CHAPITRE lY. -r- DERIHERS JOURS DU MÉTROPOLITE RUTSKI
« Seigneur notre Dieu de ne pas faire retomber ce péché sur « leurs têtes, mais de leur donner la grâce de se convertir et de « vivre.
« Je demande à mon frère et coadjuteur, le révérendissime a évéque de Pinsk, de se rendre à la première occasion auprès « du sérénissime roi mon mailre, actuellement régnant, et de « lui porter le dernier adieu que je lui adresse sur la terre, « comme un fidèle sujet de Sa Majesté. Il lui offrira les prières « que je ne manquerai pas d'adresser au Roi des rois, si je suis c trouvé digne de sa vision béatifique, pour le salut de Sa c Majesté et pour le bon gouvernement des royaumes que Dieu « lui a confiés et lui confiera dans Tavenir.
c L'évèque de Pinsk recommandera à Sa Majesté la promo- « tion de la sainte Union. Il lui demandera très humblement, « en particulier, d'accorder les bénéfices ruthènes à ceux que « le métropolite mon successeur lui recommandera. Qui, en « effet, connaîtra mieux que le métropolite ceux qui sont capaa blés ou incapables de gouverner TÊglise ruthène? surtout « puisqu'en vertu d'une coutume très ancienne de TËglise € orientale, depuis son berceau jusqu'à nos jours, on n'a c jamais choisi que dans son sein des religieux pour Tépiscoa pat. Que ceux qui recherchent ces dignités par la protection « des seigneurs séculiers en soient écartés comme indignes ; « et alors, si des indignes en sont pourvus, la faute retombera « sur le métropolite et la conscience de Sa Majesté sera dé- « chargée.
« Je ne demande qu'une chose à mes révérendissimes sei- « gneurs et pères, mes co-évéques de Ruthénie, d'être unis t entre eux par la charité du Christ et avec leur métropolite. « Qu'ils prouvent, par leurs paroles et leurs actions, qu'ils le « reconnaissent pour leur père ; et s'ils se croient offensés par <c lui en quoi que ce soit, qu'ils le lui disent, après avoir mûrett ment examiné dans la charité/raternelle, si cette offense est c véritable. Dans le cas où le métropolite ne se corrigerait pas, « il y a une autorité pour le reprendre, sur le rapport des « évêques.
« J'avertis le clergé régulier d'aimer et d'honorer les mem- « bres du clergé séculier, comme des coopérateurs et des frè- « res. Les religieux qui recevront du métropolite le pouvoir « de les visiter et de les juger, doivent agir avec un esprit de
€ douceur et de charité, se gardant bien de mépriser et surloil « d abaisser leurs frères. Mais j'exhorte beaucoup les memlH« « du clergé séculier, et je leur recommande avec toute la forci « dont je suis capable de veiller, pour tous les devoirs de leor CI charge, sur eux-mêmes et sur leurs troupeaux, aûn qu'ils» i< sauvent, eux et les âmes qui leur sontconûées. Qu'ilsensei- « gneot à leurs ouailles les choses dont la foi explicite estnèu cessaire au salut, et qu'ils ne se plaignent pas, quand les V évéques confient de temps en temps des affaires de juridk- <t tioti aux réguliers.
(( Je demande à ceux qui ont l'autorité en main, tantaoi « nobles qu'aux bourgeois des villes, de se laisser conduire Il dans les choses spirituelles par leurs pasteurs, sachant que i a c'est l'ordre établi par Dieu. Qu'ils ne se mêlent pas de les
I « gouverner eux-mêmes, qu'ils ne surveillent pas leur vie el
« leurs mœurs ; qu'ils laissent ce soin aux supérieurs ecclésias-î ' « tiques, qu'ils «avertiront au besoin, si cela est nécessairsl
« pour la plus grande gloire de Dieu. Mais, encore une fois» k « que les nobles et les magistrats ne surveillent pas m*'
^ -> mêmes les prêtres, et qu'ils n'interprètent pas à leur capri»!
« des intentions dont Dieu s*est réservé le jugement.
Œ J'exhorte dans le Seigneur, et je prie, pour l'amour de « Dieu, mon révérendissime successeur qu'il veille à raccroistt sèment des biens spirituels et temporels de mon archidàH « cèse et de toute ma province métropolitaine ; car il en reniht « compte à Dieu. Je laisse dans une autre feuille,, écrite ei^ « nilhène et signée de ma main, la disposition de mon anci^ a patrimoine, de ma maison. Enfin, vous tous qui me surTivo, « amis et ennemis, salut. Vous me suivrez tous un jour à voirt tf rang. Adieu ^ »
Quand Rutski eut épanché son âme dans ces touchants adiem» il se sentit déchargé de ses sollicitudes de pontife et de père. Sa cause était achevée. Il avait noblement payé sa dette* l'E^^lise, à son ordre et à son pays; et après trente acs de profession, vingt-cinq d'épiscopat, il avait droit d'espérer enfînl* repos et la paix, que le ciel seul pouvait lui donner. Il avait écrit son testament le 28 janvier; huit jours après, le 5 fevrie^» il rendit son âme à Dieu, sous le même toit qui avait abriU
1, Tbeiner, Monum. Polon, t. III, p. 412.