LES PREMIÈRES ANNÉES
ET SUR l'Éducation
DU DUC DE CHARTRES '
L'éducation du duc de Chartres avait été négligée; ses premières années s'étaient écoulées sans qu'on eût donné à ses jeunes idées la direction qu'elles étaient susceptibles de prendre. Son père s'aperçut bientôt que les mains chargées de diriger cette éducation n'étaient pas propres à faire un homme de son fils; peut-être prévoyait-îl déjà que ce fils serait appelé à jouer sur la scène politique un plus grand rôle que celui auquel il était destiné par sa naissance : il résolut de lui donner
' Louis- Philippe, duc de Valois, ne prit le nom de duc de Chartres^ qu'à la mort de son grand-père. CependaTit, pour éviter toute confusion , nous lui donnerons dans cette Notice le nom de duc de Clutrtres, comme nous appellerons son père duc d'Orléans.
( la )
un gouverneur. Jaloux de faire le meilleur choix possible, M. le duc d'Orléans consulta une amie qui déjà élevait les deux princesses ses filles. En s'adressant à madame de Genlis, il était loin de penser que ce gouverneur serait bientôt madame de Genlis elle-même. Cette dame raconte ainsi, dans ses Mémoires, cette conversation dont les f ésultats eurent une si grande influence sur son élève.
« Un soir que M. le duc d'Orléans vint, comme « à son ordinaire , entre huit et neuf heures , à « Belle-Chasse, il me trouva seule. Il médit sur-le- « champ qu'il n'avait plus de temps à perdre pour « nommer un gouverneur , parce que sans cela a ses enfans ^ auraient te ton de garçons de bouc( tique. Il 'me conta que le matin M. le duc de <c Chartres lui avait dit qu'il avait bien tambouuriné à sa porte, et que dans le même entretien « il avait ajouté , en parlant de ses promenades à « Saint - Cloud , qu'o/i y était bien tourmenté par « la parenté^ ce qui signifiait par les insectes ap-
' Les ducs de Chartres , de Mont|)ensier, de Beaujolais.
(( pelés cousins. Voilà les choses importantes qui « décidèrent M. le duc d'Orléans à ne plus différer « la nomination d'un gouverneur. Il me consulta « sur le choix; je lui proposai M. de Schomberg : a il le refusa, en disant qu'il rendrait ses enfans ce pédans. Je proposai le chevalier de Durfort : il « dit qu'il leur donnerait de l'exagération et de « l'emphase. Je parlai de M. de Thiars : le duc « d'Orléans répondit qu'il était trop léger ; alors « je me mis à rire et je lui dis : Eh bien ! mot — « Pourquoi pas? reprit-il sérieusement. Je dis alors ce franchement ma pensée. M. le duc d'Orléans « parut charmé, et me dit : Voilà qui est fait ^ vous (c serez leur gouiferneur,»
Le duc de Chartres n'avait alors que huit ans ; il était doué des plus heureuses dispositions. Madame de Genlis trace ainsi son portrait dans les Leçons d'une sage gouvernante.
ce M. de Chartres avait un bon sens naturel qui, « dès les premiers jours, me frappa; il aimait la « raison comme tous les autres enfans aiment les « contes frivoles ; dès qu'on la lui présentait à « propos et avec clarté , il l'écoutait avec intérêt.
« Il s'attacha passionnément à moi , parce qu'il ^c me trouva conséquente et raisonnable. Il fallut « le défaire d'une foule de locutions et d'une infi- « nité de manières vicieuses. Il craignait les chiens ; «je n'eus besoin que d'une seule conversation « avec lui pour lui faire sentir la sottise de cette ce pusillanimité; il m'écouta attentivement, m'em* <c brassa et me demanda un chien : je lui en douce nai un; il vainquit sur-le-champ sa répugnance, « qui était devenue très réelle. «
Madame de Sillery ne se borna pas à donner à son élève une éducation tout intérieure. Recevant chez elle des littérateurs, des hommes du monde, elle formait ses élèves à ces conversations fortes , où l'esprit déploie toutes les ressources de l'érudition; et imitant l'exemple de Diderot, elle les conduisait dans les ateliers, dans les manufactures : là elle leur expliquait la théorie en présence de la pratique, et les exerçait ou les faisait s'exercer sous ses yeux à une foule d'arts d'agrément et d'utilité. M. le duc de Chartres devint en peu de temps un excellent menuisier. Elle leur fit parcourir une partie de la
( »5) France. Ce fut dans ces voyages, qu'en visitant le mont Saint-Michel , le jeune duc trouva un gazetier plongé dans les fers, depuis dix-huit années, pour un léger délit de la presse ; il fut assez heul*eux pour obtenir son élargissement; mais déjà il avait manifesté sa vive sympathie pour le malheur avec autant de délicatesse que d'à-propos.
