CM
4^ {uù^oieot 4e ses créaociers. J'ai Jâné à Belle* Citasse i ^ six jb^res et demie je suis venu au Palais-fLoyal ;^vec mou amie k un <H>i^er<^ chez M» MyHs. Gowa^ sa chatnbre était trop petite , on s'est transporté dans mon appartement. C'est la première fois qu'il y a eu du monde. Je suis bien aise que ce soit à l'occasion d'un mariage (c'était pour le mariage de Taupin). Dieu veuille que cela soit un bon augure pour moi ! car j'attends mon mariage avec bien de Pimpatience.
24- — J'ai été hier an comité des présentations. M. Carra, a dit que l'on répandait que l'on nous ferait stiuter 'en /met^autde ia^ppudire djmf.lacave. J'ai dit qqe. cela étipt absur^^ quû l'on n'oserait pas. On a demandé que nous allions visiter les caves»; j'ai dit que cela a'a^ait pas d'incopvénient, mais que cp^ était inutile» On. a nommé trois comoiiBsaÎPes qu^ étaient MM. Févebit, Carra et moi Nous avons Êiit la visite des caves où ii y
avait^beaucoup^d^ vîn ^ îmai^ rîcri qw pwrtr'Hiqttîéi ter. Trt qnddssé M. Pô^ècith
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rr: '.. Jï,> ;î».i» r-
Pakm^A^yri , j^'» été dè^ à IfrMéiélé phfbriAifôi pique. 3e n'ai pu reveffir qu'à huit heures. On faisait de la musique, A neuf heures et demie , comme je croyais que je pourrais faire mes dévotions à Bdie-»6hiss€i et itttdrflnv.névëOloG^' j'ai été à l'AsMtnblée qui était &awrp'^ sftà» k*e^té Wit quart d'heure ai attendareytafinH^e» iiVpiVaM^i Belte«- Chasse;^ ^ ptràe ttH>«Vdkàie«it4i%fir pftt^^ Tout eel» anôviii aqmnê je 1tàvatot|i#é^iyf ^dftié moil amiciiM te'àyiant pasi^pcvmisi'dè^jÀMttdt^/j^! revins à pied auBftlaâavRQjttf^ dit hwi-^ér'Aè^ mie, je trouvai tout le monde à souper; je m'excusai le mieux que je pfl!^^A.près le souper, étant rentré dans ma chambre pour dire quelques prières', Éftoua^ ' idk^îMi Hà': hûM' dh ' mon amie», ^} {MmÉ* in^cèlMblë^ dé'^ qù^ lÀVvait
renyoyé de Belles Chasfite, ipe promettait qu'elle me garderait dans sa chambre les soirs (|uand elle aurait du monde , et que je n'irais pas le lendemain à l'Hôtel-Dieu. Cette promesse et les expressions tendres de son billet m'ont comblé de joie. J'ai été à la messe de minuit à Saint-£ustache ; je suis rentré 4: dwx :h6Utes et couqhé à deux heures^ jBtqi^rt. Vjaà bit'v^es: dévotions à cette mease^
. 2(3.-r^ J'ai passé toute la journée à Belle-Chasse ; j'^ été, bien heureux. Le soir , je n'ai pas osé ren-* trecrcb^ moni fi|mie, quoiqu'elle m'eut traité par- &iiftf^eiitibiea danV la journée et que madame de Yalcpçe i&t çhest elle. J'ai eu peur que, par excès de bpulé pouD moi^^Ue ne tse |[énât pour me procurer le bonheur d'être avec dlè.
\^^ janvier 1791. Hier j.ai dîné à Belle-Chasse. jUe scHT, après souper, je suis rentré chez mpp amie ;
(47) j'y fiuis^rfiçjt^ JM^u'à ipUiuitiet tqu^l^uciSr miDutes. J'ai été le pr^emiier qui ^t eu le fafonliedr de lui souhaiter la bonne année. On ne peut pas me rendre plus heureux ; en vérité , je ne sais pas ce que je deviendrai quand je ne serai plus avec elle.
1 .*— J'ai été i hi^i* matîii aux Tuileries ea habit de l'ordre. Grâce -4 mon pqre> ois ^ quitté Ift li&te aristocratî^e de^ princes^^ pa^i:s etidp^^^ etc., et ou a appdé. par ancienneté» à r»Ç!e|)tloii.de Monf sieu|^; etj dçii?^^ d'Axtoi^tc^i pe, rppt p|tS;été. Mpnf sieur a prisse va^m rapg qne!ï!W44l! é^^\t^mf!fi, MHe çard^fl de j[.^oi(^^ouqai4t4; pris ^a place de|& ca!r4in,^ui:,, et; f^'a paa réppndu^à l'appel- Qn a eqcei»8é,li'^yêque, ^ .Çenlff qij(i,{ç^^^âait. Jla: Rewç a. parlé.^^moQ pè;re et^àx^Q]l £rçi!e„etne p'a i^pa dit P(Qrspsti)e,nçim'a,v^ffi4i<;>«vte;|U^>iPi'll(por #uf , ni p^ç^oi^é. pafin.4 J5«U)?,- Çl;ass|B.i,4eux hpfl»;?». «t àptfà%f dûi^é. au .lî^is ^qj^] , («t le, wff i;eçii^ des ,yisrte^„ji«^«^'à .ftjçn^,|iei;ii:wi et demies
stoupé; rentré, e| resté chez mon àmiefjasqo'à I^i^ nuit et demi. Rien a» moftdeB'^H ttittitd>le MMOie
5. — Hier j'ai été à l' Asseinbléé : on discutait les jurés. M. Dupont de Nemours ne voulait pas que les dépositions fussent écrites. MM. de Robespierre et 6otipitiii^stàientfbfiA^'<|«l^dIesiIë on n'a
rien dëdr^.j A 46ùx he4]res> Mf^est occupé du sëPokéM d«6 éi^oeâ^'Mfiiés, ttt^bfes d(e Y Assemblée. Ott à' êéti^êtê ^e le ptéifSàÈsnt lies întérp^llenrit : ils crirt^'t^cfc^ Ib Isetteétot. Ott a déerétf y ëj^i'ès iMiàllëdtfp:^' êSIsm/ifûLe le pi^ stdeQf ' se^ tètfrèrttît pàf dtevérà \è hbî , povir^ le prier déiftii^'esMeuti^ hi ééctkt éu^t^ î^i'tùéih' ht» 4è H^mrikAéè i qtli' W^nt ' pàë ptétém ^ér^itient^Je^A^' sbft^ iidM'4tf*V}tÉ^ti«*fteurtSiët dëtmei J'^^é>^t»4é^hâttp k'Bënë^CA^ilë'^diir
iMitai^ et* iSàbdiè^ mis â^dlM'été i" Ik Cbtifédtb^ Fmnçttisë>, dftiy *^âokiMit1à'|)fHèWdéif fepi^^^
lion dtî Despotisme renversé^ de M. Hamy* CftX la révolution mbe éh action, la prise dé la Bastille ^ etc. Celte pièce.a eu le phis grand succès. On a demandé l'auteur^ et on lui a donné une couronne. Ce matin, j'ai été cfaca M« Bamjr; il n'était pas cheft lui*
7. — riai été ce matin à THôtel-Dieu en fiacre, parce que la voiture n'était pas arrivée, et qu'il pleuvait beaucoup. J'ai pansé et saigné trois femmes. En revenant, j'ai été chez M. Hamy, que j'ai enfin trouvé. Je l'ai embrassé, et lui ai té-' moigné, le mieux que j'ai pu, le plaisir que m'avait fait sa pièce : il m'a paru que ma visite lui faisait grand plaisir.
