‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 130 sur 316 · CHAPITRE V. . — PÉNITENCE BT MORT DE SHOTRYCKI · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. . — PÉNITENCE BT MORT DE SHOTRYCKI

confondus etinquietç,. La simple vue de ce corps privé devVie leur prêchait la foi catholique avec une éloquence sans réplique. Le métropolite voyait un dessein particulier de la Providence dans la manifestation de ces prodiges au milieu même de cette province de Wolhynie, qui avait été longtemps le théâtre principal des intrigues schismatiques, à trois lieues d'Ostrog, cette citadelle de la rébellion en Ruthénie. Smotryi^ki recevait dans la mort cette grâce de l'apostolat, que Dieu lui avait refusée durant sa vie.

Quelques jours avant les funérailles, le miracle prit une forme nouvelle. Lamain de Smotrycki, restée jusqu'alors rigide et privée de sang, reprit tout à coup sa vigueur et sa flexibilité naturelle. On pouvait l'ouvrir, la fermer, remuer les doigts les uns après les autres, comme si l'archevêque eût été encore en vie. On lui était le bref sans peine, et elle le serraitde nouveau quand on le lui rendait, et des centaines de personnes firent librement ces épreuves.

Enfin, le 29 janvier, le métropolite Rutski célébra les funérailles, au milieu d'un grand concours de clergé et de fidèles. Le P. Kortyski prononça Toraison funèbre de Mélétius, fit ressortir le miracle de sa conversion par les mérites de Josaphat et les compara Tun à Saul et Pautre à Etienne : à Etienne la victime, à Saul le persécuteur, converti par celui auquel il avait donné la mort. Enfin le corps du serviteur de Dieu fut déposé dans Téglise presque à fleur de terre, afin qu'il fût possible de Texaminerde temps en temps. A l'époque des guerres cosaques, îl était encore sans corruption et tenait toujours le bref d'Urbain YIII à. la main.

Dans la crainte d'une irruption des schismatiques^ on l'ensevelit alors dans une fosse plus profonde ; mais cette précaution fut inutile. Les Cosaques et les Tartares passaient et repassaient aux environs de Derman , jamais ils n'approchèrent du saint lieu. Les Uniates restèrent paisibles possesseurs d'un monastère situé à deux lieues de la frontière cosaque, lorsque les bandits de l'Ukraine venaient piller et incendier leurs églises jusqu'en Lithuanie et en Ruthénie-Blanche. Du temps de Susza, les moines de Derman conservaient encore comme une relique la discipline de Smotrycki. Lescilicesavaient été mis en morceaux pour satisfaire la dévotion des fidèles, Dn seul était resté intact, parce que Rutski se l'était réservé.

fis SAINT JOSAPHAT. — LIVRE VI

Telle fut lafinde cet homme doué de talents extraordinaires, maïs faible, sans caractère, vingt fois infidèleà ses convictions. Au Heu de raconter les scènes sublimes qui couronnèrent sa yie, nous n'aurions à jeter sur sa tombe que des paroles de mépris, si le sang de saint Josaphat n'avait opéré le miracle de transformer cette àmeavilie. Smotrycki, rentré dansTEglise, ne fut ni un héros, ni un apôtre, mais un vrai pénitent. Ces! trop peu pour partager la gloire de saint Josaphat, pour être même associé à Rutski dans les annales de l'Eglise ruthène ; c'est assez pour garantir à sa mémoirele respect de la postérité.

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