ft Nous étions à Spa ( dit encore madame de ccGenlis), on nous proposa d'aller au sommet « d'une montagne où se trouve situé le vieux châ- « teau de Franchimont, parce qu'on découvre de (c là une vue ravissante, et la plus riante, nous ditce on, de Spa; on nous apprit en même temps que (c le château renfermait phisieurs prisonniers pour « dettes. Là dessus , M. de Chartres s'écria du pre- « mier mouvement , que puisqu'il y avait des pri- « sonniers dans le château , la belle vue ne lui pai( raissait nullement riante y et sur - le - champ il a proposa de faire une souscription pour les dé- « livrer. J'approuvai fort cette idée, et , grâce aux « soins et au zèle de M. le duc de Chartres , la sous- « cription fut bientôt remplie , et les prisonniers « sortis du château. Alors nous nous rendîmes à
( '6) « cette montagne, et parvenu au sommet, M. le a duc de Chartres , jetant les yeux sur la prison « vide j et les tournant ensuite sur une campagne « immense, dît avec une touchante expression : À^ « présent je conviens que cette vue est en effet a aussi riante qu'elle est admirable. »
La révolution vint donner bientôt une impuK sion plus énergique à cette éducation libérale. Le duc d'Orléans était un des chefs du parti populaire. A Belle- Chasse se réunissaient plusieurs députés défendant les mêmes opinions. C'est là que le duc de Chartres adopta les principes qui ont été ceux de toute sa vie^Les occasions ne manquèrent pas pour donner des gages à ces nouvelles idées. Apprenant dans les premiers temps çle la révolution qu'un décret de l'Assemblée venait d'annuler le droit d'aînesse, aussitôt il embrassa le duc de Montpensier en s'écriant : « Que ^< cela me fait plaisir! j'ensuis charmé; mais quand (( on ne l'eût pas fait, cela aurait été tout de même (c entre nous; mon frère le sait bien depuis long- « temps. »
Il jugeait dès lors notre position beaucoup
( 17 ) mieux que cette foule de vieux courtisans sur lesquels s'appuyait un trône chancelant.
« M. le duc de Chartres m'a conté avec esprit « un trait qui prouve qu'il sait observer. Quelques (c personnes causaient devant lui , et disaient qu'il
« était bien flatteur ^ à l'âge de M. Cleimont-Ton- <K nerre, d'être président de l'Assemblée iliationale. « Là dessus quelqu'un a dit sérieusement : Oui, t'est tt une belle place, elle donne les entrées de la Ghamce bre. Gomme le remarque fort bien M. le duc, il « faut être, dans le moment actuel, un courtisan « biefi incorrigible pour nevoii^danscetteplaceque « cet avantage. » {Leçons (Fune.sage goui^emanté). Nous ne suivrons pa^ ^. le duc de Ghartres dans tout le cours de Cette longue édacatioit, qui sera toujours uiï pnodètCir II faut lire les Leçons éPune sage gouvernante pour juger avec quel soin , quel art , madame de Genlis dirigeait les impressions de ses élèves , et Ce qu'elle voulait faire d'eux; Peu d'années s'étaient écoulées depuis que M. de Gbartreis l'avait quittée, et déjà il était forcé de mettre en {pratique les sages leçons dont il avait si bien profité.
