CHAPITRE IV. loi
Paris sous une régence, aurait été plus prospère qu'il ne l'avait faite. Et on est bien obligé de reconnaître qu'alors, quoi qu'il en fût de tout le reste, la prospérité matérielle de la France, du moins, n'était pas illusoire; aux jours dont je parle, la terrible conclusion était encore lointaine, et, comme je l'ai dit déjà, il n'y avait peut-être pas un millier d'hommes en Europe qui en eussent soupçonné la destinée tragique; mais, sur ce nombre, peut-être bien s'en trouvait-il une vingtaine à Compiègne au moment même oii l'Empereur, dans un break de la plus irréprochable élégance, traversait la cour du château parmi des acclamations d'une foule enthousiaste.
Le jour de l'arrivée de l'Empereur, — le train l'amenait à quatre heures à Compiègne, — il n'y avait ni grand dîner, ni réception du soir au château. Les autorités civiles et militaires de la ville allaient à la gare présenter leurs souhaits de bienvenue au couple impérial ; les gardes des forêts de Compiègne et de Laigne étaient reçus par Sa Majesté qui, généralement, les retenait à dîner, pour l'organisation du programme de la saison ; mais les fêtes ne commençaient que le second jour, avec la venue de la première bande d'invités qui débarquait au château vingt-quatre heures exactement après ses nobles hôtes.