ft. -^ i*ai été hier matitt àFAsseftibtée; au* Jjbcobins, à six heures. M. <fe Nèadlles a présenté tin
ouvrage sur la Révolution, de M. Jose{)h Towei-; en réponse à celui de M. Burke; il en a fiait uil grand ébge, et a proposé de m'en nommer traducteur. Cette proposition a été accueillie par dé nombreux applaudissemens ; j'ai accepté, comme un nigaud, en témoignant la crainte que j'avais de ne pas pouvoir parvenir à remplir leurs vues. Je suis rentré à cinq heures un quart. Le soir, mon père m'a dit qu'il ne le voulait point , et que je me dégageasse dimanche aux Jacobins : j'exé-^ cuterai ses ordres.
i6. — J'ai dîné hier à Belle-CJhasse avec les députés ordinaires, et de plus M. de Latouche. Le soir j'ai été aux Jacobins avec MM. de Sillery et Voidel. J'ai dit ( par l'ordre de mon père ) que , n'étant pas en état défaire un ouvrage j je ne me chargerais que de la traduction littérale , et que M. Pieyre la rédigerait et y mettrait son nom. Cette proposition a été adoptée '®.
( 5i ) la. — Tai passé hier toute la journée à Belle- Chasse à faire ma traduction.
a3. — Dîné lundi à Mousseaux ; il y faisait une chaleur horrible, occasionnée par des tuyaux de chaleur : j'avais un très grand mal de tête. £n sortant pour aller aux Jacobins, au comité de présentation, je fus saisi de froid; j'endossai MM. Galand, Taupin et Gaspard Fontaine, dont le patriotisme m'était certifié par M. Lebl^un. J'alla» de^ à Belle-Chasse : je voulais encore faire la veillée, malgré mon mal de tête, et quoique j'eusse beaucoup de fièvre; mais mon amie me renvoya en disant que je devais aller demain à THôtel-Dieu. En rentrant, j'envoyai chercher M. Conad, qui me trouva beaucoup de fièvre. J'ai sué le lendemain toute la journée; je me suis un peu levé à neuf heures et demie du soir ; j'ai mis mes pieds dans l'eau , et je me suis recouché à dix heures et demie. Ma mère est venue me voir plusieurs foisj^*
(ôa )
mon amie m'a écrit deux lettres charmantes , qui m'ont plus soulagé que tous les remèdes de la pharmacie. Le lendemain, levé à midi. Aussitôt que j'ai eu dit mes prières et mon office, je me suis empressé d'écrire à mon amie : mon père est venu me voir, et il est resté une demi-heure : ensuite, j'ai mangé une soupe et une pomme cuite, et j'ai lu de Paul et Virginie. Â sept heures et quart, mon amie est venue me voir. J'ai donné du thé, des glaces, des mousses, etc. Cette visite m'a fait le plus grand plaisir. J'ai drniné ensuite à souper à MM. Myris et Giroqst. Pendant le souper, ma mère est venue avec madame de Lan>balle.
'^ février. — Hier toute la journée à Belle-CKasse , où ont dîné MM. Voidel, Sillery, Barrère et Volney. Mon amie et M. Barrère ont enfin signé la donation et le contrat de mariage de mademoiselle Paméla ".
8. -^Hter« uq moment à l'Assemblée, ensuite chee M. de Rochambeau , pour lui demander cornmeoc je pourrais Étire pour que mon régiment se trcarvât dacis son armée. Il ma dit cpi'il de^ mandait de la cavalerie k M. Puportail , parce qu'il en manquait ^ et que je n'avais qu'à deman<der d'aller à Béthune.
De là à Belle*Chftsie; puis dîné au Palais-Royal, ensuite auic Jacobins \ retourné k BelleOiasse. Après le souper^ rentré che^; mon amie* Je suis resté seul avec élie; elle m'a traité atec une bonté infime, et j'en suis sorti le plus heureux des hommes.
9. — Hier, j'ai été â un nouveau club, hôte! des États-Généraux, rue de Richelieu, dont je suis fondateur , signer un règlement par lequel on s'engage à ne point jouer aux jeux de hasard. De là chez M. Duportail , qui m'a répondu que cela était difficile; mais qu'il ferait tout ce qu'il pourrait.
1 3. — Hier à onze heures, j'ai été à l'Assemblée ; on y discutait la question du tabac, c'est-à-dire, si vous seriez maître de votre champ oui ou non ; car y a-t-il rien de plus injuste que de dire à un homme : Ce chanâp est votre propriété, mais vous ne pouvez pas y semer. telle ou telle chose; j'aurai le droit d'aller quand je le voudrai, et autant que je le voudrai, dans votre jardin, dans^irotre maison, voir si vous n'y aurez pas planté du tabac, si vous n'en avez; pas caché ! Aucun Français ne souffrira, comme l'a fort bien dit M. Rœderer, une pareille inquisjtioa, it se rappellera votre déclaration des droits^ et il fera usage du droit d'insurrection , etc. Ce discours de M. Rœderer était très beau et péremptoire à mon avis. On a décrété, à l'appel nominal, la liberté du tabac à imemajprité de la voix".
