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23^ SAINT JOSAPHAT. — LIYHE Tl
sanctificatrices pour les purifier avant de remettre leurs Âmes entre les mains de Dieu.
L'attitude de Smotrycki fut digne de cette pompe sublime. 11 reçut debout le sacrement de la mort, comme un voyageur intrépide qui réclame une dernière bénédiction avant son départ, mais qui n'éprouve ni faiblesse ni angoisse. Il commença lui* même la cérémonie, entonna les chants sacrés^ répondit am prières; et après chaque onction, il baisait en pleurant tes mains des prêtres. Autour de lui, ses religieux fondaient en larmes- Il les exhorta à persévérer dans la foi, dans la pratique des vertus et dans la piété, leur dit adieu et les bénit ; puis, ^ retournant vers Dieu, il ne voulut plus s'occuper que du ciel ^
Quelques jours s'écoulèrent et chacun d'eux emportait u lambeau de cette vie presque éteinte. Smotrycki comptait les heures qui le séparaient de la fin. Quand il la vit imminente, il voulut écrire au métropolite Rutski pour l'avertir de sa mm prochaine et le prier de venir lui rendre les derniers devoirs. Sa main tremblante ne put tracer que quelques lignes, et il dicta le reste à. un secrétaire. A mesure que ses forces décinaient, ^a patience, sa charité^ son oubli des injures, son am jf pour son monastère, ses saints désirs de la mort, se manifi^tèrent par des paroles de plus en plus ardentes.
Trois jours avant sa fin, le malade consentit à se mettre u lit ; et sur les instances réitérées de ses moines, il quitta le ciEice et la robe grossière qu'il portait toujours depuis de \ou* gués années, même durant son sommeil. Le vingt-sept décembre, on lui administra le saint viatique. Smotrycki appela ensuite quelques-uns de ses religieux, et les pria de lui mettr: dans la main, après sa mort, le bref que le pape Urbain Vlll lui avait écrit pour le relever des censures et lui donner k titre d archevêque d'Hiérapolis. Il tenait à emporter dans ii tombe le gage de sa réconciliation avec l'Église romaine, el on croit qu'il avait le pressentiment des merveilles que Dieu allait faire éclater sur son lit de mort. Quelques instants après, il expira doucement.
Après les premiers épanchements de la douleur, les moines^ lavèrent le visage et les mains dudéfunt * et le revêtirent c 'S
1, Suaia, Vit. Smotr, p. 337.
S. Les Grecs ne lavent jamais le corps des prêtres après la mort.