a Combien die fois , depuis ^es malbeuri^ , je me « suis félicitée de i'éditcatiop que je Ipi ai dontiée; « de l]n avoir £ût apprendre, dès son enfatice , les (c principales langue^ moderne^ ' ; de Tavofr «cn a coutume k ^ servir seul» à lyiépriser touti^ es- (c pèçe de i^Q)jlçs$e , k coiicher h^bittte^leiAejbt sur « un }i|; de bqis recouvert ft'une $imp}e natte de f sp^rterie ; ^ braver 1^ (Sfoleil , la pluie et le froifl; « à s'accoutumer à la fatigue en faisanf journelier 9 ment de violens exercices i et quatre pu cinq a lieues, avec des semelles de plomba à ses prpmea nades; enfin de \m avoir donné de l'^nstruptiQu ce et le goût, des yoyage^ ! ^
Çetfip page est up Résumé fidèle du pls^n suivi par la gpuvepnante. P|en(iant onze années que Ip prince fut confia à ses soiqs, il $Ht les apprécier. Devenu libre à dix-sept ans, le premier usage qu'il fit de cette Ubprté, dont tant d'autres à sa plaça eussent voulu djeyancer le moment » fut un hpn^mage rendu k s^ gouvernante en conseu-
'■ «Cesoîr^ j*aiiuderalleiiiaady.<l^ ritalied, dt rsnglaiii. d (Journal, à la date du 27 juillet.) .
( 19) tant Yplontairement à recevoir de noiiyeau se leçoo3.
>« Dès que le duc de Chartres etJU atteint sa dixtf septième année (6 octobre 1 790), M. le duc d'Or* « léans me déclara que son éducation était finie ; « mais M. le duc de Chartres eut assez de raison « pour me dire qu'il viendrait tous les jpurs, jusa qu'à rage de dix*huit ans, prendre ses leçons à « Belle-Chasse, et il n'y a jamais ^poanqué. » ( Le-
çons d'une sage gouvernante.)
lytadamé de Genlis consignait sur un journal tout ce que fstbaient ses élèves, lés remontrances' qu'elle leur adressait , les observations sur leur conduite , leurs habitudes. Ces notes étaient signées pfir chacun d'eux.
Uiie nouvelle ir^e $V>u vre pour te^ prince ; désormais sa conduilTe sera surveillée, mais personne ne tiendra note de ses actiops > de ses paroles: elles seront perdues au milieu de nos discussions politiques.
Smif^ànt l'txsage.de sa gouvernante, M. le duc de Chartres écrivit sur un journal non seulement ses actions, mais ses pensées les plus secrètes ;
( ÛO )
chaque jour il remplissait cette tâche. Il disait^ à la date du aa mai 1791 : « Je tiendrai compte dans ce Journal de toutes mes actions; et tàême de mes sentimens ; en lisant ceci, on lit dans mon ame entière ; rien n'y sera omis , soit de bien^ soit de mal. » A chaque page, à chaque ligne ^n trouve la preuve évidente de l'a véradté de^cetjte ame candide ; ses pensées les plus inthnef^ le répit des actions les plus humbles, ee lisent àr^té âks discours les plus élevés, de. la narration* des acr tes sublimes d'une vie si pleine et si noble, et iqui, . pendant quarante ans, au milieu des horreurs de Texil > comme; sur le trône, n'a*^ jamais donné 119 seul démenti . aux sentimens exprimés dans ces^ pages. Ils sont rares, les hommes qui. peuvent offrir de semblables témplgnages des sentimens de leur jeunesse!': Sachons donc. les apprécier, quel que SQÎt lé rang du Ja fortàne les a.|>hsés:>:< A péine^JVL de Chartres futnl lil^rer, qu'iL^èfe présenta une circonstance qui, depuis , sefvkldei prétes^te d'^ne déaunion entre inadam'e d'Orlétos et madame d^ Geidis; Nous: .voulons >parler de sa présentatiôii à la société des jémis deJm Cons-
( a. ) ^e£/;à:>/f. Saps entrer dans les détails de cette que* v^Mp intérieure^ dont les causes sont bien connues aujourd'hui y eilqui importe peu à Tbistoire, nous dirons que madame d'Orléans s^opposa très fortement à cette démarche. Son opinion se trouve consignée dans une lettre au duc d'Orléans ^ en
date du ..... 1790, et que^ nous donaerons en en-
», tiër à la fîâ'dti volume.- ( Voir la note A.)
