‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 177 sur 316 · CHAPITRE III. — • EXÉGUTIOK DES AanGLE3 DE PACIFICATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — • EXÉGUTIOK DES AanGLE3 DE PACIFICATION

A Sokal, les schismatiqoes violèrent la tombeau d*iiii<piMTe uniate, et son corps serait deveau la proie des chiens, si des hommes pieux n^eusseiàt pas pris soin de Tensevelir. Le-dergé oniate refusait de livrer une de ses églises ; les sdiismatiques vinrent en faire le siège, enfoncèrent les portes, brisèrent les fenêtres, maltraitèrent les prêtres. On ditméme qu'ils poussèrent leur audace jusqu'i. s'emparer du ciboire qui renfermait les saintes hosties, et à fouler aux pieds le corps adorable <le Notre-Seigneur Jésus-Christ (1644) ^

Terlecki travaillait encore à obtenir la réparation de ces crimes^ lorsque Touragan des guerres cosaques vint bouleverser la Pologne et suspendre toute action de la justice. De nouvelles épreuves commencèrent pour le vaillant évéque. Il portait sur le corps la cicatrice de trois glorieuses blessures qu'il avait reçues des schismatiques ; il combattit ses derniers combats avec toute la vigueur d'un vétéran, auquel les années ont donné l'expérience, sans luiôter ni les forces m le courage. Il devait mourir avant d'avoir pu conquérir la paix pour son cher troupeau.

Les fatales concessions de Ladislas lY avaient donné de tels avantages aux schismatiques que de véritables héros, comme Terlecki et Krupecki, ne pouvaient plus les vaincre. Grâce à l'énergie du métropolite Rutski et au généreux élan qu'il sut imprimer à ses suffragants et à son clergé, Teffet de la désastreuse transaction de 1632 fut atténué sur certains points de détail; mais le coup fatal était porté. Le peuple ruthène était divisé en deux camps ennemis. Celui des Uniates reste le plus fort; et le nombre de ses combattants s'accroîtra tous les jours; mais les schismatiques se maintiennent devant lui sous les armes, attendant les vicissitudes, qui leur donneront de nouveau l'avantage. L'unité religieuse de la Pologne est légalement rompue.

Le vieux métropolite Hypace Pociey dut frémir dans son tombeau, quand il vit le schisme reconnu et établi au nom du roi lui-môme. La grande œuvre à laquelle il avait voué sa vie, était détruite. Sigismond III eût pu maudire à son tour ce fils, qui, infidèle à ses leçons, sacrifiait aux calculs d'une politique inconsidérée les intérêts les plus sacrés de son peuple.

Page 1