‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 131 sur 316 · PRÉPARATIFS D'UNE LUTTE NOUVELLE · texte numérisé non relu

PRÉPARATIFS D'UNE LUTTE NOUVELLE

Pierre Mohyla, arcjiîmandrite des Cryptes de Riew, entreprend d'instruire le clergé schismatiqae. — Il envoie des jeunes gens étudier dans les écoles catholiques, et fonde un collège à Kiew. — Mohyla publie sa Profession de foi orthodoxe de VÈglise orientale, qui devient la base de l'enseignement chez les schismatiques. — Isace Kopinski, métropolite de Kiew à la mort de Borecki. — L'Ukraine perdue pour les Uniates. — Cinquième Chapitre général des Basiliens de la Sainte-Trinité. — Joseph Bakowiecki, évêque de Wlodimir. — Raphaël Korsak, évoque de Pinsk. — Méthodius Terlecki, évêque de Chelm. — Ses missions en Hongrie et en Esclavonie. — Mort de'Sigismond III (10 avril 1632). — Caractère de ce prince. — L'histoire injuste envers lui. — Premiers préparatifs pour l'élection de son successeur. — Diétines antécomitiales . — Coalition des hérétiques, des politiques, ennemis du clergé, et des schismatiques. — Instructions des nonces défavorables aux Uniates. — Ouverture de la Diète dite de Convocation (22 juin 1632). — Le duc Christophe Hadziwill maréchal de la Diète. — Le nonce apostolique Honoré Visconti. — Le primat Jean Wenzyk. — Rédaction de FActe de confédération. — Les coalisés exigent des concessions de la part des catholiques. — La cause de l'Union comme toujours peu populaire. — Une commission est nommée, sous la présidence du prince royal Ladislas, pour rédiger un projet d'accommodement — Intervention des Cosaques zaporogues. — Un projet d'accord est dressé. — Nouvelle agitation dans les diétines. — Odieuses manœuvres du duc Rad^iwill dans le Zaporoze. — Un orage se forme pour la Diète d'élection.

Avant même que Smotrycki fût descendu dans la tombe^ l'Église nniate avait vu commencer une nouvelle lutte, doùt elle ïie devait pas sortir entièrement victorieuse. Les dernières années du règne de Sigismond III sont calmes encore; mais, durant cette paix, les deux camps ennemis se préparent à la guerre. Après Tinutile tentative de Léopol, de part et d'autre, on renonce à toute idée de concession et d'alliance, et on cherche à se fortifier : les Uniates pour continuer plus vigou-

reusement leurs pacifiques conquêtes, les schismaiiques pour doûoer plus de cohésion et de solidité à leur parti, en prévision des luîtes qu'ils rêvent encore.

A toutes les époques antérieures,qu11s obéissent à Timpalsion d'OsLrogîiki, aux excitations des confréries ou aux appels de Smotrycki, les schismatiques n'ont qu'une chose en vue : la guerre directe, immédiate, à outrance. La plume elle-même n'est qu'une épée dans leurs mains, et ils la manient avee plus de violence que d'adresse. Les évêques ne sont que des capitaines de bandes indisciplinées ; et peu leur importe Tét&t du clergé, Tignorance du peuple, pourvu qu'ils atteignent rennemi, Mais un homme nouveau a surgi au sein de TËglise schismaliqae. Instruit, il comprend la nécessité de la science dans une église; sorti d'une souche princière et élevé dans les premiers rangs de la société orientale, il sent que le vice et la grossièreté des mœurs déshonorent un clergé et paralysent son influence; doué d'un esprit délié et d'une volonté énergique, il sait concevoir un dessein et l'exécuter promptement; et sa fortune, ses amitiés avec les plus grands seigneurs de son pays, lui mettent entre les mains tous les éléments de succès. Cet homme est l'archimandrite des Cryptes, Pierre Mohyla.

Le premier parmi les schismatiques, il se flatta de donner aux siens les armes qui assuraient aux Uniates une écrasante supériorité; et, pour mieux réussir, il envoya ses soldats se former k la lutte dans le camp même de leurs adversaires. Quelques jeunes gens, soigneusement choisis, parmi lesquels se trouvait un futur métropolite, Silvestre Kossow, allèrent étudier aux frais de Mohyla, non plus à Constantinople ou en Allemagne, mais dans les écoles catholiques, à Léopol, à Cracovie, et môme, dit-on, à Rome. Ils apprirent le latin, la philosophie, la théologie, et rapportèrent à Kiew les traditions et les méthodes des universités de l'Occident.

A leur retour, Mohyla voulut établir sous leur direction, près du monastère des Cryptes, un collège pour les enfants des nobles et des popes d'Ukraine. Mais la confrérie de Kiew possédait déjà une école, établie en 1588 par le patriarche Jérémie et honorée de plusieurs privilèges par ses successeurs. Cette institution n'avait fait que végéter, en dépit des libéralités dont elle avail été l'objet, et la fondation d'un collège aux Cr>*ptes lui eût porté le coup de mort. Une convention fut conclue entre

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