17. — J'ai été nommé aux Jacobins un des commissaires chargés d'examiner le plan d'éducation
publique de M. LéonardrBourdon , ci-devant Laçronière : je suis arrivé à cinq heures au rendezvous. M. Bourdon a commencé à nous entretenir de son plan , ce qui a duré jusqu'à huit heures.
27.— Hier matin, à dix heures, j'ai été cl^ M. Miliin, Fauteur de la Chronique; je voulais le prier de mettre dans son journal un article sur la résidence des fonctionnaires publics : il y d^ consenti '^.
I o /Tiar^. TTT; J'ai été,aiix Jacobip^. D'^d>ord , je suis resté; un quart - d'heure à la Spciété fraternelle; puis je suis monté ; oa..ne voulait pas faire à l'Assemblée nationale le^ rapport de l'affaire du curé d'Issi - l'Évêque , disaqt qu'il y avait un dér çret judiciaire, et que l'Assemblée^ ne pouvait pas ^'annuler. Cependant M. A^erle en fit le rapport
à la Soc^té, et dit ensuite que, le a5, le tribunal d^Orléans serait ^D activité et s\>ccuperait de cette affaire. Âpres cela j'ai demandé la parole, et j'ai dit e « Il y ^ un décret de TÂssemblée na^ tionale qui porte que la Haute*Cour nationale ne pourra juger que ceux contre lesquels rAssemblée nationale aura décrété qu'il y avait lieu à accusation ; qu^ainsi il fallait rapporter l'affaire à f Assemblée nationale , afin qu'elle décidât si les accusations faites contre le curé d'Issi - l'Évéque étaient de nature à être renvoyées au tribunal d'Orléans , ou aux tribunaux ordinaires , et ensuite s'il y avoit lieu à accusation. » M. Merle m'a répondu que cela n'était décrété que pour l'ave ^ nir et non pas pour les affaires déjà commencées. J'ai répondu alors qu'il paraissait que le tribunal d'Orléans aivtek un bien grand pouvoir, puisqu'il devait décider d'abord si lès accusàttion s étaient de sa compétence, ensuite îs'il yaVàît lieu à accusation, si.Taccusé était coupsAle, et quelle peine il mérite; que c'était au Corps législatif à décider d'abord s'il y avait lieu à accusation ou non. I^a Société a arrété d'inviter M. Merle à engager le
(57*) comité des rapports à l'autoriser à en laire le rapport à rA$S(embléô«
a5. — Coitime nous allons, actuellement qu*il £siit beau, recommencer nos courses; j'ai prévenu ma mère que je ne pourrai plus dîner chez elle que deux fois la semaine. Elle Fa trouvé très bon , et m'a dit que ce qui me convenait lui conviendrait toujours, et qu'elle était bien sûre que j'irai toujours dîner chez elle autant que je le pourrai , mais qu'elle ne voulait pas que je me gênasse.
22 mai 1791. Les malheurs que nous avons, éprouvés depuis six semaines , les soins que j'at donnés à ma pauvre sœur, mes occupations, mon établissement dans mon appartement nou^ veau, etc., m'ont fait suspendre mon journal. Je. vais le reprendre ; j'y rendrai compte de toutes mes actions et même de mes sentimens. En lisaixjt ceci, on lira dans mon ame, rien n'y sera omis ^
soit de bien soit de mal.
Depuis un an environ , ma jeunesse me livre des combats presque continuels, je souffre beaucoup;, mais cette douleur n'a rien ^'amer; au contraire, elle me fait envisager un heureux avenir. Je pense aubonheurdont je jouirai, quand j'aurai avec moi une femme aimable et jolie, qui me donnera un moyen légitime de satisfaire ces désirs ardens dont je suis dévoré. Je sens bien que le moment est encore éloigné, mais enfin il viendra. Voilà ce qui me soutient, sans cela je succomberais et je me livrerais à tous les déréglemens des jeunes gens. O ma mère ! que je vous bénis de m'avoir préservé de tous ces maux, en m'inspirant des sentimens de religion qui font ma force ! Si je n'avais pas la
(59) certitude d'une seconde vie, et si je ne savais pas
que, de ma part, une faute de ce genre serait uï\
coup de poignard... ^^
De Fendôme^ i5 /uin 1791. — Parti tuer matin de Paris, à onze'beures et demie , avec Ml Pieyre, j'avais été dire adieu encore une fois à tout mon cher BeUe-Chasse ; j'ai été voir, à Maintenon , lès aqueducs : les arcades sont d'une très belle proportion ; il y en a environ quarante*cinq; je né sais pas exactement leur hauteur. Louis XV lés a abîmés en en faisant ôter toutes les pierres de taille , avec lesquelles il a fait bâtir à madame de Pompadour le château de Cressy; Ces aquédtlcs furent bâtis pour une femme, et abîmés poiir une. autre.
J'ai vu la cathédrale de Chartres, elle est finie et très belle ; le groupé de l'Assomption m'a paru mieux que la dernière fois qde je le vis en revenant de Bretagne ; il est de M. Bridau et d'un seul bloc de marbre.
