‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 107 sur 316 · V. ces lettres ap. Susza, p · texte numérisé non relu

V. ces lettres ap. Susza, p

2. Cette lettre se trouve dans Koyalowitch, L'Vnion lithuanienne ecclé* siastique, t. II, p. 366-373. Rutski avait consulté Smotrycki, de la part de la Propagande, sur les moyens de convertir les Grecs, d'Orient. La réponse tle Smotrycki est intéressante. cLes Grecs, dit-il, ont de si fausses idées « de la foi romaine ; ils sont tellement irrités par les souvenirs des incursions « des Latins, qu*il n'est pas facile de trouver un moyen pour les amener à < nn accord, comme Ta prouvé l'expérience de Michel et de Jean Paléot logue, qui avaient cependant les patriarches pour eux. Si quelqu*un « veut le tenter, qu'il l'essaie : pour moi, je crois la chose impossa)le. J> Il énumère ensuite les difficultés qu'il voit à cette réunion. « Cependant « ajoute-t-il, il ne faut pas désespérer. Dieu peut faire en un instant ce « que ne peuvent faire espérer de nombreuses années de travail. 11 a eu « pitié de moi, pourquoi ne Taurait-U pas de tout ce peuple ? » Tant que la Ruthéniene sera pas entièrement convertie, il n'y aura rien à espérei;

après, dans la sixième semaine du carême selon les Grecs, Smotrycki se rendit en Ukraine, àGrodek, petite ville appartenant au monastère des Cryptes de Kiew.

Mohyla, récemment nommé archimandrite, s'y trouvait avec le métropolite Borecki, les évoques de Luck et de Chelm et quelques autres dignitaires du 'clergé schismatique, pour entrer en conférences avec Smotrycki ; et tout fut encore réglé selon les désirs du négociateur. Il fut convenu que Borecki convoquerait un synode à Kiew pour la prochaine fête de TÂssomption. On n'osa pas s'éloigner encore del'usagefunestelqui livrait cesassemblées aux caprices des laïques. Borecki devait les y inviter, ainsi que tous les ecclésiastiques, sans distinction de rang ni de dignité ; mais, pour préparer les voies aux grandes mesures que Ton méditait, Smotrycki fut chargé d'exposer dans un écrit spécial l'objet du concile. Il devait exhorter tous les fidèles à s'y rendre dans un esprit de charité et de paix, pour chercher ensemble les moyens de rétablir l'unité en Ruthénie, sans porter préjudice aux droits, aux privilèges et à la foi de rEglise orthodoxe. Smotrycki fut invité spécialement à rendre publiques les Considérations qu'il venait d'écrire sûr les points controversés entre les Grecs et les Latins.

La confiance que Borecki et les autres prélats réunis à Grodek venaient de lui témoigner, exalta encore les espérances du nouveau converti. Il revint joyeux à Derman et se mit aussitôt après Pâques à composer V Apologie de son voyage en Orient- Tel est le titre du livre qu'il écrivit pour répondre aux intentions de Borecki, le plus important qui soit sorti de sa plume. Mélétius y prend occasion des attaques dirigées contre lui à &on retour d'Orient, pour examiner à fond l'état de l'enseigne- ^ ment théologique en Ruthénie. Le principal motif de son voyage

a été son désir de remonter à la source d'où la foi avait coulé sur la Ruthénie. Il espérait connaître enfin par ce moyen ce qu'il devait croire et enseigner. Le plus grand malheur qai puisse arriver à un peuple est de tomber dans l'hérésie ; et de faux docteurs l'ont semée à pleines mains au sein de la nation ruthène. Tous les théologiens qui ont surgi depuis l'Union de

pour la Grèce ; et ce serait folie de penser à la Moscovie et à la Grèce avant d'avoir achevé la réunion des Ruthènes. c Sans la Ruthénie, on ne « pourra rien faire au mont Âthos », foyer de la vie religieuse en Grèce.

Page 1