistice s'étant prolongé, Macdonalcl, gé-
liséral en chef de l'arraée des Grisons, et le général Dn-
chef d'état -major, en avaient profité ponr
renir conférer avec Moreau jusque dans Angsbourg, Ma
me fortune voulut que, le jour même de cette réunion.
Il régiment passât dans cette ville. Le général Dumas
n'y retint, me présenta aux deux généraux en chef, et
e fit inviter par Moreau au dîner qu'il donna à Mac-
■donald ; repas splendide de cinquante couverts, aux
bons d'une musique martiale, repas de vainqueurs, servi
r les vaincus, aux frais de l'enocmi, dans un palais
^otre conquête, et pour convives les plus célèbres géné-
(anx du terapa, alors tout brillants d'ardeur et de jea-
nesse, tout resplendissants d'or et de gloire '. Je n'avais
m vu de pareil ; j'en fus ébloui j je commençai
k comprendre que, aux illustres souvenirs de notre an-
me aristocratie, d'autres célébrités, d'autres souvenirs
ionuaiB ineffaçables succédaient; qu'on allait dater
E4 MEMOIHES D'VS AIDE DE OAMP.
d'une autre ère fortement empreinte, et qu'il j avait déjà là, les bases profondes d'une société nouvelle.
J'ai su, depuis, que cette réunion n'avait point été étrangère à la politique : l'un de ses principaux motifs avait été la jalonaie qu'inspirait à ces généraux le pouvoir de plus en plus grandiBBant du Premier Consul. L'inquiétude de Napoléon en fut éveillée ; on lui rapporta même que, au milieu de ce repas, ce mécontentement avait percé dans une raillerie moi^dante contre l'une de ses sœurs : on ne- manqua paa d'ajouter que ce propos, échappé à l'un des deux généraux eu chef, n'avait été que trop bien accueilli et hautement répété et commenté par son collègue.
Il y avait dans cet esprit d'opposition, en outre d'une rivalité ambitieuse, un fond de répuhKcanisme sincère : reflet déjà bien pâli, empreinte déjà presque effacée, il est vrai, des mœurs naguère si fières et si patriotiques de cette armée. On y pouvait distinguer encore quelquesuns de ces Spartiates du Rhin, comme on les appelait alors ; volontaires des premières années de la République, martyrs de la liberté et de l'indépendance nationale, à laquelle ils s'étaient sacrifiés avec un dévouement pur de toute ambition personnelle, et de fortune, et d'avancement, et même de gloire. On les avait cent fois vus, après avoir surmonté tous les périls, refuser les grades les plus élevés, se les rejeter de l'un à l'antre, et, fiers de leur rigide probité républicaine, marcher nus, afiamés, souffrant de toutes les privations les plus cruelles, et, vainqueurs enfin, demeurer pau\Tes au milieu de tous
HÛHENLISDEN. 3.i
B biens qn'ofïi'c la victoire : giien'e héroïque, toute citoyenne, et bien loin alors d'être nn métier; où ces hommes d'élite, soldats, officiera, généraux, guerrière par patriotisme et non par état, n'avaient songé, en se prodigaant tout entiers pour assurer le salut pnbîic, qu'à rentrer ensuite pauvres et simples citoyens dans leurafoyersf Mais depnis 1796 et 1797, dans cette même armée dn Rhin, lorsqu'à cette exaltation antique de tant de vertus défensives du pays l'esprit de conquête succéda, tout s'était modifié par la continuité de la guerre, par la séduction des renommées et la contagion des fortunes acquises. Déjà même, en 1800, époque où j'y amvais, il restait peu de ces hommes primitifs si exclusivement patriotes et si purs de tout intérêt privé : on les reconnai^ait à la simplicité de leurs vêtements et de leur manière d'être et de vivre, h l'indépendante et austère gravité de leur attitude, comme aussi à un certain air de surprise hautaine, amère et dédaigneuse à la vue d'un luxe naissiint et de toutes ces passions ambitieuses qui se suljsti tuaient au dévonemenfc si naïf et si désintéressé des premiers élans républicains.
Le luxe de ce diner auquel je venais d'assister et de la plupart des uniformes contrastait avec ces Bouvenlre. austères; poui-tant, dans l'ensemble même de cette armée, on en retrouvait quelques traces dans sa discipline probe, sévère plus qu'ailleurs contre le pillage, dans les res simples et populaires, dans la camaraderie et I d'égalité des militaires entre eux, et avec leur jnéral en chef.
HËMOIBES. 2
Je plus à. Macdonald sans y penaer, sans m'en douter. Cette impression eût été passagère sans le général Dnmaa qui la fit valoir, comme on le verra tout à l'heure. Un mois environ plus tard, l'armistice ayant été rompu, nous quittâmes nos cantonnements ponr nous rassembler S0H9 les ordres de d'Hautpoul. Ce général était célèbre par mille actions du plus grand éclat, au milieu desquelles ou (iitait une courte et sublime harangue. Prêt k lancer sa division sur l'ennemi il passe au galop devant elle : n Carabiniers, s'écrie-t-tl, braves carabiniers, « percez ! Cuirassiers, enfoncez ! Hussards, hachez ! » Et, donnant ii la fois l'ordre et l'exemple, il fut obéi dans l'instant même.
Mais il fallait que, en lui, l'intrépidité fût plus constante que l'éloqneuce, car avec nous son iuapiration fut moins heureuse. « Eu^arda, dit-il cette fois, nous allons 1 marcher à l'ennemi ! En avant donc I et qu'aucun de n vous uc recule, sans quoi... u La colère, à cette supposition, lui ayant fait perdre le fil de son discours, pour se donner le temps de le retrouver, il enfila une longue suite de jurons si ronflants et si sonores, que, nous voyant tûiia rire, il nous tourna brusquement le dos. ajoutant cette belle conclusion : 'i sans quoi,... sans « quoi, il ne serait pas aux noces ! s
Peu de joura après nous arrivâmes aux avant-postes au travers d'une longue file de blessés des premiers combats, paUudes de la bataille de Hohenliuden.
Quant À moi, ma campagne devait s'arrêter à Hohentinden. Sous venions d'arriTer sur ce cliamp coavert de