‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 176 sur 316 · CHAPITRE m. — EXÉCUTION DES ARTICLES DE PACIFICATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. — EXÉCUTION DES ARTICLES DE PACIFICATION

située dans un faubourg de la ville, il refusa d'obéir ; mais les délégués du roi s'en emparèrent par force. Alors Terlecki se mit k la tête de son clergé, convoqua le peuple etla noblesse uniate, et vint chasser les schismatiques de Téglise. Les commissaires accoururent pour s'opposer à cette exécution. Terlecki ne les écouta pas et leur parla avec le zèle d'un bon pasteur, prêt à donner sa vie pour arracher ses brebis à la dent des loups. Il reprocha en particulier aux commissaires catholiques leur participation à l'iniquité dont TËglise, leur mère, était la victime. Les schismatiques criaient et menaçaient ; les gentilshommes uniates les réduisirent au silence et les jetèrent hors de l'église. Les commissaires partirent couverts de confusion.

Toutes les églises de Ghelm étaient restées aux Uniates. Les schismatiques préparèrent alors un terrain et amenèrent des matériaux, pour en construire une nouvelle. Mais Terlecki ne ^«ouffritpas cette entreprise. Il cita les schismatiques devant les tribunaux, et on vit un jour des chariots transporter à travers la ville les matériaux deTégliseschismatique à la cathédrale uniate. Terlecki avait vaincu. Le culte catholique restait seul autorisé dans la cité de Chelm; et le terrain sur lequel ses ennemis voulaient construire était adjugé aux h()pitaux de la ville. A l'énergie du soldat et à la sagacité du légiste, Terlecki unissait le zèle de FapAtre. Après avoir contenu dans le devoir i}es schismatiques de Chelm, il sut les convertir. Ils le reconnurent tous pour leur légitime pasteur ; et, afin de segarantir^ eux et leurs enfants, contre toute tentation de révolte, ils se présentèrent devant les officiers du château pour déclarer qu'ils s'engageaient à persévérer dans l'Union, sous peine de confiscation de leurs biens et d'expulsion de la ville.

Krasnystaw fut le théâtre de scènes semblables. Les commissaires prirent de force les églises; l'évêque s'en remit en possession. La lutte s'échauffa, et, aptes de longs débats, les schismatiques furent condamnés à une grosse amende et à des peines sévères. Terlecki avait travaillé durant plusieurs années pour obtenir justice ; mais aussitôt que les schismatiques de Krasnystaw vinrent lui demander pardon de leur révolte, il les accueillit avec la tendresse d'un père et ne poursuivit pas l'exécution de la sentence quUl venait d'obtenir contre eux- Il leur accorda l'absolution, les admit à la sainte table, et leur enjoignit seulement de réparer une église et un clocher qu'ils

SAINT JOSAPHAT. — UVftE ¥11

avalant dégradés durant leur rébellioa. Pleins de repeitir, las nouveaux convertis prirent devant les officiers pablksk même engagement que leurs frères de €helm.

A Tys20wce, ParcKOw, Ostrowiec, bourgades du pays de Chelm appartenant au domaine royal, T^Ieold lutta de la môme façon contre la mauvaise volonté d'une partiedesUi* tants, et sut également les convertir. A Hrubieszow, les sclui' matiques brisètrent les portes d'une égliseeit commirent de tdi sacrilèges, que les tribunaux eondamjièrent plusieurs d'entn eux à la peine de mort. Mais déjà la grâce les avait touchés. Ils implorèrent le pardon de leur évoque et promirent de persévérer toujours dans TUnion* Terlecki ne se contenta pas<lerà acte de soumission. Il voulut qu'une démonstration pubëi[ni de pénitence prouvât le repentir des habitants et les prépstt à recevoir l'absolution de TËglise.

Au jour marqué, tous les schismatiques de la ville se réi*; nireul à la maison commune, d'où ils partirent en processid pour Téglise qu'ils avaient profanée. Ils marchaient demi deux^ les hommes séparés des femmes, tous vêtus de sacsd porlant un cierge à la main. L'archiprétre du lieu lesattendii à la porte du cimetière, devant l'église. Il leur commanda de a; mellre k genoux. «Qui êtes-vous? leur dit-il, d'où venez-Tiws^ « que demandez-vous ?» — « Nous sommes, répondirent-il^ « humblement, des brebis désobéissantes à leur pasteor ; « chés de repentir, nous demandons à être absous de Ts* d communication que le schisme nous a: fait encourir, et àêtit « reçus dans la sainte Union. » L'archiprètre leur fit alors ot discours pour les exciter encore à lacontrition,piiis il leuraccor* la grAce du pardon. Pleins de joie, les nouveaux convertisse* poui lièrent leurs lugubres vêtements depénitence,et entrerai dans réglisepour s'associer aux prières etaux chants des fidèk»

Dans d'autres villes du même diocèse, àBeh et à^okalsa^ Loul, L'intrépide évéque eut de violents combats à soutenir,^ son courage ne défaillit jamais. Il ne parvint pas eependai' à réconcilier avec l'Ëglise tous les schismatiques de ces deii villes. Les tribunaux, la Diète et le roi durent s'occuper s«8vent des dissensions qui divisaient la population de BeU," sujet de la possession des églises ^

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