CHAPITRE IX
criait à tue-tête : « Vive Louis-Philippe ! A bas la République ! » En règle générale, les seigneurs de ce métier inclinent plutôt du côté de la plèbe, et un des agents supérieurs de la police qui le surveillait de près lui demanda, assez surpris, la raison de cette apostasie : « Je suis dégoûté de vos républicains, répondit Mimi-Lepreuil , je viens ici tous les matins, — la scène se passait place de la Bourse, — et je fouille plus de vingt poches sans y trouver un rouge liard. Aux funérailles du général Lamarque, sous la révolution de Juillet, je n'ai pas fait mes frais. Donnez-moi un beau cortège royal pour faire de l'argent. » Cette singulière profession de foi politique a du moins le mérite de la sincérité.
A peine peut-on conjecturer la conduite qu'aurait tenue le duc d'Orléans, s'il avait vécu pour régner. Une chose est certaine, c'est que le jour de sa mort, des larmes sincères coulaient des yeux de tous les Français, les légitimistes exceptés. Comme je l'ai dit déjà, ils affectèrent de voir dans ce fatal accident le juste châtiment de Dieu, vengeant sur le fils le crime d'usurpation commis par le père. « S'il en est ainsi, dit fort irrespectueusement, mais non sans esprit, un journaliste de l'époque, s'il en est ainsi, votre Providence fait preuve de bien peu de prévoyance, car désormais elle aura à maintenir la paix entre le duc de Berry, le duc de Reichstadt et le duc d'Orléans. »