‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 10 sur 316 · CHAPITRE n. — SAINT JOSAPHAT BT LÉON SAPIEHA · texte numérisé non relu

CHAPITRE n. — SAINT JOSAPHAT BT LÉON SAPIEHA

t Révérendissime Père en Dieu, archevêque de Polock, com- « mence Sapieha, je ne voudrais engager avec Votre Grandeur « ni correspondance, ni controverse d'aucune sorte, voyant que c vous êtes tenace dans vos opinions et qu'aucune raison ne vous « en fait changer. Mais afin que vous ne triomphiez pas de mon « silence, car celui qui se tait semble consentir *, je suis forcé, « bon gré malgré, derépQndre àla lettre inconsidérée de Votre € Grandeur.

« Il est vrai que je suis moi-même promoteur de cette Union c et qu'il serait indigne de Tabandonner ; mais aussi ne m'est-

< il jamais venu à la pensée que vous puissiez y amener les c gens par des moyens si violents. Dieu lui-même appelle tout « le monde à sa suite, mais avec douceur : Venez tous à moi, « dit-il *. Il n'a pas besoin qu'on lui procure des serviteurs par € force, et il ne faut pas en recevoir de cette façon. Déjà, grâce

< à vos efforts inconsidérés, vous avez excité et contraint les « Moscovites à Tindigaation et à l'oubli du serment prêté au « prince royal. Il est difficile de le nier, car leurs plaintes « adressées aux sénateurs, tant du royaume que de la Lilhua- « nie, en font foi.

« Que peuvent faire espérer les querelles de Votre Grandeur M avec les schismatiques (surtout lorsque la patrie expose la « plus grande partie de ses forces au dehors contre Tennemi « de Dieu], sinon la discorde intestine, les troubles civils, la « démoralisation des troupes qui accompagnent le prince royal, « et plus tard (que Dieu nous en garde 1) l'invasion du païen. « N'avons-nous pas entendu et n'entendons-nous pas les cla- « meurs delà populace insensée ?Elle préférerait, dit-elle, se « soumettre au Turc que de souffrir une pareille oppression « dans sa foi et son rite.

« En ce moment même, des menaces très réelles des Cosa- « ques m'amènent à presser Votre Grandeur de s'accommoder « aux circonstances et de ne pas oublier le proverbe : Ilâte- « toi lentement '. Les missives des Cosaques sont pleines de « menaces et pleines aussi d'outrages pour la majesté de Dieu

1. Quitacet consentire videtur. — Nous mettons en note les citations latines dont la lettre de Sapieha est hérissée.

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