‹ Un an sur les cheminsChapitre 20 sur 24 · LE \ICENT1N , LE VÉRONAIS · texte numérisé non relu

LE \ICENT1N , LE VÉRONAIS

queiles ondes pure s haijrnes-lu la ti{jesi élégante et si admiiée?^Ne te verrai-je donc plus, belle et poétique fleur, et serai-je privé de m'enivrer encore de tes parfums adorés?...

Alors j'entendis une voix harmonieuse qui disait en passant dans l'air : — La belle fleur de Yicence est voilée aux regards de 1 eiranger. N'as-tu pas assez de peines dans ta patrie sans chercher à augmenter tes regrets. Ton sol est triste pour y transplanter ma fleur chérie , et sa tête tomberait bientôt toute décolorée... Va , crois-moi , fuis ces lieux, jeune étranger. »

— Tu es le génie de cette fleur, voix invisible ; eh bien ! sache que le soleil parcourt le monde et qu'il vivifie les contrées les plus lointaines 3 il donne à chaque ame une parcelle d'étincelante lumière, d'amour et de poésie, et ces dons sublimes , je les sacrifiefais tout entiers pour rendre plus éclatante encore la tendre fleur que j'aime , ô génie de la beauté !...

Je partis pour Vérone, et bientôt je vis se dessiner, au sommet d'une haute colline dominée

ET LE BERGAMESQUE. 291

par les Alpes Trentines, les ruines des châteaux célèbres des Capuletti et des Montecchi. C'est de là que sortirent ces deux figures si poétiques du moyen-âge, Roméo et Juliette, immortalisées par Shakespeare. On montre à l'étranger curieux leur tombeau à Vérone; mais je ne crois guère à son authenticité : j'aime mieux admirer les gothiques mausolées des grands Scaligers. Yérone est de la plus haute antiquité : c'est la première ville de second ordre de Fltalie; et de sa splendeur romaine il lui reste une magnifique arène complète au dedans. C'est la seule que j'aie vue; et à part ceux de l'Asie, qui sont fort rares du reste , j'ai vu presque tous les théâtres construits par les vainqueurs du monde.

Les Autrichiens ajoutent chaque année aux fortifications de cette grande ville; mais, soit par oubli, soit par un sentiment d'orgueil mal placé, ils n'ont pas réparé les stigmates des fusillades françaises lorsque nos armées s'en emparèrent. Il est vrai de dire qu'ils nous l'ont reprise, ou plutôt qu'elle leur a été rendue.

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