‹ Un anglais à Paris (volume 2)Chapitre 84 sur 200 · CHAPITRE VII. 1Ô · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. 1Ô

était orné de médaillons d'après Lancret et Watteau. La salle historique de l'Œil-de-Bœuf, qui précédait les appartements de Sa Majesté, transformée en salon de réception, était exclusivement réservée aux hôtes impériaux et à leurs invités, car, outre le couple royal d'Angleterre, un ou deux princes étrangers, notamment le prince Adalbert de Bavière, se trouvaient là.

Le bal eut lieu dans la fameuse galerie des Glaces, à la transformation de laquelle l'Impératrice elle-même avait présidé, s'inspirant de la gravure bien connue : Une fête sons Louis XV. Partout encore, des roses à foison, mais cette fois les guirlandes, descendant du plafond , venaient relier les quarante lustres splendides qui, ajoutés aux appliques des murs, apportaient à la fête l'éclat de plus de trois mille bougies. A chacun des quatre angles de la vaste pièce, on avait organisé un petit orchestre , surélevé et entouré d'un grillage doré.

A dix heures sonnant, ces merveilleux jardins s'éclairèrent soudain du reflet des fusées et des flammes de Bengale donnant le signal du feu d'artifice, dont le bouquet représentait le château de Windsor. La lumineuse évocation disparue, l'Empereur ouvrit le bal avec la Reine, l'Impératrice lui faisant face avec le prince Albert. A vrai dire, en dépit de leur royal exemple, on dansa peu. J'étais bien jeune alors, mais tout ébloui du spectacle enchanteur qui se déroulait devant moi et des toilettes somptueuses qui m'entouraient, je restais sourd aux rythmes entraînants qui en toute autre circonstance m'auraient absolument enlevé, et je crois bien que je fus imité en cela par la plupart des invités.

La Reine reprit le lundi la route de l'Angleterre.

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