‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 189 sur 316 · CHAPITRE IV. — DERNIERS JOURS DU MÉTROPOLITE RUTSKI · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — DERNIERS JOURS DU MÉTROPOLITE RUTSKI

rosse. A Léopol, pendant qu'il prenait possession d'une église, il fut assailli par une troupe de schismatiques, et une arme chargée de balles fut dirigée contre lui. Le métropolite fit le signe de la croix, et Parme éclata dans la main du misérable qui voulait Tassassiner ^ .

Sans cesse en butte à la haine des schismatiques, Rutski ne cueillit cependant pas la palme du martyre ; mais nous ne sentons pas non plus en son àme cette soif du sacrifice, qui dévorait Josaphat. Il eût de grand cœur accepté la mort pour Dieu et pour rËglise : il ne courait pas au-devant d'elle. Aussi la vigueur et l'enthousiasme manquent quelquefois à son action, et le succès ne répond pas complètement à ses efforts. Il combattit durant dix-sept années la hiérarchie créée par Théophane, et il ne vint pas k bout de cet ennemi, qui devait se relever un jour pour prendre une terrible revanche de ses défaites passagères.

Quelquefois la lumière a manqué à cet esprit plutôt cultivé que puissant. Dans la réforme des Basiliens, Rutski, architecte maladroit, ne place pas son édifice sur ses véritables fondements, et, avant de mourir, il peut voir lui-môme les lézardes qui sillonnent déjà les murailles construites avec tant d'efforts.

Dans d'autres occasions, Rutski a vu et n'a pas su faire. Il comprit parfaitement que le mariage des prêtres était la plaie du clergé ruthène. Nous l'avons vu préoccupé, sur son lit de mort, des funestes rivalités qui s'établissaient déjà entre les Basiliens etles prêtres séculiers. Nous l'avons entendu réclamer pour ceux-ci l'indépendance vis-à-vis des dépositaires de la puissance publique et le respect dû au caractère sacerdotal. Il n'ignorait pas que l'unique moyen d'étouffer ces discordes et d'empêcher ces vexations était de relever le clergé séculier par la pratique delà continence. Cependant il a disparu sans avoir formé même le simple noyau d'un clergé célibataire.

Le rêve de sa jeunesse avait été de transplanter dans FËglise rathène les ordres mendiants et surtout les instituts de clercs : Iguliers, qu4l avait admirés au sein de l'Église latine. Devenu 1 létropolite, Rutski caressait encore cette idée. L'établissement 4 une seule corporation de ce genre lui eût semblé le gage de

f . Susza, 1. c. p. 311.

la sécurité de ravenirpourlaRulhénie. Il n'a pas même essayé cette œuvre, qu'il ne jugeait pas impossible.

Homme d'oraison,moineaustère,évéque plein de zèle,Rnlski, malgré des vertus éclatantes, ne parvint cependant pas jusqu'aux sommets où des grâces extraordinaires portent es héros qu'on appelle les saints. Après sa mort, le miracle ne jaillit pas de sa tombe ; et TËglise ne lui décerna pas la radieuse auréole qu'elle a placée autour du front de Josaphat.

Rutski était un de ces forts de l'armée d'Israël qui semé* rent avec les géants des Philistins, qui luttent avec les lio» corps k corps ; mais ces forts^ malgré leur valeur, n'égalent p« les héros, qui se tiennent aux côtés du trône royal. Gem-d n'attendent pas l'ennemi, ils le bravent. Ils traversent su camp^ semant les coups autour d'eux et affrontant mille morii pour rapporter au roi une goutte d'eau qu'il a désirée, fc seul d'entre eux sufBt pour arrêter toute une armée et chanpi en victoire une déroute d'Israël. Ce sont là les saints, les i triomphateurs. Josaphat était de cette race, et nousosons(iir^ ^n parlant comme le texte sacré : « Rutski était au nomlm « des forts de l'armée d'Israël ; parmi eux, il était le premiffi « cependant il ne parvint pas au rang de ces très forts, doil « était Josaphat ' ».

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