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des tableaux précieux qu'elle renferme est infini . Pietro Vanucci, plus connu sous le nom de Pérugin, le maître de Raphaël, brille dans sa ville natale d'un éclat merveilleux. Ou ses compatriotes l'estimaient beaucoup, ou il ne fut point un fils ingrat, car les églises, les couvens, les palais et le fameux Cambio sur la place publique, sont remplis de trésors du maître ; aussi les heureux Pérusiens , dans leur admiration pour le Vanucci , se bornent-ils à dire : Nostro Pietro î — Quel éloge !
C'est à Pérouse que s'écoulèrent les premières années de la vie de jeune homme du Sanzio : c'est là qu'il étudia si ardemment dans l'atelier du vieux Pierre j et j'ai vu quelque part que c'est à la passion qu'il conçut pour une jeune fille de Pérouse, passion qui fat partagée, qu'on doit cette admirable tête si poétique et si naïve tant de fois reproduite par le Vanucci et peinte aussi par flaphaël, à gauche, dans son Mariage de la Vierge , qui se trouve dans la galerie de Milan.
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J'ai toujours eu un penchant irrésistible pour l'école du Pérugin : ma foi chrétienne se réveille en face de ces anges si candides et si beaux, nageant dans des rayons d'or ou dans l'azur crû des nuaffes. On sent devant ces vieilles toiles éclatantes qu'une pensée du ciel animait ces sublimes ouvriers, hommes modestes qui croyaient à tout, hormis à leur talent j et plus on avance ' dans la vie, plus le doute voltairien s'évanouit, plus Famé s'épure, devient meilleure, et plus elle veut se rattacher aux croyances célestes. Eh bien, je crois que les saints tableaux d'Ange de Fiésole, du Giotto, du Ghirlandajo, du Buonfiglio, du Pérugin et de la première manière de Raphaël, valent mieux pour l'accomplissement de cette œuvre que la faconde hautaine et l'intolérance du plus grand nombre des ministres du culte catholique.
C'est à Pérouse . qu'il faut aller pour bien apprécier cette école si pleine de sentiment. Cette qualité est si grande chez ces peintres , qu'elle efface presque la sécheresse habituelle
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de leur pinceau : c'est là que nos peintres modernes qui nous font de si laids visages devraient aller étudier la beauté physique. Je recommanderai toujours aux voyageurs d'aller à Rome par cette route, de préférence à celle de Sienne et de Yiterbe ; elle est plus longue, il est vrai, mais combien aussi n'offre-t-elle pas de plus admirables choses !
Pérouse est fort ancienne; c'était une des grandes cités des Etrusques, et sa fondation remonte, selon quelques vieux auteurs, au Troyen Perusiojraais cela nous importe peu. Sous la domination romaine elle soutint de rudes guerres et dut souvent sa conservation à sa position inexpugnable : elle n'est pas aussi riche en ruines romaines que me l'avaient fait espérer les itinérâleurs , cette race étonnante née en Italie ; mais elle est riche en églises et en tableaux de la renaissance de Fart y ce qui vaut beaucoup mieux assurément.
Les habitans de Pérouse sont d'une bonté et d'une urbanité extrêmes : on voit qu'on est déjà
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chez les Etrusques, ce peuple qui, malgré de longues dominations et de cruelles vicissitudes , a conservé un si noble caractère. Les races y sont fort belles : les femmes des hautes classes surtout sont remarquables par la fraîcheur de leur carnation ^ les hommes semblent fiers , et tous portent la moustache et la barbe à l'espagnole , singularité qu'on ne retrouve nulle part en Italie.
Je quittai cette charmante ville qui mérite toute l'attention des artistes , et je me dirigeai par un pays délicieux vers le lac de Trasimène.
Je voulus marcher à pied dans le défilé célèbre ; cela surprit le marquis de Laval , mon compagnon de voyage. — C'est ici qu'Annibal vainquit le consul Flaminius, lui dis-je, et vraiment je crois que je ne pense pas à cette sanglante bataille sans éprouver une émotion extrême; puis , dans ma jeunesse , Alexandre-le-Grand et Annibal étaient mes deux gloires dt prédilection. Il descendit aussi, et nous examinâmes curieusement ces lieux qui avaient été baignés de sang.