CHAPITRE V
La société sous l'Empire. — Les séries de Compiègne. — Représentations théâtrales, leur prix. — (( L'épaule ou l'épaulette. » — Les cocodettes. — Le Diable à quatre à Compiègne. — La chasse au cerf. — M. Hyrvoix et M. Boittelle; leur disgrâce respective. — L'Impératrice à Saint-Lazare.
Les invitations se divisaient en cinq séries ; chacune des séries composée de quatre-vingts à quatre-vingtdix invités séjournait quatre jours pleins, non compris celui de l'arrivée et celui du départ.
Les divertissements étaient uniformément les mêmes pour chaque série. Le soir de l'arrivée après le dîner, on jouait des charades qui se terminaient par une sauterie. On dansait simplement au piano, ou plutôt à l'orgue-piano. Cet instrument, le premier de ce genre que j'aie vu, s'il m'en souvient bien, était en tout semblable à ceux qui, de nos jours, font les délices des enfants dans les rues de Londres. Les représentants du sexe fort, mais non pas toujours les plus jeunes, tournaient à tour de rôle la manivelle. Si mécanique que fût cette tâche, elle exigeait pourtant de l'oreille et un certain sens de la mesure, qualités plus rares qu'on ne pense, paraît-il. Rien de plus comique que de voir un grave ministre d'Etat déroulant avec solennité les airs les plus tintamarresques et vertement rappelé à l'ordre pour son incapacité musicale. Le plus coupable en l'espèce, le plus désespérant,