‹ Un an sur les cheminsChapitre 7 sur 24 · H LA SABINE · texte numérisé non relu

H LA SABINE

une nouvelle source de prospérité* pour la ville dépossédée si (m la lui restituait j car qui ne ferait (h-A\\ cents lieues pour voir la Madonna di Fol i g no !

Je me remis en route par un beau matin, et j'fntrai dans une plaine immense bornée de toutes parts à des distances infinies par des montagnes bleuâtres, sur lesquelles apparaissent des villes et des bourgades toutes blanches; la route est bordée de villas délicieuses, parfaitement en liarinonie avec cette contrée enchanteresse ; et l'on passe sous les murs de Spello, bourgade fortifiée, riche en peintures du Pérugin, et à qurl- (jne distance d'Assise, célèbre par son fameux ordre de Saint-François, et plus célèbre pour les artistes, grâce à sa cathédrale toute couverte de richf?s peintures de Giotto.

La métropole de l'ordre, la chiesa di Sancla Maria degli y/ngelif est au milieu de la plaine déserte, comme une reine abandonnée. Sa coupole, élevée par Bramante, est d'une grande hardiesse, mais je n'ai pu juger du mérite des vastes

l'ombrie, etc. 445

nefs, car elles étaient encombrées d'échafaudages et de maçons qui semblaient plutôt démolir qu'édifier ou restaurer.

Pérouse, bâtie en amphithéâtre sur une haute montagne^ domine un des plus beaux paysages du monde ; la vue, de toutes parts, plonge sur la réalité d'un de ces décors d'opéra faits à grand renfort d'imagination pour les féeries merveilleuses : au sud-est, c'est la Spoletana et toutes les campagnes que nous venons de parcourir, avec de grands horizons de montagnes dans une teinte d'azur j au midi, la grande vallée de Pérouse sillonnée par le Tibrej et vers le couchant, les coteaux du Trasimène et les bassins d'Arezzo et de Florence. Une végétation superbe couvre cette immense étendue de pays, et l'on commence à revoir des arbres magnifiques, si rares dans l'Italie méridionale.

Pérouse est une ville assez grande, pleine de

vieux palais et d'églises. Les architectes n'y

dépensèrent pas leur génie, mais en revanche les

peintres l'ont comblée de merveilles : ie nombre n. 10

Page 1