Couché à Bônneval à la pointe, à?)$éz nciaiivaise auberge; le lendemain je suis parti de Bônneval à huit heures; je me suis arrêté à Ghàteaudtm; j'ai écrit à mon amie et à mon frère, j'ai déjeuné, et suis arrivé ici à deux heures un quart. Quelque temps après est venu M. de Lagondie, premier Ueutenaolrcolonel , et bientôt après MM* les offi-^ ciers. Leur accueil a été très froid, le lieutenant^ colonel a été bi^. J'ai dîné à l'auberge^ il a assisté àxpon dîner ^ nous a priés de dîner demiiti ch^ lui. Notre après-midi s'est passée à savoir où nous nous établirions^ cette maison-ci étant horrible^ ment chère. Nous avons fait saemblazit de démé*' nager et d'aller loger à l'auberge ; mais tout a été inutile, il a fallu cosisentir à tout œ qu'ils ont voulu; nous en avons été quittes poi»r un démenagamept ^ui a 4uré près de quatre heures. Nous n'avons pas pU trouver une autre maison, et nous soxnmes revenue çhe^ M. de Perr^gnat. Dans l'après-midi j'ai été chez tous les officiers leur rendre leur visite; je n'ai trouvé qhe M. de Lagondie; j'iirài demain che?: I0 moke.^ le prélident de disrtrîct, etc.
i6, à huit heures. — Hier après le sou^r, cou* ché à neuf heures un quart , levé le matin à quatre heures trois quarts. A six heures j'ai été dans toutes les écuries arec les lieuteuans - colonels ; rentré à sept heures eidemie^ j'ai déjeuné, j'ai écrit à rooo père, et j'ai fait mon arrangement; j^i déballé toutes mes affaires, et je suis à présent entièrement établi. A dix heures un quart est venu M. de Lagondie ; à onze heures je me suis rendu sur la place , les officiers ont fait un cercle , les guidons au milieu. M. de Lagondie a notifié aux o^ ficiers, sous-officters et dragons de me reconnaître pour leur colonel *^. On a ensuite apporté chez moi les guidons et la caisse du régiment. MM. les officiers sont venus me faire visite, ensuite f ai été à ta parade , puis dîner à Tauberge avec tous les officiers ; ils ont été fort bien , ils ont bu à ma santé, j'ai bu à la leur et à celle de tout le régiment; ensuite, j'ai été faire visite au président et au procureur du district, au maire et au procureur de la commune, au commandant de la garde nationale, au président an Iribunal et au commissaire du roi.
Rentré, écrit ce journal, et parti pour les Amis delà constitution; j'y ai été reçu avec de nombreux applaudissemens. M. le président m'a adressé un discours $ur l'exemple que je donnais, et sur le plaisir qu'éprouvait la Société à me voir assis parmi ses membres. J'ai réppndu (je ne m'étais pas préparé ) que je ferais tout ce qui dépendrait de moi pour justifier l'accueil favorable que voulait bien me faire la Société ; que toute ma vie serait consacrée au service de. la patrie , et que j'espérais que le 1 4® régiment, que j'avais l'honneur de commander, serait toujours dans l'état florissant où je le trouvais , et qu'il continuerait à être l'exemple de la subordination, de la discipline et du patriorisme. Rentré à sept heures un quart, (écrit à ma mère et à mon amie, soupe, dit mon office et mes prières, et couché à neuf heures et demie.
17. — J'ai été ce matin aux écuries ; il n'y avait point d'officiers , il doit toujours y en avoir un.
En revenant j'ai été voir les recrues et lessecondes classes au manège. A dix heures je suis rentré et j'ai déjeûné ; après mon déjeûner, MM. Dubois et dé Gasc sont venus me voir : puis j'ai écrit à mon amie ; ensuite à la parade. Rentré avec M. de Lagondie, dîné à une heure avec lui et M. dé Rouillon : à trois heures, le comité d'administration : on m'a r^misune clef de la caisse du régiment; ensuite j'ai été faire la visite de toutes les chambres; elles sont fort propres et n'ont aucune odeur, mais toutes dispersées. Les dragons m'ont fait très bonne mine : je me sens beaucoup d'inclination pour le régiment, je l'aime déjà beaucoup. Le soir, j'ai écrit à mon amie; j'ai reçu la visite du maire, je l'ai prié de s'adresser directement à moi pour tout ce qui pourrait intéresser la tranquillité publique, et pour toutes les relations du régiment avec )a municipalité. Soupe à huit heures et demie , couché après.
i8. — Ce matin , aux écuries à six heures, tous
(64) les officiers étaient à leur poste. J'ai étél Thopital; j'ai Yu les véiiérieiis ;^ ils étaient honteur et se cachaieat dans leurs Hts; j'ai dit qae j'eapérsfb^ (pse ce qu'ils éprouvaient les rendrait plus sages à lavenir; il y en a sept actueUenient. En rentrant j'ai écrit ce journal : kr musique est venue, et tout fie suite elle a joué ça ira sspos que je le demande ; y^ leur ai donné deux loui& J'ai été ensuite un moQ^nt à la promenade avec. M. Piejrre. A une heure dîné avec MM. Damcmvilte , Ducastinç et Bouasel; ou ne peut leisr faire pai4er des affaires. M. DanionviUe me parait avoir de Tesprit^ je cberdM: en vain à 1«! fisdre parler, on se fwuC en rien tirer. J'ai été cbez le maire ^ il a'y était pas ; en revenant je sibs entré aux Amis de la conr stitutioa ; un sousrlieutenant (M. Perrin) m^a demandé kl parraissionF de n/y suivre, oe qm m'k faitleptus grand pkdsûr; j'y ai trouvé tes deu:i adjudans du régiment, mes maréchatm-des^kigis , et beaucoup plus de dragons que la première fois.
ig. — A six heures, aux écuries ; M. de Gif fard n'était pas à son poste; M. Perrin y était. J'ai été aux Amis de la Constitution, les présidens n'y étaient pas; on m'a nommé président par intérim ; j'ai fait beaucoup de difficultés; j'ai dit que je ne pourrais pas rester long-temps, que j'avais lies lettres à écrire , et que c'était le èourrier de Paris; tout a été inutile; il a fallu présider. J'ai donc présidé; au bout d'une demi-heure j'ai dit que j'étais obligé de me retirer pour affaires. J'oublie de dire qu'hier je me suis rendu chez le maire pour lui représenter qu'il était àbslolument indispensable de faire sortir de la ville toutes les filles qui infectaient notre régiment. Il m'a promis de ne rien négliger pour les faire sortir de la ville ; mais qu'il m'observait qu'il ne pourrait les chasser que dans le cas où elles troubleraient l'ordre pu- Mie. MM. les officiers parlaient et riaient k la
messe; je leur ai enjoint d'y être en silence et d'y
* avoir un maintien décent; j'ai décidé, en outre,
qi^'un officier aux arrêts sortirait pouHa messe.
