‹ Un anglais à Paris (volume 2)Chapitre 85 sur 200 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Le maréchal Vaillant. — Sa clairvoyance, son économie, sa simplicité. — Son aventure avec le prince de Canino. — Audiences comiques. — Le service militaire, les conseils de revision, tours de passe-passe. — Un phénomène électrique. — Brusca, favorite du maréchal. — Aversion de celui-ci pour le faste et les grandes réceptions officielles. — Plaisante altercation avec le général Picard.

Deux ou trois jours après le bal de Versailles, j'allai au ministère de la guerre, voir le maréchal Vaillant, et le remercier de la bonté qu'il avait eue de m'envoyer une carte pour la revue du Champ de Mars. Nos relations avaient déjà près de deux années de date. Elles avaient commencé chez le docteur Véron, qui habitait à cette époque au coin de la rue de Rivoli et de la rue de Castiglione. Le vieux brave dépassait alors la soixantaine; il avait conservé une excellente mémoire et possédait sur les tranche-montagnes du premier Empire et les beaux de la Restauration, tout un répertoire salé d'histoires de garnison qu'il servait volontiers. Son vocabulaire, fréquemment emprunté à Rabelais et à Molière, ne manquait certes ni de vigueur ni de pittoresque; mais ne reculant pas devant l'expression crue, il appelait volontiers un chat un chat; aussi ne puis-je guère donner dans ces notes d'échantillons de son talent de conteur. Lui-même, à coup sûr, n'était ni un tranche-montagne ni un beau ;

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