‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 206 sur 316 · CHAPITRE U. — LES GUERRES COSAQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE U. — LES GUERRES COSAQUES

adresse et son courage n'auraient pu le défendre, si la protection diTiae n'avait pas couvert les dépouilles du martyr dé rUnion.

En 1655, toute la Lithuanie était au pouvoir des Moscovites, tandis que les hordes ukrainiennes poussaient leurs incursions au cœur delà Pologne. Partout où elles pénétraient, non seulement les moines basiliens et les popes uniates, mais les prêtres latins, étaient massacrés, en haine de la foi romaine.

Le 16 mai 1655, un parti de Cosaques s'étant avancé jusqu'à lanow, près de Pinsk, saisit le Père André Bobola, de la Gompa gnie de Jésus, ardent apôtre, qui avait mérité la haine des schismatiques en ramenant un grand nombre de Ruthènes à rUnion. Soumis à d'épouvantables tortures, il les supporta en véritable témoin de Jésus-Christ. Dieu Tavait choisi pour être le chef de la phalange des héros qui donnaient alors leur sang pour la primauté de saint Pierre. Seul parmi eux, il a reçu les honneurs de la béatification, et il est, après saint Josaphat, le principal protecteur de l'Église ruthène. L'honneur de donner à. rUnion son plus glorieux témoin du rite latin était bien dû à la Compagnie de Jésus, qui avait si généreusement protégé cette oeuvre & son berceau ^

1. La période dra guerres ootaqites fat pour la Pologne méridionaie une ▼éritable ère de martyrs. A c6té des moines basiliens et des popes uniates, les religieux et les prêtres latins tombèrent par centaines sous le fer des scliiimatiques. Le maltieor des temps ne permit pits de zecueiUir las noms de toutes cet victimefi ; mais nous pouvons en nommer qoolquMuHeM. L'Ordre des Frères-Prècheun fut sans cootredit ocfaii qui donna le plus grand nombre de martyrs. De 164S à 167â, trente oonvents d^hommes on monastères de vierges dominicaines furent saocagés en Ukraine, Sié- T^rie et Podoiie. Dans les aetes de chacon des olMipitres généraux oôlé» bi^ dtrtrant cet tntervaUe, on Ut les noms de vingt» trente, garante nti» gieitft inis à mort par les Ooaaquea, tes Turcs om les Tartarea. l^epuis cette époque, 4es Dominieatns de la pro^nce 4e Ruâténie portèrent des «eiiktaf es rouges en méttoire de ces martyrs.

Le phis ill«8tre««t le P. Albert de Lubust, «ons>priew du couToni de Kiew> qui nMta oaché pendant vca an dans cette ville, administrant en seel^t les sacremenU aux fidMes« Surpris âa» ce «haritaiito nsnistèra, il fntcpetcé 4e demx ctfup» de k»ce et jeté ensuite* pieds et «lains iàés, dans le DoÉéper^ Après une ^emi-beure, on le ^t reperattre sur lefieuva, chastaiai roficte divin. Peur le foira couler à fond, il fallut lui èriaer ies aMmbres à coups de rame. Une foole immense contemplait ce spiotade, «et tandis que ]es catholiques louaient Dieu, qui se montre toujours admirable

:j04 Saint josaphat. — livre viii

Les malheurs de TÉglise uaiate étaient à leur comble. Le métropolite Sielawa, aveugle et paralysé, avait demandé de nouveau ua coadjutôur, et Pacôme Oranski, évêque de Pînst venait d'être désigné pour celte dignité * ; mais il eut à peine le temps d*en exercer les fonctions. Son diocèse commaniqaaDt par les bois avec le palatinat de Kiew et l'Ukraine, les Cosaques y pénétrèrent sans rencontrer d'obstacle, et le ravagèrent tout entier. La cathédrale fut incendiée, ainsi que l'église et le nn> oastnre des Basiliennes de Pinsk. Les religieuses s'étaient enfuies, pour échapper à la brutalité trop connue des bandits de rUkraine ; quelques-unes seulement, des plus avancées ea âge, (jui étaient restées à la garde du monastère, eurent à subir d'indignes traitements et succombèrent, les unes après les autres, a la misère et à la faim. L'évéque lui-même mourut àsos tour, au milieu de ce désastre.

duns âe<; saints, les schismatiques eux-mêmes étaient frappés d'étonnemest Fontanip Monumenta Dominicana. Romœ, 1675, p. 649, 652, 664, 673, 681.

L'Ordre de Saint-François fournit également de nombreux xnartyn duranL cetle période. Dans les seules années 1654 et 1655, il en dona: vingt. En 1657, P. Tihurce Cieciszewski fut martyrisé en compagnie (T® Canne, le P. Elie, au couvent de Stopnica; les R. P. Stanisilas Zanki. Chris^U't'he Brzezinski et Martin Ruszowski furent massacrés à Solec. U P. Adrien Kwiatowski fut crucifié et transpercé avec des épées, et le P. Vincent Oporowski fut tué à coups de bâton. Jaroszewicz, La Poloçm méi'e des Saints.

A c;5të du B. André Bobola, la Compagnie de Jésus inscrit les nomsg)^ rieux du P. Grégoire Rafalowicz, tué à coups de hache à Nowogrodek^k 8 septembre 1655; des PP. Adam Wiechowicz, Jean Staniszewskiet dt Fr. Jtan Butkiewicz, massacré à Nieswiez, le 20 septembre 1655; da?' Siuiofi NalTon, cloué, écorché, brûlé, et enfin égorgea Nowogrodek, te lu mai 1657; du P. Eustache Pilinski, tué à coups de fusil à Pinsk, )ei juillet ti)60 ; et cette liste est très incomplète. Plus de 40 religieux dek Compagnie périrent dans les années 1656 et 1657. Les Frères de Saint-Jeiide-Duu, appelés Bonifratres en Pologne, comptèrent parmi eux 33 ^u^ tyrs <^n 1654 et 1655. L'Ordre bénédictin ne fut pas frustré de cette gloire, malgré le petit nombre de ses fondations dans ce pays. En 1637, les Cosaques pénétrèrent dans le Palatinat de Sandomir, jusqu*aa monastère de â ai n te -Croix de Calvo monte ; ils y mirent à mort, en haine de la fol les PP. Théophile Kaczanowski et Adrien Dobiski, prêtres, et le Pr. Hji cinihe, tous les trois moines de cette medson. Acta Congregationis Bentdktino-Polonae, lib. I, p. 8 cod. ms. conservé à l'abbaye de Solesmes. Xe se trouvera-t-il pas un Polonais pour dresser le martyrologe et recueiiir les actes de ces glorieux témoins de Tunité de l'Eglige ?

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