Malgré ce$ sages avis, dont M. le duc de Char^ très n'eut sans doute pas connaissance, il continua d'assister avec assiduité aux séances des Amis de la constitution, jusqu'à son^ départ pour Yendôme ;. c'est cette période, c'est le séjour qu'il fit à Yendôme que nous donnons, écrit par lui jour par jour.
Le 1 1 avril 1791 ^ il reçut ordre de partir pour Yalenciennes. Il commanda cette place. On sait quels séntimens,d^ank>un il inspira à ses babitains. Il fut 9 le 7 mai ^79^2, promu au grade de maréchal de camp, noapar faveur, mais par ancienneté ' :
' Colonel à l'âge de douze ans, le di]|c de Chartres comptait sept «années de serrice dans ce grade, quand iï fut nommé kiiarédial de camp.^'
( aa )
cette même année , quand fAssemblée lé^sl^tive ^e retira devant la commune de Paris ^ pour iaire place à la Convention, lenHuc d'Orléans désira que ses^ enfans fissent partie de la nouvelle assemblée; "il s*edgagça entre eux à ee sujet une correspondance que nous citons textuellement (note B).
Après avoir accepté., à ce qu'il paraît , de iKmvelles reflétions vinrent s'opposer à l'accomplissement de ce projet. Les princes restèrent à Farmée dont Dumouriez prit le commandement. La conduite du duc de Chartres à Yalmy, k Jemmapes , n'étonna aucun de ceux qui cotmaissaient son jeune et bouillant courage ; mais elle fit l'admiration de ces héroïques volontaires dont le dévouement repoussa hors de nos frontières deux cent nulle étrangers ^ui ^uiUaient notre territoire.
Le duc de Cfe^rtres fut bientôt- aimé de toute l'armée ; ses regrets en furent d'autant plus vifs , quand il fut obligé de Fabandonner pour édiapper au fer du bourreau déjà suspendu sur.sa tête. Il quitta sa patrie , mais il n^émigra pas^ Il préféra manger le pain de l'indigence, qiiîl gagnait par
cf hibnorabléà'traVausd / à rfaumilUttknti de recévoif ks JBSiiltantJes pensibas des ebnemis de la Franeé. Lgi Suisse le Tit oubKei^ sa haute fôrtUbe pour à€^ Cendre au simple rang de professeur d\in cùWkgé. Il parcourut ensuite à pited une partie de l'Aile* magne , le Danemarck , la Suède y la Laponie » le Cap-tNorâ. Il se trouvait, en 1796, dans le grand duché de Holstein, quand sa mère, par ses vives instances, réussit à briser les fers' des ducs de Montpensier et de Beaujolais, mais à condition que leur frère aîné s'éloignerait de^l'Europe. he duc de Chartres n'hésita pas à partir pour une terre libre, et ses deux frères vinrent bientôt le rejoin' dre aux États»Unis où il avait fixé sa demeure. Il ne quitta cette terre hospitalière que pour donner à ses frères les soins de la plus touchante amitié. Ici , nous nous arrêtons , le reste de cette vie ap^ partient à Tbistçite.
Avant de livrer au lecteur ce précieux Journal , nous avons voulu y rattacher quelques faits ignorés , quelques anecdotes peu connues Ce n'est pas l'homme politique que nous nous sommes attaché à peindre;. nous avons voulu essayer de
(a4) révéler ce bea|i caractère tout entier. La lecture du Mémorial de ses actions achèvera de le faire conn^utre bien mieux que nous ne saurions le Élire nous-i|iéme.
JOURNAL
autheutiqub
DU DUC DE CHARTRES
23 octobre 1 790. — J'ai dîné à Mousseaux ; le lendemain y mon père ayant approuvé le vif désir que j'ai d'être reçu aux Jacobins, M. de Sillery m'a présenté vendredi.