îio. — Ce matin à six Iieures ; aux écuries , il pleuvait à verse. £n sortant d'une des écuries de M.Martin, je rencontre M. de Lagondie, qui me dit: Comment, monsieur, vous allez aux écuries parle temps qu'il fait? — Monsieur, rien ne m'arrête quand je remplis mon Revoir.— Mais vous ne devriez pas vous prodiguer autant ; il vaudrait mieui que les dragons vous vissent moins fréquemment. — Je ne vois pas de raison pour cela. -^ Il est très dangereux de faire perdre aux diàgohs cette crainte que leur inspire votre cordon bleu, et la pensée que vous êtes un Bourbon. — Loin de croire qu'il soit dangereux de faire perdre aux dragons la crainte dont vous parlez, je désire fort que ce soit ma personne qui soit respectée, et non pas toutes ces balivernes^ — C'est aivec des balivernes qu'on mène les hommes; s'il m'était permis de vous donner un conseil sur le club, je vous dirais qu'à votre place je n'aurais pas refiasé cette place de distinction qu'on voulait vous donner '^ ; c%r il me semble d'un danger émineat que vous soyez assis sur le même banc qu'un dragon ; cela l'habitue à vous regarder comme son égal.
•^ r«iraisi plutôt mangé cette chaise que de recevoir une distinction quelconque; je les déteste, et je ne croirl^' jamais qu'eUeit soient nécessaires à la disciplipe »^'un régiment. Je vous déclare qu'au tant je respeetjei un ancien militaire qui porte la marque des services qu'il a rendus à sa patrie, autant je méprise celui qui passe sa vie dans des antichambres pour obtenir le cordon bleu. Voilà mon opinion sur les distinctions honorifi^es; vous avez la vôtre : il m'est impossible de changer la mienne; ainsi, chàng(|pns la conversation. — le n'ai pkte qc^uifâ^ seule observation à vous faire ^ eNM( ^iMie sou1^eij| le subordonné s'ennuie de voir Voujoiirè htûgme de son supérieur; et que si vous arllez tous lés jours à Técurie, vos dragons s'ennuieront de iK>us voir, et vous leur deviendrez éé^âgriifele. — le vous suis infiniment obligé ; TO^iis vofis me permettrez de croire que je ne me rendrai p^s^ésagré^le aux dragons en montrant iieancoup de zèle ^ d'assiduité k remplir mes devoirs/^fet en étant toujours le ptemiet à mon poste; mais quand cela sei^it, cela ne m'empêcherait pas de remplir mes devoirs; et si je cédais à cette con-
sidération, on pourrait justement me taxer de faiblesse.
J'^i été au manège , écrit, Mglé les comptes de Boulanger et de Level, ^e je renvoie à Paris, parce qu'ils ik'ont pas Tordre et l'économie
qui me conviennent. '^ ^
27! — Les grands éj^emens qui sont arrivés depuis mercredi , m'ont émpéç||é 4e continuer ce journal. Le jeudi 23 ^j'assistais ^^^J^ téte^^ 1^ment, à la procession du SaiQt-SacrçmèBt. Je iuui requis par la municipalité déclouer Id.g^tde ^ifk faire arrêter toutes les voitures^ et d'^niplqjrertoufe r énergie dont sontcapables les brçLves patriotes (fie jecommandcy pour assureria tranquilUtéaublique.
A midi, je fis rentrer le régiment ave^ordi^e de de ne pas quitter leurs bottes ft de ne pas déadler leurs chevaux. Je priai à diiier MM. Dubois, D'AÏbis , Jacquemin et Philippe. Ou vint nous avertir que le peuple était attroupé, et qu'il voidait pen-
dre deux prêtres. J'y courus sur-le-charnp. Je fus saivi de MM. Piqfvè, Dubois , D'Albis. J'arrivai devant la porte d'une auberge où étaient dix ou douze gardes nationaux, le maire, le procurer de la commune et une grande affluence de peuple, Criant : Ils sont violateurs de la loij il faxii qjtiHls soient pendus : à la lanterne ! Je demandai an maire ce que c'était que tout cela, et qu'est-ce qu'il y avait. Il me dit : c'est un vieux prêtre et son père qui sont dans cette maison ; on prétend qu'ils ont insulté M. Buisson , vicaire assermenté, qui portait le Saint-Sacrement , et je ne suis pas maître du peuple, j'ai envoyé chercher une voiture pour les emmener ; voulez-vous bien faire venir deux dragons pour les escorter? J'y ai envoyé sur-le-champ. Le maire était immobile devant cette porte sans ouvrir la bouche. Je m'adressad à ceux qui paraissaient le plus échauffés, et je leur fis sentir cx>mbien il était horrible de pendre des gens sans les juger; que c'était d'ailleurs Êûre un métier qu'ils regardaient comme infâme, celui de bourreaux; qu'ils avaient des juges, et que c'était leur affaire. Us me répondirent que
( 7o) leurs juges étaient aristocrates et quiis ne punis^ saient pas tes coupables. «—G'eit i^tre faute, leur dis -je, puisque c'est vous qui les avez nommés; ms^ il ne faut pas pour cela voù» faiM Justice à vous-même. Il V avait un grand murmure; une toix crie : nous leur ferons grâce en faveur de M. de Chartres! —Oui, oui , oUi^ s'écrie tout te peuple, c'est un bon patriote, il nous a tous édt^ fiés ce matin t^ faites-les descendre, nous ne leur fe* rons rien.^^Je leur ai dit : Yous me le promettes? T^ Oui, oui, on ne leur fera rien. Je suis monté dans la chambre où étaient ces deux malheureux, et je leur ai demandé s'ils voulaient s'e^ fiera moi ; ils m'ont dit qu'oui. Je suis descendu dèVâdt, 'et j'ai dit au jpeuple de né pas oublier ce qu^il avait promis. Nouveaux cris du peuple i Soyez tranquille , on ne leur fera rien ! J'ai crié ai^ postillon :
Amenez la voiture. — Aussitôt on se |net à cfie^ :
Point de voiture! à pied , à pîedi que nous ayons le. plaisir de les huer et de les chasser honteusement -^ Bh bien ! à pied , ai-je dit , cela m'est égal ; car vous êtes de trop braves gens pour oublier vos profiiesses. Nous partons au milieu des huées
