‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 204 sur 316 · CHAPITRE n. — LES GOBRREÊ COSAQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE n. — LES GOBRREÊ COSAQUES

Il fut slipulé que les évèchés de Chelm et de Przemysl et plusieurs monastères seraient livrés aux schismatiques ; que leur métropolite serait admis dans le sénat, et que toutes les dignités civiles et militaires leur seraient réservées dans la Wolhynie, la Podolie et rUkraine. Au prix de cette humiliation, la Pologne obtint un instant de répit.

Le gouvernement de TËgUse uniate était alors entre les mains d'Antoine Sielawa, promu au siège métropolitain après la mort de Korsak. Il gardait en même temps Farchevèché de Polock, et, depuis cette époque, les deux églises de Kiew et de Polock furent presque toujours unies sous l'administration du même pasteur ^ Déjà vieux et accablé d'infirmités, Sielawa ne pouvait suffire à tous les besoins de sa charge, au milieu d'une pareille tourmente. Déjà il s'était choisi un coadjuteur dans la personne de Nicéphore Losowski ; mais ce prélat venait de mourir, en fuyant les Cosaques. Les stipulations de Zborow avaient besoin de la confirmation de la Diète. Sielawa accourut à Varsovie pour défendre les droits de son Église ; malgré 1 intervention du pape Innocent X ', on écouta à peine ses protestations ; et le 8 janvier 1650, un diplôme royal ratifia les concessions faites aux schismatiques. De nouvelles épreuves commencèrent aussitôt pour les Uniates^ à peine échappés au fer des Cosaques.

L'évèque de Chelm, Méthode Terlecki, était mort au mois de juin 1649. Athanase Purs, nommé à sa place, fut écrasé en quelques semaines par le redoutable fardeau de sa succession ; et le roi refusa de nommer un évéque uniate de Chelm.

Jacques Susza, désigné par le métropolite, ne put obtenir que le simple titre d'administrateur, pour un temps très court. Les malheurs du nouveau prélat méritent d'attirer spéciale meut notre attention. C'est à lui que nous devons l'histoire la plus complète de saint Josaphat et cet intéressant exposé des travaux des Uniates, qui est une des sources principales de nos récits *. Moine basilien, Susza avait enseigné jusqu'alors la philosophie et la théologie dans les monastères de son Ordre; il

1. 1a mense métropolitaine était teUement réduite, depuis r attribution des bienjB de Sainte-Sophie de Kiew au métropolite schismatique, qu'elle ne suffisait plus à l'entretien du titulaire.

SL Theiner, Monum. Polon. t. III, p. 466.

3. De laboribus Unitorum, ap. Harasiewicz, Ann. Ecc. Ruth.. p. 298-349.

allait montrer qu'avec la science il possédait Ténergie et Ici talents de Thomme d'action.

Aussitôt après la Diète, le métropolite schismatique Kossof vint prendre possession de Tévéché de Chelm avec une troipe de moines et une escorte de cinquante soldats hérétiques. Susa l'attendit de pied ferme, et refusa de lui livrer la maison qil habitait à titre d'administrateur du diocèse. Kossow enbria les portes, et ses familiers se jetèrent sur Susza. Celui-ci, se cramponnant à une table, renouvelait ses protestations contre Tusurpation d'une église qui appartenait depuis des sièclesm Uniates. Deux des satellites de Kossow, en employant lésina* elles deleurs haches, le con traignirent à lâcher son faibleappiL Toute la troupe se jeta alors sur lui, et l'entraîna hors de II maison en l'accablant de coups.

A la vue des soldats qui remplissaient la cour du palak, Susza voulut cesser une résistance inutile et se retirer del» même ; mais les schismatiques le renversèrent et le traînèrti parles pieds dans la cour jusqu'au cimetière de la cathédrtl^ la tète nue, les vêtements déchirés, les membres tout meurti de coups. Le malheureux prélat perdit connaissance. S» bourreaux s'arrêtèrent un instant, mais pour recommence quand il revint à lui et qu'ils l'entendirent s'écrier par detf fois : « Gloire à vous. Seigneur Jésus ! > Ils n'osèrent cept»* dant pas le mettre à mort, et leur triomphe ne fut pas complet La cathédrale et le palais de Tévéque restèrent en M mains ; mais Susza et quelques prêtres fidèles ne quittèmt pas la ville ; et bravant sans cesse les mauvais traitements, i* blessures et la mort, il parvinrent à faire le service divin W l'église d'un hôpital latin et à maintenir dans la foi presquetoi les Uniates de Chelm. La plus cruelle de leurs épreuves fol* dédain du clergé et des catholiques latins, qui, loin de s'û* resser à la cause des opprimés, les accablèrent souvent d'oJi* ses railleries *.

A Przemysl, l'attaque fut plus violente encore et le soc* des schismatiques plus complet. L'évéque uniate Alhaai* Krupecki fut chassé de sa cathédrale ; et comme il contiBOil la lutte, son rival Winnicki le fit saisir et jeter dans uncacbA Après de longues souffrances, le vétéran des luttes de IW**

1. Susza, De laboribus Vnitorunif ap. Harasiewici, Ann, Ecc.Ruih.^^

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