‹ Un anglais à ParisChapitre 30 sur 161 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Alexandre Dumas père. — Le docteur Véron et son cordon bleu. — Dumas cuisinier. — Un curieux procès musical. — Les relations de Dumas avec la famille d'Orléans. — Ses essais de vie politique. ■ — Sa prodigalité. — Le père et le fils.

Un de mes meilleurs souvenirs est celui de mes relations avec Alexandre Dumas. Pour citer ses propres paroles, « partout où il rencontrait un Anglais, il se faisait un devoir d'être particulièrement aimable pour lui, s'acquittant ainsi de sa dette de reconnaissance envers Shakespeare et Walter Scott ». Je doute au reste que Dumas eût jamais pu, de propos délibéré, se rendre désagréable à personne; même étant provoqué, il s'arrangeait pour désarmer son adversaire sans le blesser, avec une épigramme.

Un soir, un professeur d'une université de province, amené par Roger de Beauvoir, dînait au Café de Paris. Il portait en épingle de cravate un magnifique camée qui excita l'admiration générale, et particulièrement celle d'Alexandre Dumas, qui le reconnut aussitôt pour un Jules César.

« Etes-vous archéologue? lui demanda le professeur.

— Moi, répliqua Dumas, je ne suis absolument rien.

— Cependant, vous avez reconnu tout de suite que c'était un Jules César.

— Ce n'est pas très étonnant, César a essentielle-

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