(7' ) et d'un déluge d'injures; je donnais le bras à Tun de ces hommes; le maire était de l'autre côté, et le curé donnait le bras à MM. Dubois et d'Albis : je ne songeais guère dans le premier moment, de manière que je pris le chemin de Paris. Tout le peuple nous suivait en chantant la chanson du Champ-de-Mars, et en faisant un tapage horrible. Un homme accourt en criant : A la lanterne tous ces b...*là! Il a failli y être mis pour avoir prononcé ces mots , parce que , disait le peuple , nous avons promis à M. de Chartres qu'on ne leur ferait rien , et il faut tenir sa parole. Le maire demanda à l'un de nos deux hommes où il voulait aller. A Blois, lui dit-il; c'était précisément le chemin opposé à celui que nous prenions. Le maire voulait les faire retourner et traverser toute la ville; je m'y suis opposé, et nous avons changé dé chemin , mais sans rentrer dans la ville. Nous avons passé sur un petit pont de planches sans garde-fou ; alors on a crié : A l'eau ! et on voulait leur mettre dés bâtons dans les jambes, afin de les faire tombar dans l'eau. J'ai rappelé au peuple ses promesses 9 et il s'est c^mé. Nous continiMon3 notre route,
(70 la foale marchait toujours avec nous : étant arrivés à environ un mille de la ville , des paysans descendirent, en courant, la montagne, et se précipitèrent sur nous en disant : pendus , pendus ou lioyés , ces deux b...-là ! Un d'entre eux saisit le bas de l'habit d'un de ces malheureux ; la foule emporte bien loin le maire et M. d'Albis ; je reste seul avec M. Dubois qui s'efforçait d'arracher l'habit des mains de ce paysan. J'en tenais un^'une main , et de l'autre, je tâchais d'arracher l'habit Enfin, vint un garde national qui^nous prêta main -forte et arracha l'habit. La foule augmentait tou* jours. Je dois rendre justice au peuple de Yendôme; ils ont tenu leur parole, et ont exhorté les paysans à ne point faire violence à ces deux hommes. Voyant que si je continuais à marcher, il arriverait indubitablement un malheur, je criai : Il faut les mener en prison ; et tout le peuple cria : en prison , en prison ! quelques voix criaient : Il faut qu'ils demandent pardon à Dieu, et qu'ils remercient M. de ' Chartres en considération de qui on leur laisse la vie. Cela fut promptément exécuté, et nous partîmes pour la prison.
j £n route y un homme s'avance avec un fusU et dit : Rangezvous, que je lâche mon coup de iusil Croyant que véritablement il aUail tirat) je me sms précipité devant ces deux hommes en dwant : Vous me tuerez plutÀt. Comme c'était un homme bien habillé» M. Piey?e loi dit: Hais, comment! est-il possible? — Je badine, lui dit cduirci, il n^ a rien dans mon fusU. Nous avons encore continué mitre route. ' En arrivant à la prison , il y avait grande a£Quence , les dragons étaient à cheval par l'ordre de M- de Lagondie; je les ai feit descendre, en disant que le peuple m'ay;^t promis , et que je n'avais besoin que. de sa parole.
Lorqu'ils furent entrés j le peuple voulait se porter à l'Oratoire, où le supérieur n'a pas prêté serment, et dont l'église servait ceux réfractaires, enfin dont les enians n'étaient pas à la processiop , et que l'on aristocratisait , à ce qu'il disait. Je leur observai que cela ne devait pas se faire ainsi , qu'ib devaient prier M. le maire de témoigner au supérieur de l'Oratoire que l'on voyait avec peine son église remplie de réfractaires. On a dit ; Bah! le maire^ il faut que ce soit vous.* Je
(74) leur ai répondu : J'accompagnerai M. le maire* J'yaiété. Le supérieur était très entêté; il n'a pas voulu céder dans le moment, mais cependant il est pttrti le lendemain. Après le dîner , j'ai été à la muéificipalité , où je suis resté pendant que Ton dressait le procès-verbal. J'y suis retourné le lendemMn , et )9^ f ai signé *7.
1^ juillet, -^ La longueur du récit que je viens de Élire m'ayant empêché de continuer exactement, je dirai seulement que, le lendemain de mon affaire , la ëort^agnie des jardiniers est venue me- féliciter; je leur ai donné vingts- six bouteilles de vin , chacun n'en a eu qu'un verre. J'ai été trois fois à la municipalité , plusieurs de ceux qui la veille étalent les plus acharnés vinrent en pleurant me demander pardon et me remei^cier de lés avoir empêchés de^ commettre un crime. Un d'eux me damanda quand on devait chasser les prêtres de la ville. Je dis qu'on.
j £n route, un homme s'avance avec un fusil et
dit : Rangezvous , que je lâche mon coup de bmt
Croyant que véritablement il allait tirar» je ine
suis précipité devant ces deux hommes en dînant : Vous me tuerez plutôt. Comme c'était un homme bien habillé, M. Pieyre lui dit: Vais, comment! est-il possible? — Je badine, lui dit celui-ci, il n'y a rien dans mon fusil. Nous avons encore continué notre route.' En arrivant à la prison, il y avait grande afQuence , les dragons étaient à cheval par l'ordre de M. de Lagondie; je les ai Êiit descendre, en disant que le peuple m'ayait promis, et que je n'avais besoin que. de sa parole.
Lorqu'ils furent entrés , le peuple voulait se porter à l'Oratoire, où le si^>érieur n'a pas prêté serment, et dont l'église servait ceux réfractaires , enfin dont les enfans n'étaient pas à la processiop, et que l'on aristocratisait , à ce qu'il disait. Je leur observai que cela ne devait pas se faire ainsi , qu'ils devaient prier M. le maire de témoigner au supérieur de l'Oratoire que l'on voyait avec peine son église remplie de réfractaires. On a dit '^ Bah! le maire i, il faut que ce soit vous.' Je
(76) n'en point avouer d'autres, dont acte me fut donné.
