CHAPITRE IV. — CUUTE DE MÉLÉTIUS SMOTRYCKI
ques étaient postés en embuscade sur la route de la Wolhynie. Le château de Kiew eût offert un asile sûr, mais le commandant était absent. Dans la ville, tout autre que lui, Smotrycki^. eût trouvé un abri dans un des couvents latins ; mais le bruit courait déjà qu'il s'y était retiré ; et il n'en fallait pas davantage pour soulever la multitude qui emcombrait les rues d& Kiew, et provoquer d'affreuses violences contre les catholiques.
Smotryckl aux abois écrivit à Borecki pour faire un dernier appel à sa conscience. Il demandait encore une fois à ne pas être condamné sans être entendu. Le malheureux prélat remit en pleurant cette nouvelle lettre à son diacre. L'obstination avec laquelle on lui refusait l'entrée du concile nourrissait ses illusions ; et il était convaincu que si l'assemblée voulait l'entendre, il parviendrait à confondre Kopinski et les schismatiques, et à se préserver lui-même d'une condamnation. Les'« prières de Smotrycki trouvèrent de l'écho dans le concile, dont beaucoup de membres étaient la veille ses protégés oa ses amis. Des voix nombreuses demandèrent qu'il fût entendu; mais Kopinski et les siens entraînèrent Borecki : « C'est à « Satan, s'écria le métropolite^ et non pas au concile de con- « férer avec Smotrycki*. »
Pendant que l'on discutait aux Cryptes, le chef des Cosaques^ de Kiew vint à Saint-Michel, pour mettre le comble aux angoisses du malheureux Smotrycki, en Taccablant d'injures et do menaces. « Mes soldats et moi, lui disait- il, nous avons con- « quis notre religion avec du sang; nous la défendrons, s*ir « le faut, avec du sang ; et nous vous en demanderons à vous « et à tous ceux qui mépriseront et trahiront notre foi.» — « L'affaire étaitchaude hier avec les popes, se disait Smotrycki « en l'écoutant ; avec ces hommes, ce sera pire encore » ; et il ne lui répondit que par quelques douces paroles. Le Cosaque venait de sortir , lorsque Borecki arriva à l'improviste, suivi des trois évêques ; et, sans entrer dans le monastère, il se rendit aussitôt à l'église. Les Cosaques et la populace l'avaient déjà envahie, et le métropolite ne parvint à les faire retirer qu'en leur promettant d'être sans pitié pour l'ennemi de leur foi.