SÔ
temps comprimée, formait des desseins qu'une rapide expérience fit promptement évanouir.
Pour préparer une grande expédition en Suède et en Moscovie. Ladislas voulait avant tout pacifier la Pologne et se concilier la faveur des protestants et des schismatiques. Il espérait détruire par ce moyen les préventions que les Suédois et le» Moscovites éprouvaient pour la domination d'un prince catholique. Leflls de SigismondlU était donc résolu à suivre une toute autre politique que son père, et aller loin, s'il le fallait, dans la voie des transactions. Les scrupules religieux ne Tarrétaient pas. Depuis longues années, il ne prenait part àauciLB exercice public du culte catholique. Il expliquait celte conduite par uoe infirmité résultant d'une maladie bizarre^ ; aiais cette excuse ne contentait pas tout le monde ; et, en voyant les liaisons intimes de futur roi avec le prince Radziwill et les chcfe da parti protestant, on allait jusqu'à suspecter sa foi. Ca préventions étaient certainement exagérées ; mais on n'eût été que Juste en disant que le prince subordonnait les intérêt» de la religion aux calculs de sa politique.
Dans les instructions qu'il remit à ses ambassadeurs auprès de la Diète, il ofi'rait aux hérétiques la liberté de conscience sans restriction; et il fallut Thabileté de Visconti pour lui faire comprendre qu'une pareille proposition était honteuse de la pari d'un prince catholique *. Ladislas la raya de ses instroclioDs, mais en se réservant de l'accorder, si cette concession lui paraissait nécessaire.
Dans les affaires ruthènes,un prince ainsi disposé ne pouvais manquer de suivre le courant de l'opinion, très hostile aux Uûiales. Il tenait en particulier à se ménager l'appui des Co* saques zaporogues, dont il avait besoin pour la guerre inmiinenteavec la Moscovie. L'intérêt du moment lui ferma les yeux
1. Ladislas avait eu une sorte d'attaque d'épilepsie en entrant dans use église h Dantzig. Cet accident avait été provoqué par Todeur d'un cadavre réeciiïment enterré, disent les uns ; par un sortilège, disent les antres. Toujoiira est-il que, depuis ce moment, le prince ne voulut plus mettre k pied dans une église. 11 avait une autre manie non moins singuUère. Chei lui, il élaît toujours au lit. Dès que son devoir l'appelait en quelque liea* à quelque heure que ce fût, il s'y rendait aussitôt ; mais son premier soia eu rfinlraut au palais, était de se coucher de nouveau.