‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 169 sur 316 · CHAPITRE III. — EXÉCUTION DES ARTICLES DE PACIFICATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — EXÉCUTION DES ARTICLES DE PACIFICATION

lequel il cherchait d*abord à excuser sa propre conduite, en alléguant Timpossibilité où il s^était trouvé de pourvoir autrement à la défense de la république et à Texpédition d'affaires urgentes. 11 n'avait rien concédé aux schismatiques comme reconnaissance d*un droit quelconque, mais uniquement à cause du bien public. Tout cela pour Fheure présente, n^était que de vaines formules ; mais, dans la suite, on pouvait y trouver un point d'appui pour des réclamations juridiques. Ladislas garantissait ensuite aux Uniates la possession du siège métropolitain et de tous les biens qui en dépiendaient ^ L'archevêché de Polock, les évéchés de Wlodimir, Pinsk, Chelm, Smolensk, avec leurs monastères et leurs églises, devaient rester de même à jamais en possession des Uniates.

Le monastère de la Sainte-Trinité et tous ceux qu'ils occupaient en ce moment leur étaient assurés de même à jamais ; et il était statué que les schismatiques ne pourraient jamais avoir des églises à Vitebsk, à Polock et à Nowogrodek. Une dernière clause enfin, et la plus avantageuse peut-être, déclarait que tous ces évéchés et ces monastères ne pourraient être conférés qu'à des Religieux uniates de TOrdre de Saint-. Basile, présentés au roi par le métropolite. « Telle était, dit le € nonce Visconti, la violence de la tempête, que les plus sages, « et les Uniates eux-mêmes, s'étonnèrent d'obtenir ce faible « avantage et de passer au milieu de tant d'écueils, sans y « faire naufrage*. »

La scission du peuple ruthène en deux camps ennemis était ofiiciellement sanctionnée ; mais la loi reconnaissait aux catholiques le droit de protestation. Le 30 mars 1635, François de Torres, protonotaire apostolique et auditeur général du nonce Visconti, se présenta devant les ofïiciers du château de Varsovie et leur notifia que le pape Urbain VIII protestait contre tout ce qui venait d'être fait au détriment des Uniates. Les lois naturelle et divine, les saints canons et

1. Ce privilège se trouve en entier dans Ostrowski, 1. c. 237.

2. Per questa si violenta persecuzione dunque, perla poca inclinazione e affetto di questa nobilta aÛ'unione e per le ragioni accennate in altro luogo del présente discorso, non si sono potuti sfuggir molti pregiudiz], anzi i piu savi e gl'itessî unit! interessati ancor si marivigliano corne si sia navigato fra tali torbolenze senza Testremo naufragio. Visconti, RelU'

'àlQ SAINT JOSAPHAT. — LIVRE VU

les droits sacrés de TËglise avaient été violés de la manière 1& plus formelle ; et ni le Souverain Pontife régnant, ni ses sll^ cesseurs ne pourraient jamais donner leur consentement à d« pareilles transactions. Le représentant du Pape déclanitr en conséquence, que le Saint-Siège se réservait le droit de retenir, de posséder et de conserver tous les priTilëg^, domaines, églises et bénéfices qu'on prétendait enlever an Uniates; et qu il userait de toutes les voies légales pour la recouvrer ^ Les officiers royaux enregistrèrent cette protestation; mais elle fût restée sans effet après tant d'antres, si les évéques uniates ne s*en étaient servis comme d'unpoisl d'appui, pour résister à Texécution des articles de pacificition.

Dans le cours de cette lutte suprême, la conduite de Ratsiâ fut au-dessus de tout éloge. Le nonce Visconti nous a lais^ un précieux témoignage de son admiration pour le vénérable prélat. < La prudence et le zèle du métropolite Joseph Veli* « min Rutski, écrivait-il au cardinal Barberini, neveu d'fr K bain VIll, vous sont déjà connus; mais, dans cette occasioi ^ si importante, ces vertus ont éclaté de manière à le n^ < dre aux yeux de tous digne de Timmortalité. Il a traTaiHê « avec l'esprit d'Elie, non seulement pour repousser se « adversaires, mais encore pour ne pas laisser la foi s'afii- « bllr dans Tâme des siens, qui n'étaient peut-être pas tous « également courageux en face de la violence. Il ne î^ « pas une moindre vertu pour affronter une telle persécution» « ni une moindre persécution pour éprouver une telle vertu. « Dans un âge déjà lourd à porter, et surtout aggravé ptf « le poids des infirmités, il n'a pas esquivé une seule fois" € combat, accourant pour défendre la cause de Dieu, partoil « où le péril était le plus grand; et sa bravoure a montré «« toujours combien est grande la confiance d'un jasteJ^ ft suis resté très édifié de sa constance, et c'est avec ^ ce consolation particulière que j'ai uni mes efforts aux sieos .*

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