‹ Un anglais à ParisChapitre 123 sur 161 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Louis-Philippe et sa famille. — Ses rapports avec la bourgeoisie. — Le faubourg Saint-Germain déserte les Tuileries. — A propos de la Marseillaise. — Les fils du roi. — Une plaisanterie du prince de Joinville. — Le duc de Nemours miniaturiste et aquarelliste.

— L'atelier d'Eugène Lami. — Popularité du duc d'Aumale. — Une curieuse histoire de spiritisme. — Le duc d'Orléans, sa mort.

— Les républicains jugés par un pick-pocket.

Comme on le verra par la suite, j'ai été le témoin oculaire de bien des incidents de la révolution de 1848; beaucoup d'autres m'ont été racontés par des amis, dont la véracité était et est encore au-dessus de tout soupçon. Nous n'avons pu, ni les uns ni les autres, trouver à ce soulèvement un véritable et plausible motif politique. Peut-être est-ce parce que nous étions affranchis des préjugés engendrés par ce que, faute d'un meilleur terme, j'appellerai le sentiment dynastique. Sans nous aveugler sur les fautes de Louis-Philippe, nous nous refusions à les considérer à travers les lunettes que nous offraient tour à tour les légitimistes, les impérialistes et les républicains. L'exemple suivant prouvera jusqu'à quel point ces lunettes étaient propres à augmenter la puissance de vision du peuple.

J'ai devant moi quelques cahiers de papier in-quarto cousus ensemble de façon assez grossière. C'est, sous forme de scène dialoguée, une satire manuscrite raillant l'habitude bien connue qu'avait le roi de serrer la main à

Page 1