‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 167 sur 316 · CHAPITRE m. — EXÉCUTION DES ARTICLES DE PACmCATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. — EXÉCUTION DES ARTICLES DE PACmCATION

aux Uniates les monastères de Mohylew et de Grodno, et il faisait quelques concessions, au moins temporaires, au sujet des évèchés de Luck et de Przemysl ; mais il laissait aux schismatiques tout ce qu'ils avaient enlevé à Kiew aux Uniates. « Nous voilà entrés dans le purgatoire, écrivait le lendemain c Rutski à Korsak ; nous nous confions dans la bonté divine, « et nous espérons sortir de là vivants, quoique en partie € dépouillés. Que le saint nom de Dieu soit béni M ».

Rutski rassembla ses suffragants, puis les gentilshommes uniates; tous furent d*avis que le métropolite allât trouver Ossolinski pour montrer, encore une fois, Tinjustice de la décision arrêtée, et pour essayer de nouveau d'empêcher la nomination des commissaires. Rutski se rendit donc chez le trésorier de la cour. « Nous ne nions pas au roi, lui dit-il, une « puissance absolue dans les villes royales, mais non pas sur « les églises et sur les prêtres. Nous croyons que cette com- « mission serait dangereuse pour nos églises. Il serait trop « long de vous développer nos raisons ; mais je les explique- « rai au roi, si vous consentez à m'obtenir une audience de « Sa Majesté. i>

Ossolinski avait demandé de la part du roi quelques explications à Rutski sur la situation réciproque des Uniates et des schismatiques à Yilna. Rutski les donna, et demanda de nouveau que justice lui fût rendue à lui-même pour les spoliations dont il avait été victime à Kiew. Ossolinski lui promit de lui obtenir une audience de Ladislas; mais le carnaval arriva ; et le métropolite ne fat pas appelé au château ^

La sentence définitive était portée. Au commencement de mars, la constitution suivante fut lue à la Diète : « Conformé- « ment aux Pacta conventa et aux assurances que nous avons « données, nous mettons à exécution les articles de pacificat tion de la religion grecque ; et nous voulons, par cette loi « perpétuelle, que les Uniates, aussi bien que les non-unis, < restent perpétuellement dans les conditions où les placent « ces articles. »

L'archevêque de Gnesen déclara, au nom de ses suffragants «t des Uniates, comme au sien propre, qu'il ne consentait

i. /• Rutacii odRaph. Korsak epist, 1 mart. 1635. 2. ftid.

pas h cette loi ; que, cependant, il ne voulait pas troubler li république, ni arrêter les travaux de la Diète. En conséquence. son atlUude, comme celle de tous ceux au nom desquels!! parlait, était purement a permissive ou pour mieux direnéptive 1. Le prince Radziwill, chancelier de Lithuanie, déclin de même qu*ilne consentait pas à cette loi, etqu*ilse bomit à la permettre.

Le IS mars, è la clôture de la Diète, le roi publia lediplôae réclamé par les schismatiques. Les évêchés de Luck et de Przemysl étaient laissés aux Uniates, du vivant des éfèques qui les possédaient ; mais, à leur mort, ils devaient être IItks aux schismatiques. La rédaction du privilège royal permeUait même de croire qu'à la mort de Poczapowski, il ne pourriR plus y avoir à Luck qu'un simple archimandrite uniate; et qu'à Pnemysl, le successeur deKrupecki ne pourrait s intituler qu'évêque iniate, sans prendre le nom de la ville épficopale.

Ladislas avait cherché à adoucir cette sentence en faisantespérer à Rutski que Tévêque schismatique de Przemysl nescrail pas nommé avant longtemps. Deux compétiteurs étaient ei lutte, et tous les deux étaient incapables de cette dignité ilii* parce qu'il n'était pas né dans lepalatinat, comme le voulaitli loi civile ; l'autre, parce qu'étant bigame, il était déclaré irrégfr lier parla loi ecclésiastique. Le diplôme assignait les monastères qui devaient être livrés à l'évêque schismatique; mais ce prélat, selon la promesse du roi, n'était pas encore désigné.! le fut bientôt après ; et nulle part la lutte ne fut aussi ardenit que dans ce diocèse.

Les Uniates perdaient le monastère de Widubicz, à Kiev • mais ils gagnaient en retour le monastère de Grodno, prom» d'abord au métropolite schismatique. Ce changement était poff eux un véritable avantage ; Grodno étant situé au centre mèa^ de la Lithuanie ruthène et dans le pays où l'Union avait jetése* plus profondes. racines, la présence d'un prélat schismatiçp* dans cette ville eût été un grand malheur.

A. Vilna et à Kiew, les schismatiques gardaient leurs écoles, mais avec défense d'y enseigner autre chose que les lettres humaines, défense qui, croyons-nous, ne fut pas observée, s" moins ^ Kiew.

Doute commissaires enGn furent nommés, six pour les p3f^

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