‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 161 sur 316 · CHAPITRE m. -* EXÉCUTION DES ARTICLES DE PACIFICATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. -* EXÉCUTION DES ARTICLES DE PACIFICATION

a rien aux schismatiques, on pourrait craindre une guerre «'Civile et la perte de plusieurs palatinats, qui se donneraient « aux Turcs ou aux Moscovites*. »

Les raisons étaient aussi fausses que les craintes exagérées. Sigismond III n'avait promis aux schismatiques que la paix et la liberté de croyance; et jamais ni le roi ni les Uniates ne leur avaient contesté ces avantages. Leur droit de possession, en admettant même qu'il fût réel, ne remontait pas à deux cents ans^ et il avait été interrompu pendant plus d'un quart de siècle , par l'accession parfaitement volontaire des évéques ruthènes àTUnion de Brzesc. Mohyla et ses suffragants ne succédaient qu'à Borecki^ aux autres évéques consacréspar Théophane, qui n'avaient aucun droit à l'héritage de l'ancienne hiérarchie ruthène.

L'ambassadeur de Ladislas IV fut admis au Vatican en audience solennelle, le 6 décembre 1633. Cette réception, toute d'apparat, ne fut pour lui qu'une occasion de déployer le luxe de ses équipages et les pompes de son éloquence. Les négociations commencèrent bientôt ; et Urbain VIII fît les plus grands efforts pour concilier les exigences de Ladislas avec les droits de l'Ëglise et de la justice. Il accorda en particulier de très larges concessions à la noblesse, sans sacrifier toutefois le principe de rimmunité ecclésiastique, ni les droits suprêmes du Saint- Siège. Quant aux affaires de TËglise ruthène, elles furent soumises à l'examen d'une commission composée de quatre cardinaux, quatre prélats et quatre théologiens des plus expérimentés de la cour pontificale.

Ossolinski et le suffragant de Gnesen présentèrent à cette congrégation les articles convenus à la Diète d'élection, et les défendirent avec toute l'habileté d'hommes rompus auxaffaires. La cause de l'Église uniate avait un avocat dévoué dans le coadjuteur du métropolite de Kiew, Raphaël Korsak, évêque de Pinsk. Ne pouvant se rendre à. Rome de sa personne, Rulski avait jugé nécessaire de s'y faire représenter par celui qui partageait d'une manière plus intime les sollicitudes de sa charge pastorale. Outre la défense de l'Eglise uniate, Rutski

i'Po8tulata Ill,D,D, archiepiscopi Gnesnensis etepiscoporum RegniPoloniiB et Uagni Ducatus Lithuanise IILD, Georgio comiti de TenczynOssolinêki commendata, etc, C'est rinstruction remise à Gembicki. Ib.

avait confié à son coadjuteur une mission moins difficile, m non moins importante à ses yeux pour la Ruthénie, cde presser la canonisation de saint Josaphat.

Korsak était arrivé à Rome avant Ossolinski. Ladislas, ip tenait beaucoup au succès de son ambassade, fut mécontal que son envoyé eût été devancé par l'avocat des Dniales; comme le séjour de celui-ci se prolongea après le dép« d'Ossolinski, le roi en prit encore ombrage. « Mais quei « donc Tévéque de Pinsk à Rome pendant si longtemps? manda-t-il un jour à Nicolas Tryzna. — « Il travailla h h n: « satio» de Tarchevôque Josaphat », répondit Trj^ioa. -fil « martyrs, fit le roi impatienté, n'on^pas besoin decanosa « tion ; et nous savons tous parfaitement que Josaphat e^i € martyr. Pourquoi cet évéque a-t-il couru à Rome pinî^ « que notre ambassadeur^?... »

Korsak avait apporté à Rome de nombreuses lellre^ créance et de recommandation pour le Pape, les cardiQaaiJ la Propagande et d'autres dignitaires de 1 Ëgti&e RûioaK qui s'intéressaient aux affaires de TÉlgise Uniaie. Quelfid unes étaient signées par Rutski et tous ses sufTr^ « Prosternés aux pieds de Voire Sainteté, disaieDt-iS^ « Souverain Pontife, nous ne lui faisons qu'une dcniii « et nous la faisons avec instance. Puisque [^affaire J'- 1 « Eglises semble entièrement remise à la décision de Vd « Sainteté, qu'Elle daigne la trancher, rt nous receTr*^ « décision, non pas tant comme la sienne, que comme cel« « Christ. Au milieu même de la pauvreté de Texil, nousstfl « remplis de consolation parce que nous croirons accompfc « très sainte volonté du Christ. »

« Notre résolution, disaient-ils encore, est inéhranlaHi a nous aimons mieux tout souffrir, nous exposer même à?*" « dre la vie, plutôt que de prévenir en celte affaire, pam^** « consentement, le jugement du Saint-Siè^:^e, »

Une lettre adressée au cardinal protecteur de la Wk^^^ était particulièrement touchante. Rutski et seâ sufîi s:-' comparaient Tétat de leur peuple à celui de Job, frai'i' i ^^ main de Dieu et constant dans la soufi'rance. « Le Sei^ofi « disaient-ils, frappe les Uniates dans leur vie; et, euto:

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