‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 14 sur 316 · CHAPITRE li. — SAINT JOSAPHAT ET LÉON SAPIEHA · texte numérisé non relu

CHAPITRE li. — SAINT JOSAPHAT ET LÉON SAPIEHA

Confondant les temps elles situations, SapiehaaTait rappelé l'exemple des martyrs, qni acceptaient la mort sans réclamer aucun secours humain pour leur défense. « Sous Néron et Dio- « clétien, répliquait l'archevêque, nous ferions devant leur 0 autorité ce que firent les fidèles de ce temps-là. Mais nous « vivons sous un roi pieux, catholique fervent ; notre sécurité « et notre liberté sont garanties par le droit comme celles de « tous les autres citoyens. Pourquoi ne devrions-nous pas user « comme tous les autres du bienfait de la loi pour la défense « de nos personnes et de nos libertés, surtout quand nouB ne « pouvons pas agir autrement?

« Il y adans les cours, les tribunaux, les hôtels de ville, plus

de protestations des schismatiques contre nous, qui ne les « avons jamais attaqués ; et pourtant^ on ne les blâme pas. Us « ont au contraire la fortune de voir ajouter foi à leurs aecusa- « lions. Et nous, et la sainte et antique Union avec nous, on « s'efforce de nous opprimer et de nous chasser sans citation» c sans jugement, sans conviction juridique, uniquement sur « une simple accusation, avant même que nous ayons comparu. <i Les discordes civiles et domestiques, les clameurs, les tumulte tes des diètes, tout vient, dit*on, de nous et de la sainte « Union ; et personne ne peut le prouver. Ce sont au contraire « les schismatiques qui font tout cela; n'ayant pas les droits « anciens que nous possédons, ils veulent les extorquer, avec c d'autant plus de hardiesse qu'on use de plus d'indulgence « envers eux. »

Arrivant aux plaintes des Cosaques. Josaphat les réduit à leur juste valeur. « Je sais, dit-il, par des personnes dignes « de foi, que les Cosaques ne pensaient guère à soutenir le «( schisme après la campagne contre les Turcs. Mais leurs faux f évéques, et surtout Smotrycki, voyant la crainte que l'on « inspire à messieurs les sénateurs, et espérant arriver par là c plus vite à leurs fins, les ont excités à présenter à Sa Majesté c cette pétition concernant le schisme, que Smotrycki a rédic gée lui-même. Le seul motif que nous ayons fourni à leur

princesse avait injustement enlevée à une veuve, et résistait à Àrcadius, qui voulait livrer aux ariens une des églises de Constantinople. Ambroise défendait celles de Milan contre Timpératrice Justine, qui prétendait les donner aux mêmes hérétiques.

c mécoûtentement, c'est que nous naviguons dans la barque « du Christ sous la conduite du pilote suprême, vicaire du « Christ.Gette barque n'a jamais été sans orages,et elle en aura a toujours, que nous y soyons ou que nous n'y soyons pas.

« S'il paraît àquelqu'un que les Ûots s'élèvent à cause de nos « crimes, quUl nous appelle en jugement, qu'on nous couvain- « que et qu'on nous jette ensuite à la mer comme Jonas. Les « navigateurs de Tarse eux-mêmes n'ont pas jeté Jonas hors « delà barque, avant de s'être assurés parles sorts que la tt tempête s'était déchaînée à cause de lui seul. Les schismac tiques frappent et pleurent en même temps ; à force de cris a et de mouvements, ils rejettent sur nous la faute; et des « catholiques, trompés par ces clameurs, les aident à nous « écraser. Est-ce donc là cet amour du prochain que le Christ « nous a ordonné? »

Hais la raison d'Ëtat s'élève contre les Uniates : il faut la paix à tout prix. « Oui, reprend Josaphat, c'est un bien que « la paix publique, mais la paix dont le Christ a dit : Je vous « laUie ma paix ; et non cette autre, contre laquelle il a parlé : « Je ne suii pas venu mettre $ur la terre la paix^ c'est-à-dire

< celle des politiques, mais la guerre ^ Quelle société peut-il y

< avoir entre la lumière et les ténèbres ? quel accord entre « le Christ et Bélial ? entre les catholiques et les fils du schisme « et de l'hérésie? entre les églises catholiques et les blasa phèmes schismatiques ? Quelle sera cette paix scellée au « prix de l'offense de Dieu, en déchirant le divin privilège <t accordé à saint Pierre et à ses successeurs sur les sièges « épiscopaux et les églises du monde entier ; en livrant aux c< schismatiques ce que l'on aura arraché à la juridiction du « Pasteur suprême établi par le Christ?

« A la vue de telles injustices, Pierre et tous ses succes- « seurs, les évêques de Rome, en appelleront à la vengeance « de Dieu. Est-ce qu'ils garderont le silence, les Wladimir, les « Jaroslaw, les Jagellon, les Skirgaylo et les autres fondateurs a de nos évêchés et de nos métropoles, quand ils verront que c leurs intentions sont foulées aux pieds ? Ils étaient bons « catholiques : ce n'était pas pour des évoques schismatiques^ « mais pour des évêquescatholiques, qu'ils ont fondé et doté

1 Joh. XIV, 27. — Matth. x, 34.

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