‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 162 sur 316 · CHAPITRE m. — EXÉCUTION DBS ARTICLES BE PACIFICATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. — EXÉCUTION DBS ARTICLES BE PACIFICATION

« couler leur sang, il n'obtient que des actions de grâces. Il « les frappe dans leurs biens, enlevant, aliénant, occupant, « dévastant; les Uniates deviennent, comme dit TEcriture, des « hommes qui voient leur pauvreté; cela même ne fait « qu'exciter leur amour envers la sainte Eglise Romaine, qui « devient ardent comme le feu au milieu des épines ^ »

Korsak emportait en même temps un mémoire dans lequel Rutski, après une longue discussion avec ses suffraganls, avait tracé les limites extrêmes des concessions qu'on pouvait faire aux schismatiques, sans ruiner entièrement TUnion. Le métropolite demandait que les anciens titres épiscopaux fussent exclusivement réservés aux Uniates, et qu on en donnât de nouveaux au métropolite schismatique et aux trois sufiragants, que le diplôme du couronnement lui avait concédés. Il suppliait en particulier que le titre d'évêque de Mscislaw ne fût pas profané, « parce que, disait-il, cet évêché est une partie € de Tarchevêché de Polock, qui a été conquis par le sang du « bienheureux Josaphat. Pour l'amour de Jésus-Christ, ajou- « tait-il, qu'aucune église ne soit accordée aux schismatiques c ni à Vitebsk, ni à Polock ; car le serviteur de Dieu a acheté « ces villes au prix de son sang . »

Rutski était disposé à abandonner aux schismatiques Sainte- Sophie de Kiew et un grand nombre d'églises et de monasitères, si le Saint-Siège jugeait que ces concessions étaient légitimes et opportunes ; mais il déclarait de nouveau que, si les articles de pacification étaient exécutés à la lettre, TUnion serait infailliblementdétruite, après un certain nombre d'années.

Ces propositions de Rutski furent discutées en même temps que les articles de pacification et qu'un projet rédigé par le P. Yalérien Magnus, dans le sens du mémoire présenté par lui aux théologiens de Cracovie. La Congrégation chargée des affaires ruthènes s'appliqua à cet examen durant six semaines avec le plus grand zèle et un désir sincère de trouver un tempérament qui pût satisfaire le roi et la noblesse de Pologne. Mais une question se présentait tout d'abord : a La transaction « proposée n'était-elle pas radicalement opposée à la justice « et aux devoirs du Pape, suprême pasteur des âmes ? » On ne

1. J, Rutscii et episcop, RussisB ad Urban. VJIIf cardin» de Propag, fideet proiectorem Russiœ epist, aug. 1633.

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pouvait contenter les schismatiques qu'en leur livranl b sièges épiscopaux de Kiew, Luck, Przemysl, Mscislaw, elfe églises dans les autres diocèses ruthènes. Or, livrer ces égfe c'était livrer des âmes dont un grand nombre vivaient et communion avec le Saint-Siège. D'autres refusaient, il estTni, de lui obéir ; mais le Pape ne pouvait pas reconnaitre et sanctionner leur rébellion.

Toutes les églises de la Ruthénie avaient été replacées libnment par leurs évéquessous son autorité. Les apostasies sur«nues dans la suite et les attentats de Théopbane avaient iioM cet heureux accord, mais sans détruire les droits qu'il anâ fait naître, sans diminuer surtout le pouvoir suprême di Vicaire de Jésus-Christ sur toutes les Âmes régénérées par k baptême. La Congrégation fut donc unanime à rejeter les points de pacification. Ossolinski, s' apercevant que ses effoHs ne triompheraient pas de cette difficulté insurmontable, qoitti Rome, laissant à André Gembicki le soin de poursuiTreb négociation * .

La décision ne fut pas longtemps diff'érée. Le 30 mars 1631, les commissaires pontificaux rendirent le décret suivant: «I* « Sacrée Congrégation a pensé que les points de pacificatioî, u soit tels qu'ils ont été proposés d'abord, soit tels qu'ils Ml * été amendés par le P. Valérien, capucin, ne peuvent éW M admis ni confirmés par le Siège apostolique Le Sainl-Sièsi « ne peut pas même se taire ou dissimuler dans cette affairai « mais il doit résister, contredire à ces points et au diplôflt> <{ expédié à leur occasion et maintenir les protestations il ff nonce et des catholiques, et en particulier des évéques te <t deux rites et des grands du royaume de Pologne *. » Cetti réponse mit fin aux négociations.

Le dernier combat devait être livré à la Diète de 1633, i^ laquelle le roi s'était engagé à exécuter les concessions pro" mises aux schismatiques. Au mois de novembre 1634, ^ métropolite Rutski vint à Varsovie, pour traiter des affaires J« rUnion avec l'archevêque de Gnesen et les évêqucs lafe réunis en concile provincial. Le métropolite, étant exempt de la juridiction du primat, n^avait pas été convoqué*

i. Compté rendu de la négociation d'Ossolinski» S. Themer, Monum. Polon. t. III, p. 420.

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