‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 141 sur 316 · CHAPITRE I. — PRÉPARATIFS D'uNB LUTTE NOUVELLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — PRÉPARATIFS D'uNB LUTTE NOUVELLE

Le métropolite avait demandé en vain que Taffaire fût renvoyée au Souverain Pontife ; les schismatiques étaient résolus à ne pas accepter un tel juge; et les catholiques eux-mêmes disaient que le Pape pourrait refuser toute concession et jeter par là la république dans des troubles continuels ^ Au milieu de ces perplexités, Rutski pensa qu'entre deux maux il fallait choisir le moindre ; et il se résigna à céder aux schismatiques ses droits sur des églises et des bénéfices qu'ils possédaient déjà, au détriment des Uniates. En faisant celle déclaration au prince Ladislas, le métropolite le supplia d'expliquer lui-même en détail toule cette affaire au Saint-Siège.

Le prince et ses conseillers ne trouvaient pas ces concessions suffisantes. Ils pressèrent Rutski d*accorder davantage : • Ayez donc pitié, lui disaient-ils, de vous-même et de la 0 patrie, que vous exposez aux derniers malheurs. > Le métropolite ne voulut pas aller plus loin ; mais, comme il était aisé de le prévoir, les schismatiques ne se contentèrent pas de ces avantages. Ils s'emportèrent devant le prince royal, et partirent, en prenant le ciel et la terre à témoin de l'injustice qui leur était faite.

Effrayé par ces menaces, Ladislas insista dans une quatrième séance pour obtenir des concessions nouvelles. Ce prince conduisait toute cetle affaire avec une grande dextérité. Il témoignait même de bonnes dispositions pour les Uniates, qui, feintes ou réelles, inspiraient de la confiance, non seulement au métropolite, mais au nonce Yisconti lui-même'. Rutski ne put résister aux pressantes sollicitations d'un homme qui allait devenir dans quelques jours le maître des destinées de FËglise uniate, et qui, pour Theure présente, en paraissait déjà le principal appui. Ilcéda sur quelques points dont les Uniates étaient déjà en possession ; mais les schismatiques trouvèrent encore que ces concessions étaient insuffisantes, et déclarèrent qu'ils allaient porter la cause devant la Diète.

Le lendemain, en effet, ils exposèrent leurs griefs devant rassemblée et conclurent en demandant la moitié des évêchés

1. Rutski expliqua lui-même ces raisons au Saint-Siège dans un écrit intitulé : Causas ob quas rulkeni uniti conditionibus schiamaticorum sub^ 8cripserunt.

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