Susza, Vita Melel* Smoir, p
•2. Ces gentilshommes s'appelaient Etienne Litynski et Jean Stetkiewicz.
aAIST JOSAPHA.T. — T II. 11
comme eux dinstruire un archevêque en matière de foi, mai* ^ k l'archevêque d'enseigner des laïques. Cette observation û'eûi
^ pas été comprise. Dans l'Église schismalique.tcs laïques, quai^J
f ils étaient nobles et puissants, se croyaient aussi capabîefi *ip
gouverner que les évêques. Evitant ce point délicat, Smoirjcki supplia ses trois interlocuteurs de ne pas l'exposer injuste-
I mciiL au mépris de toute la nation. Son écrit pouvait être arr^t^
jusqu'à ce que le synode l'eût examiné et eûtindi |ué lespaiots dignes de censure. Mais il parlait à des sourds. Après de lor.^s débats, tous ces gens se retirèrent, la colère sur le visage €l h menace à la bouche. Ils n'avaient rien gagné en apparence, cependant leur victoire était prochaine.
Une heure environ après leur départ, on vint apporterai Saint-Michel la formule de rétractation que le concile imp-is ii à Smotrycki, avant de l'admettre dans son sein. Le malheureux archevêque avait fait bonne contenance devant les envoy*?de la noblesse et des Cosaques ; mais leurs menaces ^elenti^' sai<Hit toujours à ses oreilles, et déjà la ptur agitait violerameni son àme. La nuit était venue et les ténèbres avec elîe, La ville était pleine de gens sans aveu, le monastère sans défem^enrs, les magistrats inactifs ou impuissants, tout favorisait un coup de main.
Smotrycki se vit perdu, il prit la formule de rélraclation, et
I la parcourut des yeux. Elle était pleine d'erreurs grossiLTes,
Alors la conscience de l'infortuné parla encore plus haut qEê la pRur. Il ne voulut pas signer cette formule odieuse. ]1 s^
I mit a la corriger et effaça peu à peu tout ce qu'elle conlonaU de plus répugnant pour sa foi. 11 la recopia ensuite de sa maia ; puif5, au moment de signer, il eut un dernier retour de cûïi-
II rage. Il ne signa pas ; mais il envoya la pièce ainsi corrigée an concile. La chute de Smotrycki n'était pas consommée ; m^ia il roulait sur la pente rapide qui mène à Taposlasio.
Qtielques instants après le départ de son messager, le malheureux prit la résolution insensée de se rendre lui-même ani Cryptes pour les nocturnes de la fête de rAssomplion, qui allaient commencer. Ilsedisait, pour s*excuser lui-même, qitil parviendrait peut-être à apaiserses adversaires, quand il s^^nU en leur présence. Il arrive donc aux Cryptes et vient prendir sa place parmi le clergé dans l'église. Aussitôt il est enloun par les principaux meneurs du concile. On lui présente la for-
CHAPITRK IV. — CHUTE DE MÉLÉTIUS SMOTRYCKl 211
mule de rétractation; on le presse de signer et de prendre l'engagement de ne pas retourner à. Derman ; il refuse, mais en vain. On le presse de nouveau ; il invoque les droits de la conscience, à laquelle on ne peut imposer ce qu'elle condamne. Tout est inutile.
L'archimandrite Mohyla arrive à son tour et exhorte Smotrycki à la soumission. N'obtenant d'abord que des refus, l'archimandrite s'irrite, et une scène violente éclate au milieu même de l'église. L'office était déjà commencé, mais la fureur emporte tellement l'archimandrite, que sa voix domine celles des religieux. Les chants sont interrompus ; les imprécations et les cris de mort poussés par Mohyla remplissent l'église, et le peuple force l'entrée du sanctuaire pour prendre part à la lutte. Au milieu de cet effroyable tumulte, Smotrycki résiste encore ; mais de perfides amis luisuggèrent de céder. « Signez, « lui disent-ils, et, s'il le faut, vous rétracterez ensuite votre « engagement. »
Ce pernicieux conseil achève de lui troubler l'esprit. D'une main tremblante, il signe la rétractation de son Apologie et s'engage à ne plus retourner à Derman. Que ne se souvenait-il alors du courage montré par Josaphat dans ce même lieu et du respect que la fermeté du martyr avait imposé à la fureur des schismaliques 1 C'était l'heure de confesser sa foi au prix de sa vie. Si Smotrycki avait euje courage de répandre son sang sur le pavé de cette église où il avait reçu la consécration épiscopale au prix d'un sacrilège, il eût effacé à l'instant tous ses crimes et porté peut-être le dernier coup à l'ennemi que Josaphat avait terrassé. L^œuvre de Théophane eût été anéantie et laRuthénie acquise pour toujours à l'Église romaine ; mais, avili par de honteuses faiblesses, Smotrycki ne sut pas s'élever jusqu'à rhéroïsme du martyre. Il tomba.
Pour consommer son apostasie , le malheureux Smotrycki se mêla au clergé schismatique dans la procession qui suivit les matines. Le lendemain, il était encore dans le chœur de Féglise des Cryptes, assistant au saint §acrifice. Tout à coup, après l'évangile, il voit un moine monter à l'ambbn, et reconnaît son propre vicaire dans l'archimandrite de Vilna. Au même instant, le métropolite et le clergé, sortant du sanctuaire, viennent se ranger au milieu delà nef. L'archimandrite Mohyla leur distribue à tous des exemplaires de l'Apologie et
des cierges. Du haut de rambon, le vicaire lit la rétractation que Smolrycki a signée la veille, lacère et jette loia de luiVApologie. Borecki, assisté par Tévôque de Luck, lance ensuite ranallième contre ce livre et contre Cassien Sakowicz, converti à rUnion et coopérateur de Smotrycki. Puisil déchire à son tour VApologiSy renverse et éteint son cierge en signe de malédicUon, et tout le clergé imite son exemple.
Smotrycki assistait à cette scène avec stupeur, sans proférer un mot de protestation. Cette assemblée, sur laquelle il fondar tant d'espérances, ne tournait qu'à sa confusion, il avait renié sa foi, et il se trouvait de nouveau séparé de cette Église p>* maine, dans le sein de laquelle il avait juré de vivre et tle mourir. Tous ses rêves de conversion des scbismatiques étui u évanouis, et il avait ajouté un nouveau crime à ceux qui hi causaient depuis tant d'années de si cuisants remords. Apr^ la rétractation dé Smotrycki, il ne fut plus questioD de coDCi!^ et les prélats scbismatiques se séparèrent ; leur œu^Teéls accomplie *.