CHAPITRE XIII
jouets vendus clans ces magasins étaient de provenance allemande, et, à peine exposé, l'étalage tout entier eût couru le grand risque d'être mis en pièces par les passants. Les baraques mêmes qui parurent cette année-là sur les boulevards ne contenaient que des jouets appropriés à la circonstance et ayant un caractère militaire, des fusils, des canons, etc. C'était chose touchante, dans les années qui suivirent, d'entendre garçons et fillettes parler entre eux avec une sorte de terreur respectueuse du i" janvier 1871, « du Jour de l'an sans étrennes » !
Il ne faudrait pas croire pourtant que Paris s'abîmât dans la mélancolie pendant ces deux jours de fête La foule encombrait les rues et remplissait les cafés. Malgré ce qu'en ont dit des écrivains ultra-patriotes , je suis porté à croire que les Parisiens ne conservaient plus dès lors aucune illusion sur la possibilité d'un retour de la fortune des armes, mais beaucoup d'entre eux croyaient encore que les assiégeants reculeraient devant le bombardement de Paris. Le gouvernement, soit pour réconforter les assiégés, soit pour épuiser plus promptement son stock de provisions et se préparer une capitulation plus honorable, le gouvernement offrit à la ville affamée de splendides étrennes se composant de :
104.000 kilogrammes de bœuf conservé ; 52.000 — de haricots secs ;