CHAPITRE I. — PRÉPARATIFS D'UNE LUTTE NOUVELLS
de ses anciens privilèges, celte clause pouvait suf&re à la rigueur pour empêcher Tabus de passer en loi ; mais ces subtilités, nous dit le nonce Visconti, « faisaient rire les protestants c à pleine bouche. Us pouvaient se moquer sans crainte de la « sévérité des lois, et de toutes les clameurs des catholiques c contre eux. Elles n'avaient pas plus de résultat que les aboie- 9 ments des chiens contre la lune^ >» En définitive, Tavantage restait aux protestants, et enhardis par les concessions nouvelles stipulées dans Particie delà confédération, ils se réservaient de faire valoir leurs autres demandes à la Diète d'élection.
Au milieu de cette confusion, lorsque TËglise catholique latine n'obtient pas elle-même la reconnaissance de ses droits les plus légitimes, on se demande quel va être le sort de l'Ëglise uniate ? « Tous ici universellement, écrivait le nonce à Touver- « ture de la Diète, ont de Taversion pour les Uniates et pour K leur propagation ^ » Visconti suppliait le Pape d'adresser un bref à Tarchevéque de Onesen, pour lui recommander cette cause délaissée; « autrement, ajoutait-il, je vois la sainte c Union en grand péril ».
Prévoyant Forage, Rutski accourut à Varsovie avec trois de ses suffragants, lesévéques deLuck, deChelm et de Pinsk. Sa première démarche fut de se présenter au prince Ladislas, fils atné de Sigismond III, qui avait pris, par droit héréditaire, le titre de roi de Suède, en attendant que Télection le fit roi de Pologne. Le métropolite vit ensuite Tarchevéque de Gnesen, les autres évoques latin s, et les chefsde la petite troupe de gentilshommesruthènes,encore fidèles au rite grec et à rUnion.Gomme s*ilà se fussent donné le mot, tous lui déclarèrent qu*il fallait conclure la paix avec les schismatiques ; car, autrement, on imputerait aux Uniates la ruine de la patrie'. Rutski répondit qa'il ne pouvait rien céder aux schismatiques, sans le consentement du Pape. La réplique de ses interlocuteurs, toujours la même, semblait encore préparée d'avance. « Les affaires du
1. Helazione s. cit. — Quelques sénateurs laïques, et parmi eux le prince Albert Radziwilli refusèrent de signer l'Acte de la confédération.
2. Relatio de illis quse acta sunt in causa unionis ruthenœ ecclesis in conventione generali VarsaTiœ celebrata tempore interregni an. i632 Junii 22. Ck)piée aux Archives de la Propagande par le R. P. Martinow, S. J.
(T royaume de Pologne, disait-on au métropolite, sont dans un V si misérable état, que, pour y porter remède, on ne peat pas a attendre quatre mois une réponse du Pape ; on ne peut pas ù même attendre un mois. Il faut que notre sang à tous coule « pour vous, ou que vous cédiez devant la volonté de tous; Q que vous vous accordiez au moins en quelque manière avec il les schismatiques.Àbandonnez-Ieur les bénéfices que tous ne a possédez pas, et qui sont du patronage royal ; on ne vois « demande pas autre chose. »
Les prélats uniates vinrent rapporter au nonce les paroles qu on leur adressait à leur arrivée, et lui demandèrent son aiis sur les moyens de conclure la paix. Visconti les engagea à codsuUerles théologiens, en ajoutant que, pour lui, il ne pouvait consentir à aucune cession faite au profit des schismatiqnes. Les théologiens auxquels Rutski s'adressa lui répondireit qu'il pouvait faire quelques concessions, mais en sauvegardant euliërement sa juridiction et celle des évèques ses suffragants. Cette décision était facile à donner en théorie ; mais, dans h pratique, on ne voyait pas ce que Hutski pouvait céder, sans porter préjudice à ses droits de seul pasteur légitime de tous les Ruthènes.
Le grand danger de la situation était dans Talliance étroit! des Bchismatiques et des dissidents, qui s'étaient engagés à nn pas traiter les uns sans les autres. Le prince Ladislas eé, l'adresse de séparer leurs causes. Il fit appeler les prélats uDiates, et s'oflrit à négocier une transaction entre eux et IfS Es€hismatiques, « sans ébranlera ce sujet toute la républiques Hutski et les siens acceptèrent cette oflFre avec reconnaissance; cl tandis que les réclamations des protestants étaient discutées, comme de coutume, devant une commission présidée par des sénateurs, celles des Ruthènes furent soumises à l'arbitrage extra-légal d'un prince^ qui n était rien dans TËtat. Ladislas s'adjoignit comme conseillers cinq sénateurs et cinq nonces, doDt trois choisis parmi les hérétiques; et dès le lendemain i iQvKa les schismatiqnes à présenter leurs griefs. Ils produisirent lui écrit par lequel, unissant toujours leurs intérêts à ceux des dissidents, ilsréclamaientlalibertécomplète pour tous lescuitas tUré tiens. Leurs prétentions pour eux-mêmes étaient exorbitantes ; et si elles eussent été reconnues par la Diète, TUnion eût été détruite, et son rétablissement devenait impossible.