2 no9embre.-^Vdî\éXé reçu hier aux Jacobins; on m'a fort applaudi: j'ai témoigné ma reconnaissance de l'accueil plein de bonté qu'on voulait bien me faire y et j'ai assuré que je ne m'écarterais jamais des devoirs sacrés de bon |totrk>te et de bon ci* toyen ^
3. — J'ai été ce matin à l'Assemblée ; j'ai été ce soir aux Jacobins: on m'a noiomé raetnbfe du comité des présentations , c'est-à-dire, du coniité chargé d'exàminfer les proposée. Ce^c^Énit^ é'AâisèmiMé ibus les jeudis ; j'ai prié un de mes collègues de vou* loir bien témoigner ïïlon re^t au comité de Tim* possibilité où j'étais d'y aller demain *.
Châteauneuf y le 7» — J'ai été à la messe, on ne nous a point encensés ; mon grand-père a eicigé qu'on observât à la lettre les décrets de l'Assemblée nationale. Si on avait voulu m'encenser, j'étais décidé a ne le pas souffrir. MM. de Gilbert père et fils oi^t dîné ici aujourd'hui'; le fils a dix-sept ans et demii, est tressage, très' hdnwété et trè» aimable. Quoique son père et XfSKXe %u faniiile sqtelit ^aris* toerates , cepencknt tt eët ti^ès jbQtPiôte , 00 qm m'a gagné le coeur. ^ . i * ' ' '
'Voilà mdn pelit voyage de CSbàleameiif fini, nous partons ce soir à onze heures. Quoique }^1M
(»7) été très heôreux de passer le tenapâ avè^ ttià mère et avec mon gratid-père, cependant j*aî éprotiin^ tine vive peine à. me séparer de tons cenit kvëé qnifai le bonheur de Titre deptiis si lobg-temps, et en particulier de tnon amie, que je iregarderai toujours comme tine sefeondé mère^ et des liion père que j6 n'avais jamais quitté. J'ai bien senti ; dans le cours de ce petit voyage , combien tout ce qui était à Belle-Chasse m'est cher, et combien il m'en coûtera de m'en séparer pour long-temps.
J'oubliais de dire que, quel que fut mon bonheur de revenir avec ma mère, comme elle paraissait un peu souffrante, je m'étais opposé k ce qu'elle revînt avec moi : je serais revenu dans le cabriolet avec Gardanne, mais elle a préféré passer la nuit et revenir avec moi; d'ailleurs elle dort en voiture.
De Paris , h 9»— Nou» somntfs partk àé €hàleauneiif à- on^eh^ur^ du soir, et «iousn5omme$ arrivée à Belle-Chasse à dix bleutés' du matin ; je
( ?8 ) suis monté à cheval à AngerviUe, à neuf lieues d'ici : il faisait encore nuit; je suis venu à cheval jusqu'à Paris. Le soir j'ai été aux Jacobins , on m'a nommé censeur (ce sont ceux qui font les fonctions d'huissiers^)) comme la salle est beaucoup trop petite pour contenir les Amis de la constitution^ dont le nombre augmente tous les jours , on a nommé des commissaires pour s'occuper de trouver un autre local. On a parlé, sur le projet de la maison militaire du Roi. M. Matthieu de Mirambal (un jeune homme) ^ particulièrement bien parlé. J'ai appris aussi que j'avais été nommé de la députation chargée de porter à rAssemblée Iç projet relatif au serment du Jeu de Paume.
