‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 138 sur 316 · CHAPITRE I. — PRÉPARATIFS d'UNE LUTTE NOUVELLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — PRÉPARATIFS d'UNE LUTTE NOUVELLE

appels en cour de Rome, qui leur rendaient, disaient-ils, la défense impossible. Les évéques répondirent que ces questions ne pouyaient être réglées que par le Saint-Siège ou le concile provincial, et firent entrevoir Tespérance de quelques concessions. De ce côté, Torage resta suspendu jusqu'à la Diète d'élection.

Plus exigeants que leurs alliés, les protestants ne se contentèrent pas de bonnes paroles ; ils demandèrent le libre exercice de leur religion dans toutes les villes du royaume et pour toutes les sectes, sans exception ; l'abrogation des lois et des sentences portées contre cette liberté durant le dernier règne, et des peines sévères contre ceux qui la généraient à Tavenir. Ils allèrent même jusqu'à réclamer le partage des magistra. tures dans les villes entre eux et les catholiques, et l'attribution à leur profit de certains offices à la cour et dans le gouvernement. Ces concessions devaient être consacrées par une loi votée dans la Diète d'élection. En cas de refus, les hérétiques menaçaient d'en appeler aux armes. La ligue protestante triomphait en Allemagne. Gustave-Adolphe, victorieux, occupait la Silésie, et il pouvait mettre son épée au service de ses coreligionnaires.

Ces prétentions exagérées, encore plus, peut-être, que les efforts du nonce et des évoques, réveillèrent le zèle des catholiques. Dans une assemblée tenue chez le primat, ils protestèrent qu'ils ne souffriraient aucune extension de l'hérésie au préjudice de la religion de leurs aïeux, et qu'ils repoussaient les demandes des protestants. Cette réponse fut si énergiquement accentuée que les hérétiques n'osèrent pas insister. Contre toute espérance, le duc Radziwill contint les plus ardents. L'influence du prince Ladislas était déjà visible. Le futur roi de Pologne avait intérêt à hâter son élection et à maintenir la paix entre ceux qui devaient être demain ses sujets.

Contraints à reculer, les protestants se rabattirent sur l'Acte de la confédération et exigèrent que le trop fameux article sur la liberté de conscience fût rédigé dans des termes plus larges encore que de coutume. Des députés furent nommés de part et d'autre pour le dresser, et, malgré une longue résistance, les représentants des catholiques laissèrent passer une clause qui mettait à néant toutes les sentences ayant force ou apparence de loi, rendues, sous le règne précédent, contre la sécurité et la

'paix des dissidents. Elle garantissait, en outre, rexercicepnbîic 4es cultes protestantes dans les villes royales où les hérétifuj avaient des temples, et étendait pour les autres villes le ûtgïi d'exercice privé dans les maisons des gentilshommes*

Une opposition formelle à ces concessions eût amené la nipture immédiate de la Diète et rendu Télection impossible. Pou éviter à la république des malheurs dont on ne pouvait préToir la On, les catholiques jugèrent qu'il fallait encore céder de^^jA la violence, mais en réservant Tavenir par des protestalioûs. Lorsque Radziwill, maréchal de la Diète, lut solenoelU n]t^i]i r\clede la confédération, un gentilhomme rinterrompît pour déclarer que, sur l'article de la religion, les catholiques se taisaient, mais n'accordaient rien. A ce coup, Radziwill s'emporti et se plaignit quUl n'y eût ni sûreté ni justice pour les dissîdeoLi quoiqu'ils fussent citoyens de la république et en possession ût tous les privilèges de la noblesse.

Les catholiques répliquèrent avec énergie. Le vice-chaD^*lier du royaume, Thomas Zamoyski, se distingua par une cluleureuse harangue. « L'hérésie, dit-il en terminant, n'est chei « nous qu'une étrangère, tandis que la religion catholique est ix la mère vénérée de la patrie. Elle a porté notre nation àm « son sein; elle Ta nourrie de son lait, élevée au comble deli *i gloire; il serait injuste de l'égaler, de la comparer mèmel ff rhérésie. » L'âme du grand chancelier Zamoyskî sen^bM revivre dans son fils, et la Diète crut entendre encore c^lU voix puissante qui avait dominé tant de fois le bruit des assefii^ plées les plus tumultueuses.

Les protestants repoussaient comme des injures ces lermef d'hérésie et d'hérétiques; mais ces clameurs ne mettaient ni If droit ni la raison de leur côté. De guerre lasse, on en vint âiu accommodement. Les catholiques consentirent à signer TAcU de la confédération tel qu'il était rédigé, mais en y ajouUat une clause, par laquelle ils exceptaient Tarticle tant débaUti dans les mêmes termes que leurs devanciers aux interrègnes précédents.

Les hérétiques refusèrent d'accepter cette formule, qui étiit k leurs yeux trop expressive. Après de longues disputes, il* permirent aux catholiques de faire précéder leurs signalai de ces mots : « Sauf les droits de l'Ëglise catholique romaioe »^

L'Ëglise étant encore de droit, sinon de fait, en posses ioA

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