CHAPITRE V. — PÉNITENCE IT MORT DE SMOTRYCKI
auquel le mourant voulait soumettre ses dernières volontés \ Smotrycki fît ensuite la revision d'une partie de ses ivres, -entassés dans deux coffres énormes. II mit de côté tous ceu qui sentaient le schisme ou l'hérésie, et, appelant le serviteur qui ■ avait soin de chauffer son appartement, il lui ordonna de les mettre dansile paéle,ealuL remettant dix florins de récompense • Ces livres alimentèrent le feu. durant deux jours, au gran d plaisir de rarchevéque, qui faisait<des actes de foi et d*amour, et témoignait sa joie de voir brûler ces écrits pleins de blasphèmes. Chaque semaine on apportait la sainte Eucharistie au malade, qui la recevait aveq une ferveur toujours plus grande. Son
• ami, le P. Kortyski, recteur du collège d'Ostrog, venait le visiter de temps en temps. A chaque fois, Smotrycki le priait d'entendre sa confession, et exprimait hautement sa joie de recevoir Tabsolution d'un prêtre latin. Cet acte était à ses yeux une abjuiration formelle de ses anciennes erreurs et une protestation de son attachement à TËglise catholique. Dans une de ces visites, il confia au P. Kortyski quatre volumes manuscrits, qui contenaient un catéchisme et différentes controverses de sa
•composition en langue rutbène. Ces écrits étaient destinés au métropolite Rutski '•
Vers le 14 décembre, Tarchevéque sentit que le dernier combat était proche et demanda l'extrême-onction. L'Ëglise grecque administre ce sacrement avec beaucoup plus de solennité
-que TËglise romaine. Sept prêtres se réunissent et chantent d'abord, avec l'assistance des diacres et du clergé, des hymnes
-6t des cantiques qui forment à eux seuls un office de longue durée ; puis ils procèdent à la bénédiction de Thuile sainte- Chacun d'eux oint ensuite le malade ; et chaque onction est précédée d^une leçon des saintes Écritures, d'un évangile, d'antiennes et d'oraisons pleines de grandeur. Enfin les sept prêtres
.prennent tous ensemble le livre des saints Ëvangiles et le placent sur la tête du malade en implorant pour lui le pardon de ses péchés^ au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Toute cette fonction est d'une majesté incomparable. Dans cet adieu
tsolennel, l'Ëglise grecque épuise les magnificences de sa poésie liturgique pour honorer ses. fils mourants, et toutes ses forces