‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 187 sur 316 · CHAPITRE IT. — DERIHËRS JOURS DU MÉTROPOLITI RUTSKI · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT. — DERIHËRS JOURS DU MÉTROPOLITI RUTSKI

Smotryckî mourant *. Quelques soupçons d^empoisonnement par les schismaiiques coururent au sujet de cette fin si rapide ; mais ils ne paraissent pas sérieusement fondés.

On attendit le printemps pour transporter les restes du métropolite à Vilna, où ils devaient être ensevelis dans Téglise de la Sainte-Trinité. Le funèbre cortège se mil en marche vers la fin d'avril, et fit une station à Pinsk. Le cercueil fut ouvert, et le corps resta exposé, durant quinze jours, à la vénération des fidèles. Il n'avait subi aucune corruption, n'exhalait aucune mauvaise odeur; les traits eux-mêmes du visage n'étaient pas altérés. Les schismatiques accouraient avec le même empressement que les Uniates autour des dépouilles du serviteur de Dieu, et lui baisaient respectueusement les mains, comme s'ils Tenssent reconnu pour leur pasteur.

A Vilna, toute la population s'ébranla pour recevoir solennellement les restes de l'illustre métropolite. Le clergé des deux rites, les religieux, les magistrats, le noblesse et tous les sénateurs présents dans la capitale lithuanienne vinrent prendre le corps dans le faubourg d'Antokole, et le conduisirent en procession à l'église de la Sainte-Trinité. Il y reposa paisiblement jusqu'à l'année 1655.

A cette époque, les Moscovites, maîtres de Vilna, violèrent le tombeau de Rutski ; et n'osant pas profaner devant le peuple QDiate les restes d'un homme vénéré comme un père et un saint, ils les emportèrent, dit-on, dans leur pays, avec ceux du patriarche de Moscou, Ignace, enseveli auprès du métropolite. Le corps deRutskiétait encore blanc, flexible et sanscorruption. Fut-il détrait ? fut-il jeté dans une fosse obscure, ou déposé avec honneur dans quelque lieu saint de Moscovie? Nul ne le saura, probablement, qu'à l'heure où ce grand serviteur de Dieu se relèvera de sa tombe, pour recevoir la pleine récompense de ses travaux '.

Raphaël Korsak succédait de droit à Rutski, en vertu de ses bulles de coadjuteur. Le roi Ladislas le reconnut immédiate-

1. Cette date nous est donnée par Korsak. Susza {De lahorib, uniQ fixe » mort de Rutski au 20 février ; mais nous ne nous en rapportons pas à on témoignage, car il se trompe sur Tannée, et dit 1635, au lieu de 1631. Lolczynski commet la même erreur. Specinu Ecc, Rulh, p. 131.

S. Susza» De lahorib. unit, ap. Harasiewicz, Ann. Ecc, Ruth, p. 313.

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ment pour métropolite de Kiew, et nomma en sa place PacôtE Oranski au siège de Pinsk. Korsak ne tarda pas à être mi^ ea possession des ornements sacrés et de tous les effets de ro^ude son prédécesseur. Rien n'avait été dérobé, contrarrenieûli Tusage qui semblait livrer au premier occupant Ja dép ujUt des dignitaires qui mouraient, comme Rutski, loin de len: demeure. Ce détail fut noté comme un signe nouveau de ii lumière prophétique que Dieu avait accordée au métrop<>ÎJÏt sur les circonstances de sa fin.

L'Église ruthène pleura la mort de sou grand pontife conw.i une perte irréparable. Le 1" mars, tous lés évèques, réiim?: Varsovie autour du nouveau métropolite, imploraient eDs^^rjUla protection du Saint-Siège comme des orphelins privés d* leur père. « Si les yeux de Votre Ëmineoce >, disaient-^ib n cardinal préfet de la Propagande, dans une lettre où l'eu j^l^* de la rhétorique polonaise du xvii* siècle ne parvient pas à éto^ fer le cri d'une douleur profonde, t si les yeux de Votre Eut « nence se sont jamais arrêtés sur TÊglise rulhcne et seséfi- « ques, à cette heure où nous sommes tous plongés dans a^ « désolation commune, et accablés par la perle de notre eita lent pasteur le métropolite de Ruthénie, Joseph^ iï fautqtf c votre zèle pour les intérêts de TÉglise caUioUque soit cou: :- € tré tout entier sur nous, et sur nous seuls. Le père que a^:* « pleurons nous a fait naître à la lumière de TEglise ; mab i « peine avons-nous vu le jour, avant même que nous piii - :- « étendre les ailes, comme Talcyon, il nous abandon qc, n^ « ses pauvres petits, seuls au milieu des périls et des or :> « d'une mer immense, agitée par autant de flots qu'il y ad' ■ « nemis de la sainte Église dans noire seplentrion, SiYùt^ 0 Éminencc, qui, après Dieu, commande k la mer el aux Te>-' « ne daigne pas nous procurer le calme et la tranquillité, ii«^ « tomberons au fond de Tabîme des perséculions, et la temi^J « nous engloutira ^ »

Ces larmes étaient sincères et trop bien méritées, Jama^" rËglise ruthène ne vit à sa tête un pontife digne d'être mis ^ parallèle avec celui qu'elle pleurait. Si Ton doit placer RclL^ au-dessous de Pociey pour la grandeur des concepliom * Fénergie du caractère, on admire cependant en lui une verla^

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