SES DEUX FILS
Pari», a6 juillet X79a>
« Je ne serais pas étonné du tout de voir d*ici
à fort peu de temps une nouvelle Assemblée constituante. Je crois que dans ce cas vous devez désirer d*en être : faîtes-y vos réflexions; car ni vos âges, ni vos principautés françaises ne s'y opposent.
K Adieu, chers enfans, que j aime et embrasse de toute mon ame. »
Lettre du duc d Orléans à son fils aine.
Da Raîncy , 4 aoni an iv.
« Si j'avais cru possible que la Convention nationale dont on parle f&t dans le mauvais sens que vous supposez , je vous aurais mandé que c'était une idée de malintentionnés; mais bien au contraire, cette idée nés t venue aux gens qui l'ont conçue, à ce que je suppose, que if après la connaissance qu'ils 'ont de la façon de
penser des départemens , c'est-à-dire , de ce qui compose les assemblées primaires, qui certainement ne changeront rien à ce qu'il y a de bon dans notre constitution y et corrigeront ce qui peut y avoir de mauvais. Yoidel pense qu'il vaudrait mieux que vous fussiez choisi ail* leurs qu'à Paris, et que s'il vous convenait de l'être, il lui serait fort facile de vous faire choisir par Sarreguemines, qui est son pays. Si cela vous convenait, vous n'auriez qu'à lui écrire un mot. Dites done à Antoine ( duc de Montpensier ) qu'il s'explique aussi pour savoir s'il le veut ou non; personne ne peut le conseiller sur cela , il faut qu'il se tâte bien lui-même. >»
Du duc d Orléans à son fils aîné.
Paris , i5 aoà| an iv.
« L'Assemblée a fixé l'âge de vingt-cinq ans^
pour être député à la Convention nationale Je crois que les assemblées primaires se conformeront à cette règle. Ainsi je ne prévois pas que vous puissiez en être. Je vais en raisonner avec Yoidel. Mandez-moi ce que vous en pensez ; et comme il n'y a plus de choix du roi, et que vous n'aurez plus la même répugnance de vous lai^s^r choisir par la nation ou ceux qui auront sa con* fiance, si vous n'êtes pas content des nouveaux arrangemens qui von( se faire dans les irmées pu vous êtes, mandesMuoi ce que vous aimersez -le i^eux'^pour qiie je voie à vous le faire avoir, •. ^
Du dite d* Orléans à son fils.
Paris y tSaoât anir.
<c Je recois à Finstant, mon cher enfant, deux lettres de toi, Tune du i3, Tautré du* i4* Depuis que je t'ai écrit j'ai vu Yoidel , qui dit qu*il est sûr que tu seras élu à Sarreguemines. II doit t avoir écrit à ce sujet. Reste à savoir si la Convention , une fois assemblée, rectifiera les choix au dessous de cet âge proposé par TAssemblée. Il croit que oui , et quil faut accepter et venir plaider sa cause ici. J'attends avec impatience des nouvelles des commissaires, et des détails en réponse de ce que je te demande relatif à tes projets, en supposant que tu ne penses pas à être de la Convention, pour me conduire en conséquence. Adieu, je vous embrasse tous deux de toute mon ame.
Charles VoidelaM. de Chartresjils aîné du duc d^ Orléans^
Paris, a 8 août 1792 an iv de la liberté.
K Je ne sais comment il se fait que vous n'ayft ()as reçu la lettre que j'ai eu l'honneur de vous écrire , et j'ai lieu d'être étonné de cette inexactitude et infidâîté de la poste : celle-ci, je l'espère, n'éprouvera pas le même sort. Avant la réception de votre dernière lettre , j'avais déjà changé J'avis sur la manière de vous faire
élire à la Convention nationale y et j'avais précisément adopté celle que vous m'indiquez. Comnie c'est à Metz que se tiendra l'assemblée électorale, que M. Antoine sera sûrement électeur et député , et que, à raison de ses principes connus, il doit jouir dans l'assemblée électorale dé l'influence qu'il a déjà dans la ville même dont il est maire , je lui écris pour le prier de vous proposer et de vous appuyer. Je lui donne à ce sujet toutes les raisons qui peuvent déterminer un véritable ami de la liberté et de l'égalité; car^ indépendamment de votre patriotisme, il n'est pas indifférent pour la république de voir dans l'Assemblée souveraine de la nation uif membre de la dynastie agonisante , soutenir une forme de gouvernement contraire à ses intérêts privés, et donner l'exemple d'un dévoùment absolu à ceux de sa patrie. Je me plais à me rappeler dans cette correspondance une conversation que nous eûmes il y a deux ans, chez M. de Valence, et le désir que vous aviezde voir établir en France une république qui consacrât et qui réalisât les principes d'égalité proclamés par la déclaration des droits. Votre raison avait devancé les événeraens. On est digne d'être membre du souverain , quand on sait ainsi renoncer à tout ce que la naissance et la fortune peuvent présenter d'espérances à l'ambition , et jdÉrois servir mon pays en cherchant à lui procurer un pareil défenseur de ses droits. Agréez l'hommage de mon estime et de mon admiration ,