2. — Je viens de recevoir le décret pour le serment de^ officiers, je Tai remis sur-le-champ à M. de Lagondie : demain à la parade on me rendra réponse.
4. — J'avais remis à hier au soir la déclaration sur le serment ** , parce qu'il y avait une grande procession <le reliques qui avait attiré un grand nombre de paysans, et que je craignais que le refus de serment de la part de quelque officier n'occasionnât du mouvement Après le dîner ^ MM. de Lagondie, Rouillon, Damon ville et Montureux m'ont déclaré qu'ils ne prêteraient pas le serment, et m'ont demandé le secret, craignant, à ce qu'ils disaient, que si cela était su, cela
(77) pourrait occasionner du trouble dans le régiment. Il y en a un que je regrette beaucoup , c'est M. de Montureux ; mais cela diminue fort la prévention favorable que f avais conçue pour lui; car je n'aime pas un homme, qui préfère quelqu'un à sa patrie. La municipalité m'a demandé si je ne m'opposais pas à leur .départ} j'ai dit que non. Le soin^ à huit heures et demie , Bessard , l'adjudant, est entré dans ma chambre et m'a dit que la compagnie de Montureux était très affectée du départ de son capitaine^ et qu'il cr^iignait; qu'il n'y eût du mouvement; je lui«î dit de m'avertir à la moindre chose. MM. Perrin et Ducasting sont venus me dire qu'ils prêteraient le serment, ainsi que MM. Jacquemin , Roussel et les deux adjudans. M. Dubois (celui à qui j'avois donné 5oo livres avant-hier),- m'a déclaré ne vouloir pas le fréter. Nous somnies restés assemblés jusqu'à une heure et demie; il i)fès%st rien passé, tout a été tranquille ; nous ne nous sommes couchés que quand nous avons su ces messieurs partis. Comme il ne reste point d'ofiBciers dans la compagnie de Martin , j'ai chargé provisoire-
ment M. Perrin de la commander. A deux heures ot demie j*ai été réveillé par une députation de Montoire , qui ne voulait pas accorder de passeports aux officiers sans ma permission. J'ai répondu que je ne pouvais en accorder à ces messieurs , puisqu'ils ne se regardaient plus comibe officiers, et que je ne pouvais pas non plus m'opposer à leur départ, n'ayant aucune autorité. Sur cette réponse, on leur a accordé des passeports. Ce matin tout est tranquille ; tous les dragons sont à leur poste , ainsi que les officiers . assermentés. A dix heui'es let demie, nous nous sommes rendus sur la terrasse de l'abbaye; j'ai prononcé un discours '9 ; ensuite j'ai lu le décret et la lettre ministérielle qui y était jointe; j'ai prononcé le serment, et à l'instant tous les casques au bout des sabres, et des cris : Nt>us le
/urons! d* un côté ; Vwe la Nation! de J'autre :
rwent les Dragons! Quoiqu'il ait fait un temps détestable, il y avait cependanit beaucoup de spectateurs. Nous sommes rentrés au milieu dios applaudissemens de tout le. peuple; j'ai prié à dîner une fois potir toutes; après le dîner j'ai été
( 79 )• à Montoire avec M. Roussel. J'ai pareillement fait prêter le serinent aux dragons ; il y a eu le même enthousiasme qu'à Vendôme , les mêmes crîs , et les mêmes applaudissemens.
5. — 25. — J'ai écrit à Caen, à SiUé4e-Guillaiime et à Mamers , à nos détachemens , pour leur annoncer le décret sur le serment^ et qu'ils eiment à s'y conformer. Je suis accablé de réponses i faire , et cela demande un temps cond|^fable : en outre , je sui/» le seul offî^ûp* supérieur , et par conséquent , j'ai beaucoup plus de senffCe qu'auparavant Pour peu que je veuille lii^ {nu me promener, je n'ai plus le tq[99pi^'écrîre c^ journal, c'est ce qui istit que je suis anjiiré , ej qu^u Jiieu d'être au 5 je sois au a§. LA miu)^palité i il y a quelques jours ^ me fit prévenir qu'elle allait me requérir dç prêter, le i4 jui^et, le même serment que l^onée dwnièrê :,j'ai répondu que cela m'était absolument impossible ; que l'Assemblée'
avait , par son décret àa aa juin , duu^ h {«-mule do serment ; qoe si on était admis à prêter le serment de Tannée dernière, tons les râBractaires reviendraient sur-le-champ et demanderaient à le prêter. Néanmoins la municipalité a écrit au comité de constitution dont la réponse n*est pas encore arrivée. On a écrit au département , qui a répondu conformément à mon avis. La municipalité m'a fait demander ensuite ce que je croyais qu elle devait fitire relativement à la gardt nationale ; je lui ai dit que cela ne me semblait pas embarrassant , que je croyais que et itujilififtltuiiKiiil remplir les vues de l'Âsseni- IMe nationate ^ qn^ de £»ire {»éter le serment aux gardas nationalaa jf al quCi certainement, si elles ai^plétaieBlpas ÛKviléQr, elles cnoaient beaucoup contre la toimfSlf^é y, et pourraient bien y aller malgré ceMlc Oa a écnt au dë|Mirtement, et à la municipaiÉé de Blois pour lui demander ce qu'elle ferait. Lès réponses ont été conformes à mon opinion. I^ i3 juillet, à six Mres du soir, la municipalité donna Vordae pour la garde nationalequi commençait à murmurer, « on trouva
que cet di^të s'était biètl fait âttÉdfë. <9n ^màt voulu fétèf les dinsigotis , létif* dorihé^ S dîner, èïd. Cela a été i^tnis. A éïize hiétifes , le 1 4 juillet , Ûbûs nous sommes lilis fen niÉirche , pour 'nous rendre auChàtnpdéla Fédëratiôil. Des applàudis^eilnetis , des cris, des brâVos, dé^ viuerit lès dragùfiÈl nous accompàgtiaiënt. En entrant dané le Champ de là Fédérâtiôh , ùotis aVon^ été salués par une déchargé d'artillerie. GhâqUë compagnie dé gardée liàtioriàle§ k prêté le sëi'niéMt que là tâunicipàlité allait i'eéevdi^; eîistiite tioùs, lé£â càsqtlë^ au botit dés sâbrèij elhf criant de toutes ridsfbi'ciéfs i P^i^ê la nation f vwe'là gàt^e nationale! 'hii^éfiMes FèH" dômoiél i>lP'eHtlès dànîes de Vendômeî J*âî oiéI^ de dire que le lendemain du preitiiér serinent, tous les o£G!tiéi*s assermentés s'étaient fendus avec moi àf là Société ,. où ûôus avons été extrêmement applaudis.
