‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 201 sur 316 · CHAPITRE n. — LES GUERRES COSAQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE n. — LES GUERRES COSAQUES

durant la dernière partie de son règne, aucune concession aouvelle aux schismatiques.

Quoique la lutte pour la possession des églises continuât avec acharnement sur plusieurs points de la Ruthénie, Ladislas voulait croire à la possibilité d*un accord entre les Uniate» et les schismatiques ; et il convoqua à Varsovie, pour le mois d!'aoûti648, les évéques et les principaux seigneurs ruthènes des deux partis, pour poser ensemble les bases d'un accommodement. Mais la mort surprit le roi avant que ce dessein fût exécuté.

En même temps que Ladislas, un homme qui avait fait encore plus de mal à TEglise uniate, songeait à ramener les Ruthènes schismatiques au sein de TËglise romaine ; et si ces bons désira avaient été aussi ardents que ceux du monarque, ils auraient été aisément plus efficaces. Nous voulons parler de Pierre Mohyla, métropolite schismatique de Kiew. En 1636^ le palatin de Wolhynie,A.lexandre Sanguszko, prince d'une piété fervente, qui avait porté l'habit de saint François et vivait au milieu de sa cour comme dans un couvent, caressait l'espérance de convertir ce prélat. Le métropolite écoutait volontiers ses conseils ; - »t le pape Urbain YIII cherchait à aplanir les voies de la réconciliation.

En 1643, c'était Tévéque de Chelm, Méthodius Terlecki, qui faisait luire les mêmes espérances aux yeux du Souverain Pontife ; et Urbain, toujours zélé pour le salut de ses chers Ruthènes, invitait le métropolite schismatique à lui envoyer des moines, pour discuter les termes d'un accord. On assure même que Mohyla, pressé par les remords de sa conscience, appela souventdes prêtres latins pour entendre sa confession ; et qu'au lit de la mort, il se réconcilia secrètement avec l'Eglise romaine. Par un prodige de miséricorde. Dieu a pu avoir pitié de son âme ; mais cette conversion de la dernière heure ne change pas le rôle de ce malheureux prélat. Il est le père de ces évoques schismatiques qui, depuis plus d'un siècle, arrachent presque chaque année un lambeau de chair sanglante à la Pologne et à l'Ëglise catholique ^

Le 26 février 1647, les gentilshommes de Kiew donnaient

i. Theiner. Monum. Polon. t. III, p. 412 et 425. Brefs d'Urbain Mil au palatin de Wolhynie et à Mahyla. — Susza, Vil. Smotr. p. i21,ed. n.

pour successeur à Mohyla son élève, Sylvestre Kossow. Lenoaveau prélat n'avait ni les scrupules, ni l^s velléités de conTe^ sion de son maître; et il se vit subitement en mesure dedirigo contre la Pologne et l'Eglise ruthène l'attaque la plus formidable qu'elles eussent essuyée depuis la grande invasion tartare.

Durant ce règne, où tout semblait paisible et prospère, des explosions partielles annonçaient Timminence d un graol péril. A plusieurs reprises, les Cosaques zaporogues se révoltèrent en Ukraine. Ils furent vaincus et châtiés sévèrement Pour les contenir, Thetman Stanislas Koniecpolski fit construire la forteresse de Kudak, et un corps de 6 à 10,000 hommes veilla en permanence sur ce pays turbulent. La répression fil si facile qu'on s'habitua au danger, et on n'y pensa plus.

La noblesse ne voulait être dérangée à aucun prix dek douce oisiveté dans laquelle elle vivait. Les plus graves intérêt de FEurope et de la chrétienté étaient en jeu dans la guerre de trente ans ; non seulement la Pologne n'y prit pas garde, mais elle ne fit aucune démarche pour se mêler des négociations (pi terminèrent cette longue lutte. Le traité de VVestphaliemodiis complètement la situation du monde civilisé ; la noblesse polonaise laissa faire. Elle vit avec indifférence le protestantisa» assurer sa domination, de nouveaux droits et de nouTeto mœurs s'introduire dans les relations internationales. La Pologne se plaçait, pour ainsi dire d'elle-même, en dehors de FEbrope. Elle habituait les autres nations à ne plus compter sar elle, il ne plus même faire attention à ce qui se passait chez elle : faute très grave, trop chèrement payée dans la suite.

L'orage éclata au moment oîi la prospérité semblait pl<^ complète et Tinsouciance mieux justifiée. Comme les hommes, les nations ne sont jamais si voisines de leur chute qae lors* qu'elles se croient à Tabri de tout danger. De 20 à 30,000 hommes les bandes cosaques grossirent tout à coup au point éi former des armées de 150 et 200,000 combattants, derrière lesquelles marchèrent bientôt les Tartares. Les Moscovites parurent ensuite d'un autre côté. La Suède jeta sur la Pologne ses troupes et ses généraux formés dans la guerre d'Allemagne ; et pendant que l'électeur de Brandebourg, vassal perfide, faisait cause commune avec l'envahisseur, leprincede Transylvanie pénétrait, à travers les Karpathes, dans les provinces méridionales.

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