‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 125 sur 316 · CHAPITRE V. — PÉNITENCE ET MORT DE SMOTRYCKI · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — PÉNITENCE ET MORT DE SMOTRYCKI

àsL Pologne. Mais examinons les moyens que Smolrycki propose pour anéantir le schisme.

A son jugement, quand il s'agit des Grecs, et des Ruthènes -en particulier, un seul mode de conversion est possible, la force. L'ignorance d'une part, l'entôlement de l'autre, les rendent sourds à toutes les exhortations. Il faut les traiter, dans leur intérêt, comme des insensés ; car ils le sont devenus à force d'obstination. « Vous, qui êtes le chef de l'Église, écrit-il au « Pape, vous n'avez qu'à dire aux deux bras que vous possédez « dans cet illustre royaume de Pologne : que FUnionse fasse, et < l'Union se fera plus vite que la parole. » Ces deux bras, l'un spirituel, l'autre temporel, sont le roi et la noblesse d'une part, les évoques et le clergé de l'autre. La bonne volonté du roi était certaine, mais son autorité sur la noblesse était plus que limitée : aussi c'est par l'influence du pouvoir spirituel que Smotrycki veut décider les gentilshommes à établir l'Union.

« Qu'on ordonne, dit-il, en vertu de la sainte obéissance, à « tous les confesseurs de n'absoudre et de n'admettre à la « sainte communion aucun de ceux qui, soit en paroles, soit en 0 actions, oppriment les Uniates et aident le schisme. Tels sont € ceux qui patronnent, nourrissent et défendent les évêques « schismatiques, et sont par là fauteurs et promoteurs de ce ^ schisme maudit. Pour ces secours malfaisants, ils ne méri- « tent pas moins les censures ecclésiastiques que ces ouvriers 4L d'iniquité. Qu'on leur impose en outre, comme satisfaction « pour leurs péchés, d'aider l'Union et d'opprimer le schisme, « de chasser les évêques intrus des monastères qu'ils leur « ont donnés, de leur retirer tout secours matériel et toute c( protection, de ne souflfrir dans leurs propres domaines que <r des prêtres catholiques, et de placer les monastères sous la « juridiction des évêques uniates. Aussitôt la parole de Votre « Sainteté sera réalisée. Les colonnes étant renversées, tout € l'édifice s'écroulera. » Il est pénible d'enregistrer de pareilles révélations; mais, il faut bien le dire,. en Pologne on se croyait bon catholique tout en favorisant les ennemis jurés de FEglise ; et le zèle des confesseurs avait besoin d'être stimulé pour la répression de pareils scandales. Un seigneur pouvait couvrir de sa protection et payer de son argent les machinations d'un évéque schismatique, et approcher des sacrements avec la plus édifiante régularité.

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Frétons encare Toreille à Smotrycki. lia. im second moyen de conversion à nous expliquer, a La jeunesse ruthèjie schis- ^ malique, dit-il,- tant noble que plébéienne, étudie dans les n collèges d& la Compagnie de Jésus; il ne faudrait pas quelle « fiit contrainte à changer de rîtOi Même quand ces jeunes <r gens le veulent, il ne faut pas ie leur permettre, mais les déeia der au contraire à embrasser la sainte Union et à persévérer H dans leur rite. Nous aurons ainsi pour cette moisson du Sei- K gDBur des ouvriers qui propageront la sainte Union. C'est « aux maîtres d'incliner de ce côté la volonté de leurs élèves, <i Parmi cent raisons, ils en ont une très évidente et très solide ^i dans ces paroles de l'Apôtre : Si quelqu'un n'a pas soin avani tf tout de ceux de sa maison, il a renié la foi et est pire qu' 1 iv fidèle *. Ces jeunes gens ne peuvent pasdire qu'après avoir <( changé de rite ils secourront leur mère affligée, l'Ëglise arien ^ taie, aussi bien qu*en persévérant dans son obéissance. >

Smotrycki est ici d'accord avec tous les apologistes et tous les apiMres de TUnion. L'abandon du rite grec par la noblesse rnUiène ruinait les espérances de l'Église uniate. Urbain VUl avait vainement cherché à arrêter ce mouvement fatal. Le préjugé de la noblesse contre le rite grec était une force aveugle et put&sanie, contre laquelle l'autorité toute morale du Souverain Pontife venait se briser. Quant aux mesures énergiques conseillées par Smotrycki, elles ne furent jamais employées. L'Églisr uniate, nous ne nous lassons pas de le répéter, grandit gràceà la sueur de ses apôtres et au sang de ses martyrs, en dépit de l'hostilité des puissants du monde; mais la noblesse polonaise pay^^ra cher un jour son indifférence. Elle sera écrasée par U chute de cet édifice, auquel elle n'a pas daigné apporter sa pierre.

Smotrycki était réconcilié avec l'Église, mais sa place n'était pas encore fixée dans la hiérarchie catholique. En le recevant dans rUnion, Rutski demandait k Romes*il devait lui laisser le litre d'archevêque de Polock, ou l'attacher au service dune autre église soit comme pasteur, soit comme auxiliaire de l'èvéque. Urbain YllI ne trancha la question qu'en 1631. B envoya alors à Smotrycki, sur les instances de la Propagande, un bref d'absolution pour toutes les censures qu'il avait encoa-

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