26. — Avant -hier, nous nous sommes rassemblés sur le Mail; tous les gardes nationaux sont
■^ ■ venus , Qous en avons pris, sous le bras chacun
deux, et nous nous sommes rendus ainsi devant Tabbaye. On m'a présenté la mèche pour mettre le feu au canon qui devait donner le signal de la fête : j'ai tiré le coup, ensuite nous nous sommes mis à table , et je me suis trouvé placé à côté d'un homme ivre : on m'a adressé des couplets, etc. Après le diner, les grenadiers m'ont, malgré mes vives instances et malgré ma résistance , enlevé et porté sur leurs épaules tout autour des tables ; ils ont voulu me placer sur une estrade où étaient nos drapeaux et nos guidons; je me suis en vain défendit^ on m'y a placé ; mais on ne m'y a pas
g^dé Ipng-temps , car aussitôt je me suis jeté à la renverse ; on m'a relevé et je me suis précipité au milieu d'eux , étant décidé à tout plutôt qu'à rester sur cette estrade. On a ensuite dansé des rondes ; on m'étpuffait toujours tellement que j'ai été obligé de changer de chemise.
27. — J'ai été hier à la municipalité pour me faire reconnaître pour commandant militaire. J'ai Yu le discours sur la servitude volontaire de la Béotie; je Vextrais. J'ai lu de l'allemand , de l'italien , de l'anglais; le soir, j'ai lu de Mably et d'Emile.
1*' août. — Charmante journée! vivent les dragons! Il n'y a pas de régiment comme cela en France, avec de tels hommes nous recevrons bien les gueux qui auraient l'audace d'entrer en France , et la patrie sera libre , ou nouÉpérirons avec elle. Nous avons été aujourd'hui à la petite guerre; les dragons y ont mis une ardeur incroyable ; j'ai été pris un des premiers ^^.
3. — Quelle heureuse journée! J'ai sauvé la vie à un homme, ou plutôt j'ai contribué à la lui sauver. Ce soir , après avoir lu de Pope , de Métas-
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tase et t1*Éiiiile , j ai été me baigner ; je me séchall ain» qa'Édoiiard , laraipie j'entends crier : A moij je me noie. J'y coars aussitôt , ainsi qu'Edouard qui était plus loin ; j'arrive le premier, on ne voyait plos qae le bout des doigts ; je prends cette main qui saisit la mienne avec une force inexprimable, et par la manière dont il me pressait, il m'aurait £ait noyer, si Edouard n'était arrivé et ne lui eut pris une jambe, ce qui lui ôtait la possibilité de sauter après moi. Nous l'avons ainsi ramené à bord; à peine il pouvait parler ; il m'a cependant témoigné beaucoup de reconnaissance ainsi qu'à Edouard. Je pense avec plaisir à l'effet que cette nouvelle produira à Belle-Chasse. Je suis né sous une bien heureuse étoile , toutes les occasions se présentent , je n'ai qu'à en profiter. Celui qui se noyait est M. Siret, demeurant à Vendôme, sous-ihgénieur des ponts et chaussées. Je me couche bien content.
4. — J'^i lu ce matin les papiers , j'ai lu de Fanglais, j'ai écrit à mon amie, que j'étais heureux en pensant au plaisir que lui ferait ma lettre ! M. Si* ret est venu me faire une visite; il est bien touché et bien reconnaissant. J'ai lu du latin, dîné^ ensuite écrit à mon amie, à mon père; j'ai été au club où j'ai lu un discours sur l'abolition des ordres '*, on a ordonné l'impression. M. Siret a rendu compte de ce qui lui était arrivé \a veille ; le président m'a fait beaucoup d'éloges, beaucoup de complimens ex abrupto, et très bien exprimés.^ On a ordonné d'écrire aux journaliste^.
5. — Hier malin à la manœuvre. En rentrant je me suis déshabillé : j^ai lu du président Hainault , de Jules César, de Sternham, de Mably ; j'ai dîné. Après dîner, j'ai lu d'Ipsiphyle, de Métastase, d'Héloïse, de Pope. A cinq heures au manège, ensuite j'ai lu d'Emile.
8. — J'ai travaillé av€c M. Jacquemin pour le remplacement des officiers; j^i reçu enfin mes ordres de départ, nous allons à Yalenciennes , nous partons vendredi 12 de ce mois. Nous sommes donc sûrs de servir la patrie, et de ne pas manquer un coup de sabre. J'irai donc bientôt à Belle- Chasse.
j I . — Aujourd'hui belle journée. J'avais été in-r vite hier à aller à l'Hôtel-de-Ville avec quelques sous-officiers et dragons; je m'y suis rendu aujourd'hui, et j'ai été harangué; ensuite on a lu une lettre deJVI. Siret qui demandait que le corps municipal arrêtât qu'il serait décerné une couronne civique au citoyeji qui aurait sauvé la vie à son semblable , et qu'il m'en fut décerné une. Le corps municipal a agréé cette demande, et on m'en a donné une aux applaudissemens d'un grand nombre de spectateurs. J'étais très honteux ; j'ai cependant témoigné ma reconnaissance l<ç
(87) mieux que j'ai pu. J'ai été au club. On m'a té-^ moigné beaucoup de regrets et de bonté ; j'ai exprimé ma sincère et vive reconnaissance; je leur ai dit que j'éprouverais des regrets bien vifs en les quittant, si ce n'était pour aller occuper un poste biefi agréable aux amis de la liberté, celui où l'on pouvait servir sa patrie; que si je pouvais jamais avoir besoin d'un aiguillon pour Tn'exciter à employer pour la défense de ma patrie, tout le zèle et toute l'ardeur dont je suis capable, cela en serait un bien vif pour moi. j^
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