I o.— Hier matin mon père m'a envoyé chercher^ m'a reçu avec «ne bonté extrême , et m'a donné cinquante louis; j'en ai 4onné dix à mon frère. Mon père m'a dit qu'il croyait que je ferais bien d'aller voir MT de LanibaUe. J'y suis allé sur-le-champ ^
et (jle là à rÂsseniblée. En sortant de TAssemMée^ j'ai été , avec Tapprobation de mon père , dînw chez M. Bonne-Carrère , qui est celui quia porté la parole à rAssemblée. Il avait à^ diner toute la députation, et;, en outre, quelques membres de rAssemblée. Ce diner à été très gai j très patriote , trèis décent K
Séance du 1 1. — ^^ M. Biauaat a demandé, que l'on chargeât leé comités militaires et de constitution réunis de présenter un proj^ de décret %v^ la composition de la garde d'iionneur du.Roi. M^. db Beauharnâis a demandé que lé Roi ne pût jamais commander lesarméesen personne, et a demandé lerenvoi aux deux coâiités déjà nommés. M. Maiouet s'est fo^ement opposé^ à ces motions. M. A. Lameth : « On veut toujours présenter leaamisid^ la liberté» comme' les. ennemis du Roi ^. (£.es boîm crièn£f Oz^, oM^ùnà. raison! le côté.gaucbeiriiKbTfv no/)/ )l)es> vrais amis dif Roi sont léeux qui ont dé-*
ïjrtM le ci devant ordre du deÉgé et tous Us parleBÉéns ; œ soqI ceifx qui ottt i^brré la nation de toutes iea granules sous lesqu(dtles elle gémissait depuis ai loifg-teinps.»l4e càtégaudié et toutes lei tribunea applau4itod^t. avoe transport; j-àppl^tt* dissâis 9ipmi Mè fb Qmàgoy^ûiffAé y député du département du Var^ et M. de La Cbëze^ qui était à côté de lui, demandaient au "président qu'on me fit sortir, puisque j'avais l'audace d^applaudir. Le président leva les épaules ; je continuai mes ap* plaudissemens , et ensuite je pris ma lorgnette pourvoir quek^ étaient les delbc mmïil»es4|iâm'avaidnt tRtarpellé; ik^mèrètttt^éof AJotignfiÊief^ ce tfOB je tfe fis que qupiKl je les euBihién vus'èt bien reooanil;i.:£ii soi!talBti(ie:|!Àb8éaaiil63<j'jâ été diner auPfiIais^BJUj^al^elrdéilà au^isonlilédQi prêt séntalâotiSb Pour ffeoevofs .quelqtiViD ^ il èat néees*
sai/e tfa'éjÈ menbit )du:àomité «afne sur le dos dfi h pnémtatmi;} j'ai<fifidosaè;MM« Iiebfaii> GonnugMB et Bricfafu^ij'ai ensuite prévenu ié comité qu'une personxe odiàite dons • le > ecrinité et ^ffîdiée ^s la kalle (MLvMidie oiBif Mécke) était Intéresser dans un (Hipier intitirté hOakMe
( 3i ) générale f qui^st trè3 aristocrate; il a été ajourné
1 6;*^ J'ai été aïo; Jacobins ; j'ai déi^^dé la pa^ rple j et j'ai dit que l'année dernière Ton layait eu l£| bonté de m'admettre ayant i'âgei Jbrà dans la Société philanthropique ; que cettp société dépensait environ cent faille livres , et que cettç année, au lieu d'avoir cent mille livres à sa dispositioB « elle n'en avait que cinquante , parce que des personnes très riches donnent leur démission , sous prétexte que la révolution leur empêche de donner quatre louis par an. Cela a deux raisons : la première, c'est de pouvoir dire que la révolution a fait tomber ce respectable établissement ; la seconde , c'est qu'en diminuant le revenu de la Société philanthropique , on la force à diminuer le nombre des pensionnés , et on fait un ennemi de la révolution de chaque pensionnaire réformé qui redemande te pensîonquvJie faisak vivl-e, en lut
( 3* ) disant : C'est la révolution qui vous/ôte votre pain ^. Tai dit que je croyais qu'il serait digne de la Société des Amiç de la constitution de soutenir la Société philanthropique, et que j'invitais tous ceux qui pouvaient donner quatre louis par an à vouloir bien s*y faire recevoir, et ceux qui n« le pouvaient pas, de vouloir bien y porter ce dont leur fortune leur permet de disposer, j'ai été très applaudi ; et sur la demande de M. Faydel, on a arrêté de porter à la Société Une quétefaite , il y a un mois, pour un malheureux qui Ta refusée. ' .
17. — J'ai été hier à l'Asseml^ée nationale; on parlait d Avignon. J'avais oublié de prendre du papier, ce qui fait que je n'ai pu prendre de notes 7.