CHAPITRE II
LES GUERRES COSAQUES, SUÉDOISES ET MOSCOVITES. TRANSLATIONS DES RELIQUES DE SAINT JOSAPHAT.
Prospérité de la Pologne sous le gouyemement de Ladislas IV. — Le roî rêTC un accord entre les Uniates et les schismatîques. — Velléités de conversion de Pierre Mohyla. — Sa mort. — La Pologne toujours menacée du côté de l'Ukraine. — Insouciance de la noblesse. — Commencement des guerres cosaques. — L'Union n'a pas déterminé cette explosion. — Intolérable oppression qui pesait sur les paysans de l'Ukraine. — Projets de Ladislas IV pour la pacification de ce pays. — La noblesse en empêche l'exécution. — Bogdan Chmielnicki soulève toute la population de l'Ukraine (1648). — Jean-Casimir succède A son frère Ladislas IV, — Les Uniates sacrifiés par le traité de Zborow (1630). — Antoine Sielawa, métropolite de Kiew. — Mort de Méthode Terlecki, éTÔque d« Chelm. — Jacques Susza, administrateur de cette église. — La guerre éclate de nouveau. — Victoire de Jean-Casimir à Beresteczko. — Avantages qu'en retirent les Uniates. — Les Moscovites envahissent la Pologne (1652). ^. Smolensk perdu pour l'Union. — Gabriel Kolenda, archevêque de Pôlock, quitte cette ville en emportant le corps de saint Josaphat. — Martyre du Bienheureux André Bobola. — Mort du métropolite Antoine Sielawa et des évêques uniates de Pinsk, de Wlodimir et de Przemysl. — Le roi de Suède, Charles- Gustave, entre en Pologne (1655). — Le corps de saint Casitnir confié à Kolenda. — L'archevêque échappe aux Suédois, gr&ce à son adresse. — Réveil national en Pologne. — La paix signée avec les Suédois et leur allié, l'électeur de Brandebourg. — Pactes d'Hadziacz conclus avec les Cosaques. — Rêve chimérique d'une nation ruthéno-cosaque, unie à la Pologne. — L'abolition de l'Union stipulée. — Kolenda, retiré à Suprasl, y dépose les reliques de saint Josaphat. ~~ Inutiles efforts pour empêcher la ratification des pactes d'Hadziacz. — Les Cosaques se soumettent à la Moscovie et recommencent la guerre. — La forteresse de Lachowicze protégée par Notre-Dame-de-Zyrowice. — Paul Sapieha et Etienne Czarniecki gagnent la bataille de Polonka, gr&ce & la protection de saint Josaphat » La madone de la cathédraile de Polock rapportée de Moscou. — La paix d'Andruszow met fin à la guerre (1667). — La ville de Kiew cédée à la Moscovie. —Conséquences de cette cession pour Tavenit-
Pendant qu'Urbain VIII décernait à saint Josaphat les honneurs de la béatification, la Pologne achevait, sous le règne
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de Ladislas IV, ses derniers jours de bonheur et de prospérité. Par une singulière bizarrerie du sort, Sigismond E ami du foyer domestique, du calme et de la prière, ayait été tourmenté durant toute sa vie par des guerres formidaUes; son fils, au contraire, prince actif et d'humeur belliqueuse, accoutumé dès Tenfance à conduire des armées à la victoire, régna quinze années dans une paix presque complète.
Une rude mais courte campagne avait suffi pour contenir Ii Moscovie ; les Suédois furent contraints, par des succès bqi moins rapides, à restituer une province usurpée et à signer une trêve de vingt-cinq années. Encouragé par ces premîen avantages, Ladislas eût volontiers poursuivi la gloire des co^ quérants ; mais la jalouse surveillance de la noblesse le c«damna bientôt à Tinaction, et il dut se contenter des gloires d'un monarque pacifique.
Pendantque touteTEurope étaiten feu par suite delagaem de trente ans, la Pologne seule était paisible. Le commerce 4 l'agriculture florissaient ; la population et les richesses aa|> mentaient chaque jour ; un flot d'émigrés venaient cherdttf au sein de cette contrée privilégiée la sécurité dont l'Allemagae était privée. La noblesse menait joyeuse vie ; les magoah bâtissaient de somptueux palais à Varsovie et dans leurs terres; le roi protégeait les lettres et les beaux-arts : tout semblait promettre à la Pologne un long et brillant avenir.
Au milieu de ces prospérités, le roi rêvait de ramener tt sein de TEglise catholique tous les dissidents de son rojaniDe. En 1645, une assemblée de protestants et de catholiques eii lieu à Thorn, dans Tespoir d'une réunion. Cette entrepris avorta, comme toutes les tentatives de ce genre ; mais cet échec ne fit pas perdre au roi Tespoir de pacifier au moins l'Eglise grecque. Eclairé par l'expérience, Ladislas jugeait avec pl»s d'équité la situation réciproque des Uniates et des schismaliques ; et on remarquait, comme un indice de ces disposilioiis nouvelles, qu'il avait fait placer dans ses appartements le po^ trait de Matthieu, archiprétre de Szarogrod, Tun des martyrs de l'Union *. Dans les diètes, le prince s'efforçait de tenir 1» balance égale entre les deux, partis; et, sauf la constitution de 1641, dont nous avons parlé précédemment, il n'accorda,