‹ Un amant de Marie-AntoinetteChapitre 7 sur 13 · LAUZUN · texte numérisé non relu

LAUZUN

« Votre haine est juste, monsieur, et, involontai- « rement criminel, je la mérite tout entière : mon « cœur n'est cependant pas indigne de vous, ni des « hommages qu'il rend à la princesse. J'ai longtemps « combattu une passion, qui ne pouvait être suivie « que par les plus affreux malheurs. J'ai compté « comme un des plus grands celui qui troublait la « paix qui régnait dans votre âme. Entraîné malgré « moi par cette passion déraisonnable, j'ai sans cesse « devant les yeux l'effroyable idée de n'inspirer que « des remords: prêt à faire tous les sacrifices, jamais « je n'en puis exiger. Je connais tous vos avantages « sur moi, je ne puis que troubler votre bonheur ; « mais étranger, nécessairement séparé d'elle pas « les circonstances, vous auriez bientôt détruit tout « le mien si j'en pouvais espérer. Je ne déshonorerai « pourtant pas, en la disputant, une conquête qui, « toute glorieuse qu'elle est, doit rester ignorée. Je « ne veux pas que la princesse puisse me reprocher « d'avoir attaqué les jours de celui à qui elle doit tant « de reconnaissance. Si je périssais, ma mort serait « aisément justifiée; et après avoir causé la vôtre, < la princesse ne vous survivrait pas longtemps. Je « m'éloignerai, monsieur; j'irai chercher des dangers

« qui ne me rendront pas coupable. Je vous plains, « je vous estime, je vous hais ; mais ce ne sera que « malgré moi que je me battrai contre vous ; et je « vous avertis que je suis et que j'ai voulu être ici « sans armes. »

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