Theiner, 1, c, p
sur les immenses avantages qu'une politique plus prévoyante eût retirés du triomphe complet de TÉglise uniate. Durant la Diète de convocation, le prince s'étaitmontrépresqueimpartîal, parce qu'il avait besoin de donner des gages aux catholiques et au Saint-Siège; dans la Diète d*élection^ son attitude changea tout à coup.
La noblesse était déjà assemblée depuis trois semaines et les affaires de la religion grecque n'avaient pas encore été débattues, lorsque, le 13 octobre, une députation des Cosaques zaporogues se présenta devant la Diète. Son langage fut vif et impérieux. Les bandits de l'Ukraine se plaignaient de n'avoir aucune partà l'élection du roi ; ils furent cependant assez habiles pour ne pas insister sur ce grief; mais ils donnèrent libre carrière à leurs invectives contre TEglise uniate, dont ils demandèrent Tabolition immédiate. Ils crièrent tant et si fort qu'ils dépassèrent la mesure, et blessèrent la noblesse en voulant Teffrayer. « Nous avertissons la république, disaient-ils, de ne c pas nous jeter dans le désespoir. »
La Diète blâma énergiquement les plaintes amères et les insultes que les Cosaques s'étaient permises contre les Grecs unis. On leur intima l'ordre de s'abstenir de semblables paroles et de traiter à l'avenir leurs adversaires avec plus d honnêteté et de convenance *. Ce début donna quelques espérances aux Uniates.
Le 15 octobre, les schismatiques prirent la parole dans l'assemblée de la noblesse. Ils parlèrent contre les Uniates avec beaucoup d'animosité et d'aigreur. Drewinski surtout prononça de véritables philippiques, mais sans parvenir à soulever rassemblée. Le maréchal Jacques Sobieski lui répondit que l'Ordre équestre ne pouvait régler seul de pareils différends, et qu'il fallait attendre que les deux ordres, c'est-à-dire que le sénat et la noblesse, fussent réunis dans une séance commune.
Le lendemain, la noblesse vint se grouper autour du pavillon sénatorial, et l'affaire de la religion grecque fut introduite. Le sénat lit demander en quelle forme les désunis voulaient que leur cause fût jugée. Quel devait être le juge suprême? Quelle majorité il faudrait pour la sentence, et si le jugement devrait être porté « nemine contradicente » ? Ces questions embarras-