‹ Un anglais à Paris (volume 2)Chapitre 20 sur 200 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

mieux encore, et sans l'avoir jamais vu. Je veux parler d'Hablot Browne, qui, inconsciemment, l'a fait revivre dans le caractère de Tom Pinch.

C'était aussi le plus agréable compagnon du monde ; je ne lui ai jamais entendu prononcer une parole aigre ou acerbe. Tout en le reconduisant chez lui, lors de notre rencontre près du Palais-Bourbon, j'en vins à lui dire : « Vous devriez être content, \^ictor Hugo est dans le même régiment que vous. — Oui, me répondit-il, il est dans la musique. »

Il ne consentit jamais à accepter une pension de Louis-Napoléon, mais il ne gardait contre lui aucune amertume. Lamartine, par contre, était des plus amers, et cependant il ne se refusa pas à voir le nom de l'Empereur en tête de la liste de souscription ouverte en sa faveur (i). Ce seul fait trace entre les deux hommes une ligne profonde de démarcation.

(i) Une rectification est encore ici nt'^cessaire. En réalité, l'offre deux fois faite par Napoléon III de payer sur sa cassette les dettes de Lamartine fut par Lamartine deux fois refusée. On peut trouver que le poète consentit trop aisément, dans sa détresse, à s'adresser au pays, mais il ne voulut jamais s'adresser qu'au pays. Le Comité de la loterie, puis de la souscription de Mâcon, en 1858, ne demandait au gouvernement qu'une autorisation administrative. En 1860, le Conseil municipal de Paris offrait au poète pour résidence une villa au bois de Boulogne; en 1868, une loi votée par le Corps législatif lui accordait, à titre de récompense nationale, une rente de vingtcinq mille francs : ni l'un ni l'autre de ces deux actes n'apparaît avec le caractère d'une libéralité personnelle de l'Empereur.

{Noie du Traducteur.)

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