CHAPITRe II. — LBS GUERRES COSAQUES
non seulement elle lui refuserait tout secours, mais que jamais son fils ne porterait la couronne. Epuisé par cette longue lutte, Ladislas cédaet nt licencier ses troupes. Quelques semaines après, son ûls mourut « S*il en devait être ainsi, s'écria le roi, « pourquoi Dieu ne me l'a-t-il pas 6lé plus tôt? je n'aurais pas c cédé. » Fière de son triomphe, la noblesse s'endormit dans son ancienne insouciance, sans changer de conduite à Tégard des paysans et sans veiller à la garde de l'Ukraine. On était en 1646. Deux ans après, la catastrophe éclatait.
Un Cosaque blanchi sous les armes et célèbre dans sa milice par ses brillants exploits, Bogdan Ghmielnicki, était poursuivi par ia haine implacable de Czaplinski, qui exerçait l'autorité judiciaire dans un canton de TUkraine. Chassé de sa maison et dépouillé de son bien, le vieux soldat appela les bandits du Zaporoze au pillage et les serfs de l'Ukraine à la vengeance. Bogdan avait, depuis de longues années, des rapports avec les Tartares, et il était certain de les avoir pour alliés. Sans foi du reste et sans mœurs, il n'était contenupar aucun frein.
L'hetman Potocki se jeta au-devant de lui. Le nouveau chef de l'armée polonaise savait désobéir à son roi, mais ne savait pas commander. Il fut battu. Ce triomphe causa un enthousiasme indescriptible en Ukraine. Des milliers de paysans se levèrent et vinrent se ranger autour de Ghmielnicki. Alors la noblesse épouvantée se retourna vers le roi ; mais, à ce moment même, il mourut (20 mai 1648). Dieu l'enlevait à la Pologne, pour la châtier de n'avoir pas su profiter de ses talents ni suivre ses avis salutaires.
La dévastation commença en grand. Les Cosaques, appuyés par les Tartares, poussèrent d'un côté jusqu'à Zamosc, de l'autre jusqu'à Léopol. On pouvait suivre leur marche à la lueur des incendies. Les églises et les monastères étaient les premiers dévastés ; les prêtres, les Uniates surtout, étaient mis à mort avec des raffinements inouïs de cruauté. Il n'y avait pas d'horreurs qui ne fussent commises sur les femmes et même sur les religieuses. On vit des infortunées, chassées à coups de fouet, toutes nues, devant les escadrons cosaques, jusqu'à ce qu'elles expirassent de honte et de désespoir. Les barbares fouillaient jusque dans les sépultures princières pour outrager les morts.
On sentit alors combien Ladislas lY avait été imprudent en
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aidant les schismatiqaes à s'établir solide meûi daasUrat^U
Rulhénie. « Je sais, dit un témoin oculaire, que lecomt]]?>
« cernent ]de cette guerre n'est pas yenu de la diTer&itir^
4 religion ; mais je voudrais faire savoir exattemenià iapoi^
» térité que la torche des désastres qui oaL suivi a eLé b^a^^
(S du rite latin et de TUnion. Des nobles, que la commuDaa'^
■i de religion pouvait seule rattacher aux Cosaques, oni »
^ leurs progrès d'un front joyeux. Les principales Yillesii
I ti été remplies de trahisons et de traîtres, uniquementpaî ^t
1 M alliance des schismatiques entre eux. Dans lesautmpu-
• u vinces que la guerre a épargnées, les bourgeois el les ^
*i stimulés par leurs haines schismatiques, menaçaienl b
i^ Uniales et les Latins des armes des Cor^aques ; et qiiandrir
<* mée polonaise remportait quelque avaulage sur ce^ia
'< les prêtres et les nobles de leur religion s'atiachai&nt i ia
i 9 dissimuler» à en diminuer Téclat, à insulter même les n^
Jl *i queurs ^ »
Une année presque entière s'écoula avant que le o'i^îJ mi fût élu et pût marcher à la rencontre de rennemi. ^i^^ intrépide dans la bataille. Jean-Casimir n'avait ni re^ï^riew^ ni le génie militaire de son frère, et l'anarchie éclatait duftfl pays sous toutes les formes ^. Après une campagoe loaM reuse. le roi dut subir la paix honteuse de Zborow. GlnnreLii* dicta des conditions, qui livraient aux Cosaques toute la M"nie méridionale jusqu'à la rivière d'Horyn ^ II avait deEoaï^^ 1 expulsion des Jésuites. Jean -Casimir la refusa ; matsil ncfi pas défendre TËglise uniate.
1. Koyalowicz, Miscellanea, p. 60. Ce livre a été publié en tSS^ Vilna.
2. Durant l'interrègne, la reine Louise de Goa^^ue, veovf J4 U^ Us IVf accablée de douleur à la yue des désastres de la Pologne gravement ualadc. Ou n'attendait plus que sa mort, lorsqu'elk se à saint Josaphat, avec la pensée peut-être de réparer, par cet boi ^es eriiLes commis contre ITTnion sous le régne de son épou\ h^ exauça sa prière. Louise guérit, contre toute espérancfî ; et. quelque aprèa, Tévèque de Vilna, Georges Tyszkiewicz, venait à t^olock pisax^ tire grâces à saint Josaphat et suspendre devant !r&^ reliques une li»^ d'argent, ex-voto de la reine de Pologne. Louise régnait de nouviMU, ^^ Jean-Casimîr. qu'elle venait d'épouser. Susza, Cur^, uil. rnîracul. ^*
3. Rivière qui coule du Sud au Nord, à travers les marais de PtnsàtP^ at léimir tm Prip«e, affluent du Dnieper.