‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 136 sur 316 · CHAPITRE I. — PRÉPARATIFS D'UNE LUTTE NOUVELLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — PRÉPARATIFS D'UNE LUTTE NOUVELLE

quer toute la noblesse à TélectioD du roi, il annonça, pour le 22juin 1632, Fouverture de la Diète dite de convocation, qui devait, selon la coutume, déterminer Tépoque de rassemblée générale de TOrdre équestre et prendre les mesures nécessaires au maintien de la paix.

Les gentilshommes se réunirent aussitôt en diétines dans toute rétendue de la Pologne pour organiser les tribunaux appelés de deuil (Kapiur), espèces de cours prévôtales chargées de juger les causes urgentes durant rinterrègne, et pour nommerles nonces qui devaient former la Diète de convocation. Du premier coup d'œil, on vit dans ces assemblées que les protestants, tenus en respect par la main du vieux roi, relevaient la tête et se proposaient, selon leur coutume, de mettre à profit les embarras de la république pour rétablir leurs affaires. Ils avaient pris de loin leurs mesures ; et, comme pour leur rendre la partie plus facile, les catholiques, amollis par une longue paix et trop confiants dans leur force et leur nombre^ ne se préoccupaient pas de combattre un ennemi qu'ils croyaient vaincu sans retour. Les hérétiques n'eurent qu'à étendre la main pour retrouver leurs anciens alliés, les politiques jaloux du clergé et les schismatiques. Comprimés sous le dernier règne, ils attendaient tous avec impatience l'heure de la réaction. Elle était venue, et ils s'entendirent pour en profiter.

Les schismatiques firent grand bruit dans les diétines, surtout dans les provinces méridionales, et mirent en avant des prétentions exorbitantes. En lisant l'instruction donnée par la noblessede Wolhynie à ses nonces, on pourrait se croire revenu aux temps d'Ostrogski. Les gentilshommes ordonnent à leurs représentants d'exiger « que les bénéfices de la religion grecque « soient accordés à. un métropolite et à des évoques soumis au « patriarche deConstantinople, sacrés par lui, et choisis parmi « les gentilshommes du palatinat où sont situés ces bénéT « fices ».

On réclamait en outre « que tout ce qui était sorti de la règle « y fût remis et réparé ; et qu'à l'avenir aucune occasion ne « fût plus donnée à de pareils désordres ^ » Dans le langage du temps, ces formules un peu vagues équivalaient à une

i. Archives du s ,'0. delà Rtissie. Instruction des nonces de Wolhynie pour la Diète de convocation, 9 juin 1632.

demande d'éviction du métropolite Rutski et de ses sufiragants, au profit des schismatiques, et à la destruction du pacte de Brzesc. Les gentilshommes wolhyniens allaient jusqu'à déclarer m qu'ils ne consentiraient k aucune affaire, et par cela même « au couronnement, tant que cette pacification ne serait pas it accomplie », c^est-à dire tant qu'on n'aurait pas fait droit à leurs exigences.

Ces dernières paroles furent le mot d'ordre des alliés. Politiques, protestants, schismatiques, tous déclarèrent en arrivaai à Varsovie qu'ils ne s'occuperaient pas de rélectiou royale avaDiqueTon eût satisfait à leurs réclamations, et ils moîttraient des instructions qui leur prescrivaient cette conduite. De leur côté, les Cosaques Zaporogues envoyaient à la DièU un message pour demander « que la religion grecque fût lai&ste en paix par les uniates », et on sait ce que signi fiaient c^^ paroles dans leur bouche. On n'avait jamais vu, depnis de longues années, autant d'hérétiques parmi les noûces ; et i rouverture de la Diète, ils donnèrent la mesure de leor influence, en portant à la dignité de maréchal leur chef, le duc Christophe Radziwill *.

C'était un homme éloquent, résolu, qui possédait à la Tois Testime et l'affection de la noblesse, et qui avait su se mainlenir k un haut degré de crédit et de puissance malgré le roi défuni, Sfgismond l'abhorrait, à cause de son attachement à la foi calviniste et du souvenir de son frère Janus, le trop fameuT allié de Zebrzydowski dans la révolte de 1607*

La correspondance de Radziwill, publiée de nos jours, prouve qu'il rendait au roi cette antipathie, et qu'il nouait des intrigues à l'étranger, pour faire monter Gaston de France sur le trône de Pologne k la mort de Sigismond, au détrimeot du prince Ladislas. Ces manœuvres ont été connues par le mch narque ; et il fut confirmé par cette découverte dans sa résolution de ne jamais accorder de dignités à un homme qu'il regvdait comme un ennemi de sa maison et de sa foi.

\. V. Theiner, Monum, Polon. t. III, p. 395. Dépêches du nonce l?îsço» - -^ Solowiew, Histoire de Russie. U semble qu'U y eût deux ménages é * Cosaques, l'un qui fut entendu par le Sénat le 18 juin avant rouvertur* ^ ? la Dièle, lautre durant l'assemblée. En tout cas. Us étaient identiques i I tonût et la réponse fut la même.

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